Création monétaire

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La création monétaire
Pour aborder ce point, nous avons centré nos lectures sur les bases de la création monétaire[1][2]. Et celle-ci passe forcément par la compréhension de l'octroi de crédits. Nous devons faire un petit aparté idéologique avant de pouvoir aller plus loin. Nous allons revenir très brièvement sur des notions historiques, et évoquer les 3 théories bancaires : la théorie des intermédiaires, la théorie des réserves fractionnaires et la théorie de création de monnaie ex-nihilo.
La monnaie, ce grand mot
Cette page n'a pas la prétention de définir de manière complète, exhaustive et absolument exacte sans approximations (ni erreurs possibles, n'étant pas moi-même économiste). Une fois ceci posé, nous pouvons évoquer la monnaie comme un objet complexe : c'est un support qui représente tout à la fois une unité de compte, une réserve de valeur et un moyen d'échange. Elle a donc une dimension sociale, politique, juridique et dépasse donc toute définition définitive en une seule ligne[3]. Mais surtout, et c'est le point que je voulais souligner ici, il est unanimement admis qu'il ne repose pas sur une quelconque valeur matériel d'élément précieux, comme l'or par exemple. J'ai grandi en ayant cette idée en tête, il me parait donc important de poser ce postulat.
Les 3 théories bancaires
La théorie des intermédiaires
Selon une première théorie historique, les banques seraient de simples acteurs de l'économie, au même titre que les ménages, l’État ou les entreprises. On parle de la "théorie des intermédiaires", où les banques octroient des crédits aux agents qui le leur demandent, selon un certain nombre de conditions. Et c'est à peu près tout.
La théorie des réserves fractionnaires
Une théorie plus fournie apporte plus de profondeur au raisonnement, on parle de la théorie des "réserves fractionnaires". Les banques doivent en effet avoir, en fonds propres, une petite part de monnaie conditionnant la quantité de crédits qu'elles sont susceptibles d'octroyer. Si l'on arrête le raisonnement ici, les banques sont, encore une fois, considérées comme de simples acteurs et ne jouent pas, encore, un rôle central dans l'économie d'aujourd'hui.
La théorie de la création de monnaie ex-nihilo
Enfin, la théorie la plus communément admise aujourd'hui est la théorie de la "création de monnaie ex-nihilo (à partir de rien)". Lorsqu'un agent économique souhaite avoir de l'argent, il demande un crédit auprès d'une banque, et celle-ci, si elle l'octroie, écrit simplement la quantité nécessaire sur son compte ... Et voilà, l'argent est alors disponible. Et la monnaie sera détruite au fur et à mesure que le crédit en question est remboursé. Dans cette théorie, on est donc sur un jeu d'écriture comptable, sur de la monnaie scripturale... Et bien loin du concept historique (et peut-être faux) que j'avais en tête avant de commencer mes lectures.
La création de monnaie (ex-nihilo)
Une fois cet aparté réalisé, nous pouvons rentrer dans le vif du sujet. Prenons donc un exemple : lorsqu'un agent économique (un ménage ou une entreprise) souhaite acheter un bien ou un service, et qu'il n'a pas assez de fonds pour se faire, il se tourne alors, en général, vers une banque. Celle-ci lui accordera (dans notre exemple) un crédit :
- Celui-ci peut provenir de fonds qu'elle a déjà, du fait des dépôts existants qu'elle a déjà dans ses coffres. Il n'y a alors pas de création de monnaie à proprement parler, simplement la conversion d'un type de monnaie en un autre ;
- En revanche, si la banque n'utilise pas de fonds qu'elle a déjà en propre, elle écrit simplement sur le compte de l'agent économique la somme empruntée. C'est donc une simple jeu d'écriture comptable (c'est d'ailleurs parce qu'il s'agit d'écritures, numériques certes, qu'on parle de monnaie scripturale). Oui, ça parait magique, et ça l'est un peu quand on lit ça pour la première fois.
Les limites de la création monétaire
Mais alors, qu'est-ce qui empêche les banques prêter à tout va ? N'y a t il aucune limite à ce qu'elles peuvent faire ? La réponse est bien sûr nuancée.
Minimisation des risques
Avant tout, cela parait évident, mais la banque doit tenir sa comptabilité, et doit donc, littéralement, rendre des comptes, elle aussi. Elle devra donc emprunter elle-même si les agents auxquels elle a prêté lui font défaut. Par conséquent, les banques prêteront pour les projets minimisant les risques de non-remboursement et aura en tête la balance risques/bénéfices lors de l'octroi de prêts.
Règlementation prudentielle
Il est évident que l'argument précédent n'est pas suffisant. Il y a d'autres contraintes à ce que peut faire une banque. En l'occurrence, il existe également des ratios financiers limitant formellement les crédits. Ces ratios sont imposés soit par la loi, soit par les autorités de contrôles financiers comme l'ACPR[4] en France (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution rattachée à la Banque de France[5])). Ainsi, depuis Bâle 3 (2019), les banques doivent avoir 10.5% de leurs crédits au minimum, en fonds propres (ainsi, à titre d'exemple mais à une échelle très différente évidemment, elles peuvent prêter au maximum 952.38€ si elles ont 100€ en fonds propres). Les banques sont par ailleurs tenues d'avoir des procédures de contrôle interne pour respecter cette règlementation et sont susceptibles d'être auditées sur le sujet.
Politique monétaire banque centrale
Mais surtout, les banques évoluent dans un contexte où existent des banques centrales. Celles-ci ont plusieurs leviers à leur disposition pour influencer la politique des banques, et donc la masse monétaire (c'est à dire la quantité de monnaie en circulation).
Les taux de réserves obligatoires
Chaque banque doit avoir un compte auprès de sa banque centrale. Et sur ce compte, doit être stocké a minima un pourcentage de réserve, pourcentage dicté par la Banque Centrale. Par exemple, la BCE impose un taux de 1%[6] depuis 2012 (et n'a pas changé depuis (ces lignes sont écrites en 2026), c'est dire si ce levier est aujourd'hui considéré comme désuet). Ces comptes stockent de la monnaie dite monnaie banque centrale et qui n'atteint jamais la monnaie réelle des acteurs économiques. On parle du marché interbancaire ou les banques se prêtent ou se remboursent mutuellement, sous supervision et contrôle de la banque centrale associée.
Les facilités permanentes[7]
La Banque centrale peut proposer des prêts au taux appelé le taux de prêt marginal ou taux de facilité de prêt marginal. Ces prêts :
- Ont un taux fixé par la banque centrale ;
- Nécessitent que les banques fournissent des garanties (en général des titres de créances qu'elle détient, ce que l'on appelle le "collatéral") ;
- Très souvent du jour pour le lendemain ;
- Très souvent à échéance de 24 heures.
Celui-ci représente un taux plafond : toute banque proposant un taux de prêt plus élevé se verra forcément préférer la banque centrale sur le marché interbancaire, puisque cela lui coutera moins cher.
De même, notons que la Banque centrale peut proposer aussi de financer au taux de rémunération des dépôts ou taux de facilité de dépôt les réserves supplémentaires dont dispose la banque. A l'inverse donc, ce taux représente un taux plancher : toute banque proposant un taux plus bas se verra, là encore, préférer la Banque centrale puisqu'elle propose une meilleure rémunération du dépôt. Notons que ce taux peut être négatif (ce qui encourage la circulation de la monnaie et non son dépôt, par exemple). Là aussi :
- Le taux est fixé par la banque centrale ;
- Très souvent fixé du jour pour le lendemain ;
- Très souvent à échéance de 24 heures.
Ces mécanismes sont appelés des facilités permanentes. Elles n'ont, en théorie, pas de limites d'emprunt, et fixent simplement les taux directeurs journaliers des facilités et représentent ce que l'on appelle un corridor des taux d'intérêt. Ceux-ci fluctuent autour des taux des opérations principales de refinancement dont nous allons tout de suite parler.
Les interventions directes sur le marché interbancaire (les opérations d'open market)
Mais surtout, et c'est la principale politique utilisée par les Banques centrales modernes aujourd'hui, la Banque centrale peut avoir un rôle plus direct en intervenant directement sur le marché interbancaire. La Banque centrale propose des liquidités (souvent pour une durée d'une semaine) en échange de titres financiers qui font office de garantie (nous l'avons dit plus tôt, on appelle cela le "collatéral"). Cette démarche permet à la Banque centrale d'influer plus directement sur la quantité de monnaie Banque centrale, et sur ses taux monétaires et l'on parle d'taux des opérations principales de refinancement. C'est ce mécanisme qui est enclenché quand on dit qu'une banque se refinance auprès de la Banque centrale.
Contrôle
Si nous revenons à notre propos principal, qui relève des limites à la création monétaire, il est important d'apporter un complément qui relève du contrôle des activités bancaires.
D'abord, lorsqu'une banque A prête de l'argent à un agent économique 1, il y a de fortes chances que cet argent atterrisse sur le compte d'un agent économique 2 (payé par 1), compte lui-même dans la banque B (le plus souvent). La banque B se tournera alors vers la banque A, et lui demandera un actif de même valeur. La banque A puisera alors dans ses réserves dans ses comptes auprès de la Banque centrale pour les transmettre sur le compte de la banque B auprès de la Banque centrale (rappelons encore une fois qu'il s'agit d'une monnaie banque centrale, dite M0, qui ne circule que sur le monde interbancaire, jamais ailleurs).
Cela permet d'assurer le contrôle de ce que les banques réalisent comme crédit, contrôle complété par les mécanismes internes qui doivent être mis en place et dont on a évoqué une partie dans le chapitre sur la règlementation prudentielle un peu plus haut.
Résumons
Le rôle "central" de ... La Banque Centrale
Suite
Pour compléter la lecture sur ce wiki : Acteurs économiques : Les Banques
Sources
- ↑ La création monétaire : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/theories-economiques/creation-monetaire/
- ↑ Comment marche la création monétaire : https://www.economie.gouv.fr/facileco/comment-marche-la-creation-monetaire
- ↑ La monnaie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie
- ↑ L'ACPR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Autorit%C3%A9_de_contr%C3%B4le_prudentiel_et_de_r%C3%A9solution
- ↑ Site officiel de présentation de l'ACPR : https://acpr.banque-france.fr/fr/lacpr
- ↑ le taux des réserves obligatoires actuellement (site de la Banque de France) : https://www.banque-france.fr/fr/strategie-monetaire/cadre-operationnel/reserves-obligatoires-facilites-permanentes
- ↑ Les taux directeurs, une explication de la BdF : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/les-taux-directeurs