« Politest - V - Les entreprises » : différence entre les versions
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Nous mettons ici la cinquième question associée au test, et nous essayons d'y apporter un éclairage personnel via des réponses. | |||
== Les entreprises (5/12) == | == Les entreprises (5/12) == | ||
=== Il faut imposer par la loi des avancées sociales dans les entreprises ; et il faut renchérir le coût des licenciements pour les entreprises qui font des bénéfices. === | === 1. Il faut imposer par la loi des avancées sociales dans les entreprises ; et il faut renchérir le coût des licenciements pour les entreprises qui font des bénéfices. === | ||
Nous aimons bien cette proposition. Nous croyons qu'en effet, les entreprises ayant pour but premier, dans la majorité et dans la société actuelle, de réaliser du profit, elles n'auront pas pour priorité d'encourager les avancées sociales. Il faut donc les inciter, et il semble qu'il soit impossible de le faire autrement qu'en le leur imposant. Également, prévenir les licenciements qui font des bénéfices me semble une bonne chose, mais "renchérir le coût des licenciements" laisse probablement une porte de sortie aux entreprises les plus grosses et les plus à même d'"encaisser la charge" et cela pourrait être insuffisant à les décourager. | |||
=== L’État doit redonner aux entreprises toute leur liberté, en supprimant les prélèvements et les | === 2. L’État doit redonner aux entreprises toute leur liberté, en supprimant les prélèvements et les règlementations qui leur sont imposés et qui les handicapent dans leur développement. === | ||
La société telle qu'elle existe aujourd'hui est calée sur un modèle économique capitaliste. En supprimant les prélèvements et règlementations auxquels sont soumis les entreprises, on laisse libre cours au système qui conduit à davantage de précarité pour les travailleurs salariés. Les gagnants de ce système gagnent effectivement de plus en plus, mais sont aussi de moins en moins nombreux. | |||
Au-delà de notre avis sur le sujet, les études empiriques montrent que les choix néo-libéraux (qui au lieu de laisser faire, encouragent encore plus le libéralisme et les grandes structures dans l'entreprenariat) détruisent l'emploi stable et les salaires décents. In fine, ce sont les épargnants et les plus riches qui bénéficient de ce type de pensée. Le système cherchant à faire toujours plus de profits, les plus riches sont de plus en plus riches, mais aussi de moins en moins nombreux, creusant les inégalités. | |||
=== Il faut que les | === 3. Il faut aider en priorité les petites et moyennes entreprises en allégeant leurs charges et leurs contraintes administratives, et laisser patrons et syndicats négocier les modes de fonctionnement les mieux adaptés à chaque branche d'activité. === | ||
Autant l'assertion commence bien, d'autant que nous pensons que l'entreprenariat à une petite échelle est pertinent, autant la méthode ne nous plait pas du tout. Nous ajouterons que simplifier les contraintes administratives, et faciliter la création d'entreprises et de valeur sont de bons objectifs. Si, en revanche, par allègement des charges, on entend qu'il faut réduire les cotisations salariales (et donc faire perdre en qualité ou en nombre des services sociaux dont pourront bénéficier les salariés), alors nous ne sommes pas d'accord. Si par contre, par allègement des charges, on entend réduire les impôts sur les entreprises, alors il faut regarder au cas par cas. Typiquement, encourager l'entreprenariat en évitant d'imposer et taxer trop lourdement les entreprises qui se lancent (par exemple, en taxant les micro-entrepreneurs alors même qu'ils ne font pas de bénéfices), d'accord. Mais l'assertion semble aller plus loin que cela. Et les impôts sont utiles (particulièrement les impôts sur les entreprises). | |||
=== Il faut que les entreprises supportent moins de charges sociales et moins de | Quant à laisser patrons et syndicats négocier, bof... Typiquement, la puissance syndicale n'est plus ce qu'elle était, et le rapport salariés/patron n'est pas un rapport équitable dans la société actuelle où le taux de chômage est élevé et dans un contexte de mondialisation. C'est tout l'enjeu de la liberté théorique par rapport à la liberté réelle. Donc, ici, quand on parle de "mode de fonctionnement", on parle surtout de la structure relevant du code du travail, et on a vu ce qu'ont donné les propositions El Khomri et Macron sur l'emploi (se targuer de réduire le chômage (si peu) en précarisant en masse l'emploi (uberisation), c'est hypocrite et fallacieux à nos yeux). | ||
=== <span style="color:green">4. Il faut que les profits des entreprises aillent en priorité aux salariés, et non plus aux actionnaires ; et il faut interdire les licenciements collectifs aux entreprises qui font des bénéfices, sous peine que ces entreprises soient réquisitionnées par l’État au profit de leurs salariés. === | |||
Franchement, cette proposition nous plait beaucoup. Elle se rapproche d'une vision socialiste de la société, mais pas forcément communiste puis qu'on ne parle pas de nationaliser, mais plutôt d'une vision coopérative de l'entreprise. Et puis, réaliser des licenciements collectifs dans une entreprise qui fait des bénéfices, c'est vraiment un concept qui nous semble contradictoire, et mauvais pour l'emploi, à notre avis. | |||
D'aucuns pourraient penser que cela découragera les actionnaires. Cela réduira peut-être les sommes investies par les actionnaires, mais, selon nous, cela ne réduira pas à zéro l'investissement. Certes, cela peu avoir pour effet de les réduire, et les actionnaires auront peut-être des dividendes moindres, et moins souvent, mais nous voyons malgré tout cela d'un bon œil. Nous pensons de toute façon qu'il faut aider l'investissement aujourd'hui, et non l'épargne. Donc, oui à la consommation, en augmentant le pouvoir d'achat global (donc en augmentant les salaires), et plus de difficultés pour l'épargne, en particulier pour les grands épargnants et les grands actionnaires. | |||
=== 5. Il faut que les entreprises supportent moins de charges sociales et moins de règlementations, pour qu'elles hésitent moins à embaucher et puissent être plus compétitives. === | |||
Celle-ci va encore plus loin que l'assertion proposant ce même genre d'argumentaires sur les petites et moyennes entreprises. Clairement, ça ne nous convient pas du tout. Cette vision, reposant sur la théorie libérale de l'économie, est inefficace. Adam Smith a centralisé dans son livre "la Richesse des Nations" cette théorie, et plus récemment Milton Friedman a "imposé" ce prisme de lecture également. Les économistes critiquant cette vision simpliste de l'économie ne sont pourtant pas rares, et il nous semble que leur argumentaire va au-delà de l'idéologie et est corroboré par les faits. Le modèle néo-libéral (qui va encore plus loin que le libéralisme prôné par ce scénario de réponse) nous parait faire faillite depuis suffisamment longtemps pour qu'on comprenne que ce n'est pas du tout la bonne méthode. | |||
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Dernière version du 29 septembre 2026 à 16:47
Cette page provient du Politest, qui est un test en ligne créé par Laurent Cald[1]
Nous mettons ici la cinquième question associée au test, et nous essayons d'y apporter un éclairage personnel via des réponses.
Les entreprises (5/12)
1. Il faut imposer par la loi des avancées sociales dans les entreprises ; et il faut renchérir le coût des licenciements pour les entreprises qui font des bénéfices.
Nous aimons bien cette proposition. Nous croyons qu'en effet, les entreprises ayant pour but premier, dans la majorité et dans la société actuelle, de réaliser du profit, elles n'auront pas pour priorité d'encourager les avancées sociales. Il faut donc les inciter, et il semble qu'il soit impossible de le faire autrement qu'en le leur imposant. Également, prévenir les licenciements qui font des bénéfices me semble une bonne chose, mais "renchérir le coût des licenciements" laisse probablement une porte de sortie aux entreprises les plus grosses et les plus à même d'"encaisser la charge" et cela pourrait être insuffisant à les décourager.
2. L’État doit redonner aux entreprises toute leur liberté, en supprimant les prélèvements et les règlementations qui leur sont imposés et qui les handicapent dans leur développement.
La société telle qu'elle existe aujourd'hui est calée sur un modèle économique capitaliste. En supprimant les prélèvements et règlementations auxquels sont soumis les entreprises, on laisse libre cours au système qui conduit à davantage de précarité pour les travailleurs salariés. Les gagnants de ce système gagnent effectivement de plus en plus, mais sont aussi de moins en moins nombreux.
Au-delà de notre avis sur le sujet, les études empiriques montrent que les choix néo-libéraux (qui au lieu de laisser faire, encouragent encore plus le libéralisme et les grandes structures dans l'entreprenariat) détruisent l'emploi stable et les salaires décents. In fine, ce sont les épargnants et les plus riches qui bénéficient de ce type de pensée. Le système cherchant à faire toujours plus de profits, les plus riches sont de plus en plus riches, mais aussi de moins en moins nombreux, creusant les inégalités.
3. Il faut aider en priorité les petites et moyennes entreprises en allégeant leurs charges et leurs contraintes administratives, et laisser patrons et syndicats négocier les modes de fonctionnement les mieux adaptés à chaque branche d'activité.
Autant l'assertion commence bien, d'autant que nous pensons que l'entreprenariat à une petite échelle est pertinent, autant la méthode ne nous plait pas du tout. Nous ajouterons que simplifier les contraintes administratives, et faciliter la création d'entreprises et de valeur sont de bons objectifs. Si, en revanche, par allègement des charges, on entend qu'il faut réduire les cotisations salariales (et donc faire perdre en qualité ou en nombre des services sociaux dont pourront bénéficier les salariés), alors nous ne sommes pas d'accord. Si par contre, par allègement des charges, on entend réduire les impôts sur les entreprises, alors il faut regarder au cas par cas. Typiquement, encourager l'entreprenariat en évitant d'imposer et taxer trop lourdement les entreprises qui se lancent (par exemple, en taxant les micro-entrepreneurs alors même qu'ils ne font pas de bénéfices), d'accord. Mais l'assertion semble aller plus loin que cela. Et les impôts sont utiles (particulièrement les impôts sur les entreprises).
Quant à laisser patrons et syndicats négocier, bof... Typiquement, la puissance syndicale n'est plus ce qu'elle était, et le rapport salariés/patron n'est pas un rapport équitable dans la société actuelle où le taux de chômage est élevé et dans un contexte de mondialisation. C'est tout l'enjeu de la liberté théorique par rapport à la liberté réelle. Donc, ici, quand on parle de "mode de fonctionnement", on parle surtout de la structure relevant du code du travail, et on a vu ce qu'ont donné les propositions El Khomri et Macron sur l'emploi (se targuer de réduire le chômage (si peu) en précarisant en masse l'emploi (uberisation), c'est hypocrite et fallacieux à nos yeux).
4. Il faut que les profits des entreprises aillent en priorité aux salariés, et non plus aux actionnaires ; et il faut interdire les licenciements collectifs aux entreprises qui font des bénéfices, sous peine que ces entreprises soient réquisitionnées par l’État au profit de leurs salariés.
Franchement, cette proposition nous plait beaucoup. Elle se rapproche d'une vision socialiste de la société, mais pas forcément communiste puis qu'on ne parle pas de nationaliser, mais plutôt d'une vision coopérative de l'entreprise. Et puis, réaliser des licenciements collectifs dans une entreprise qui fait des bénéfices, c'est vraiment un concept qui nous semble contradictoire, et mauvais pour l'emploi, à notre avis.
D'aucuns pourraient penser que cela découragera les actionnaires. Cela réduira peut-être les sommes investies par les actionnaires, mais, selon nous, cela ne réduira pas à zéro l'investissement. Certes, cela peu avoir pour effet de les réduire, et les actionnaires auront peut-être des dividendes moindres, et moins souvent, mais nous voyons malgré tout cela d'un bon œil. Nous pensons de toute façon qu'il faut aider l'investissement aujourd'hui, et non l'épargne. Donc, oui à la consommation, en augmentant le pouvoir d'achat global (donc en augmentant les salaires), et plus de difficultés pour l'épargne, en particulier pour les grands épargnants et les grands actionnaires.
5. Il faut que les entreprises supportent moins de charges sociales et moins de règlementations, pour qu'elles hésitent moins à embaucher et puissent être plus compétitives.
Celle-ci va encore plus loin que l'assertion proposant ce même genre d'argumentaires sur les petites et moyennes entreprises. Clairement, ça ne nous convient pas du tout. Cette vision, reposant sur la théorie libérale de l'économie, est inefficace. Adam Smith a centralisé dans son livre "la Richesse des Nations" cette théorie, et plus récemment Milton Friedman a "imposé" ce prisme de lecture également. Les économistes critiquant cette vision simpliste de l'économie ne sont pourtant pas rares, et il nous semble que leur argumentaire va au-delà de l'idéologie et est corroboré par les faits. Le modèle néo-libéral (qui va encore plus loin que le libéralisme prôné par ce scénario de réponse) nous parait faire faillite depuis suffisamment longtemps pour qu'on comprenne que ce n'est pas du tout la bonne méthode.
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Sources
- ↑ Êtes-vous de droite ou de gauche ? : https://www.babelio.com/livres/Cald-Etes-vous-de-droite-ou-de-gauche-/914487