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	<title>Notes Economiques et Politiques - Contributions [fr]</title>
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	<updated>2026-11-07T02:44:25Z</updated>
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		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Philosophie_:_Quelques_notions&amp;diff=1279</id>
		<title>Philosophie : Quelques notions</title>
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		<updated>2026-10-22T09:09:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Puisque ce wiki a pour vocation première de structurer nos idées et pensées, et parce que nos lectures et découvertes nous ont conduit à constater des liens étroits entre économie, histoire, politique et philosophie, il nous a paru opportun d&#039;ajouter au moins une page centralisant quelques notions philosophiques. A ce titre, nous allons introduire quelques philosophes et leurs pensées. Le contenu de cette page s&#039;inspire en grande partie de la bande dessinée à financement participatif &#039;&#039;Philorama&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Philorama, la BD qui introduit quelques philosophes : https://fr.ulule.com/philorama/&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie visuelle ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chronologie_Philo.png|centré|alt=Frise chronologique de quelques philosophes, basée sur un modèle Canva : Beige and Grey Minimalist Vintage Timeline History Infographic|vignette|750x750px|&amp;lt;ref&amp;gt;Canva - Beige and Grey Minimalist Vintage Timeline History Infographic - compte gratuit et personnel&amp;lt;/ref&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Socrate (-469:-399) - Philosophe grec==&lt;br /&gt;
===Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Maïeutique&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;dialectique&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots===&lt;br /&gt;
Socrate&amp;lt;ref&amp;gt;Socrate : https://fr.wikipedia.org/wiki/Socrate&amp;lt;/ref&amp;gt; n&#039;a rien écrit, ses pensées ont été transcrites par son disciple, Platon. Même s&#039;il est difficile de résumer sa pensée, nous avons retenu deux méthodes : &lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;maïeutique&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La maïeutique (Wikipedia) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFeutique_(philosophie)&amp;lt;/ref&amp;gt; qui consiste à poser des questions à un interlocuteur afin de faire émerger la vérité de lui-même. Ainsi, il ne s&#039;agit pas d&#039;affirmer quelque chose de manière péremptoire, mais plutôt d&#039;amener la réflexion en se posant les bonnes questions.&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;dialectique&#039;&#039;&#039; qui consiste à réaliser que ce n&#039;est qu&#039;en éliminant ce qui est faux qu&#039;on parvient au vrai. Il faut nous rendre compte que nous avons fait erreur, et nous corriger pour transformer notre ignorance en savoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Tout ce que je sais, c&#039;est que je ne sais rien.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Marc-Aurèle (121:180) - Philosophe romain==&lt;br /&gt;
===Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Stoïcisme&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;passions&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== En quelques mots===&lt;br /&gt;
Célèbre symbole du &#039;&#039;&#039;stoïcisme&#039;&#039;&#039; romain, Marc Aurèle&amp;lt;ref&amp;gt;Marc Aurèle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Aur%C3%A8le&amp;lt;/ref&amp;gt; était philosophe, écrivain, et empereur, rien que ça. Les stoïciens constatent que l&#039;âme humaine n&#039;est jamais au repos, tiraillée sans cesse par ses émotions, qui l&#039;empêchent de trouver le calme. Ces émotions sont appelées &#039;&#039;&#039;passions&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mêmes stoïciens constatent que souvent, ces émotions sont le fruit de l&#039;imagination ; elles ne sont ni tangibles, ni réelles, et provoquent des sentiments négatifs.  Elles sont l&#039;essence même du sentiment de malheur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La clé du stoïcisme est d&#039;essayer de se détacher de ces passions, ces émotions provoquées par des évènements qui ne dépendent pas de nous, afin que notre âme trouve le calme auquel elle aspire, la paix intérieure. Inutile de se faire souffrir, encore plus pour un élément passé sur lequel nous avons aucun contrôle, par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains qualifieront la philosophie stoïcienne d&#039;inhumaine, car elle nous invite à nous détacher de nos émotions. Les stoïciens rétorquent qu&#039;au contraire, la raison prime sur les émotions, et c&#039;est bien elle qui fait de nous des êtres conscients et donc, humains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l&#039;être, et la sagesse de distinguer l&#039;un de l&#039;autre.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Thomas Hobbes (1588-1679) - Philosophe anglais==&lt;br /&gt;
===Mots clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;État de nature&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;contractualisme&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== En quelques mots===&lt;br /&gt;
Thomas Hobbes&amp;lt;ref&amp;gt;Thomas Hobbes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Hobbes&amp;lt;/ref&amp;gt; a eu une grande influence sur les penseurs qui lui ont succédé, mais également sur d&#039;autres thèmes de société, comme l&#039;économie. Nous n&#039;avons pas eu l&#039;occasion de feuilleter son fameux &#039;&#039;Léviathan&#039;&#039;, mais on peut néanmoins citer deux points intéressants de sa philosophie :&lt;br /&gt;
*Hobbes défend la théorie de l&#039;&#039;&#039;&#039;état de nature&#039;&#039;&#039; de l&#039;homme, qui s&#039;oppose à l&#039;état civil (c&#039;est à dire à l&#039;émergence de l’État et du droit social). Contrairement à Rousseau, Hobbes pense que l&#039;homme est fondamentalement &#039;&#039;&#039;mauvais&#039;&#039;&#039;, et que l’État met fin à son état de nature, en mettant en place des lois qui permettent à chacun de vivre en société.&lt;br /&gt;
*Pour poursuivre sur le point précédent, il s&#039;agit de la &#039;&#039;&#039;contractualisation&#039;&#039;&#039; (on parle également de &#039;&#039;&#039;contrat social&#039;&#039;&#039;), c&#039;est à dire l&#039;accord (tacite, il ne s&#039;agit pas d&#039;un contrat physique) que les hommes passent entre eux : ils créent des lois, au prix d&#039;une partie de leur liberté, afin de faire vivre le corps social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Anecdote&#039;&#039; : Hobbes est un contemporain de Descartes, et l&#039;un est anglais quand l&#039;autre est français. A l&#039;époque, rien d&#039;étonnant à ce qu&#039;ils s&#039;opposent, notamment sur de la sémantique, les différences de langue n&#039;arrangeant pas les choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;A l&#039;état de nature l&#039;homme est un loup pour l&#039;homme, à l&#039;état social l&#039;homme est un dieu pour l&#039;homme.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==René Descartes (1596:1650) - Philosophe français==&lt;br /&gt;
===Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Rationalisme (moderne)&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;doute méthodique&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots ===&lt;br /&gt;
René Descartes&amp;lt;ref&amp;gt;René Descartes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Descartes&amp;lt;/ref&amp;gt; est le symbole du &#039;&#039;&#039;rationalisme moderne&#039;&#039;&#039;, et l&#039;on reconnaît chez lui une réflexion semblable à celle de Socrate, qui consistera à interroger le monde qui l&#039;entoure afin d&#039;en déterminer ce qui est vrai. Selon lui, ce n&#039;est que par la raison que nous pouvons accéder à des connaissances certaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Étant également physicien, Descartes sait que les perceptions sont parfois trompeuses, et il comprend également que ce que l&#039;on nous a énoncé maintes fois par le passé ne peut pas toujours être pris comme vérité absolue, et appartient plutôt au domaine de la croyance. Sa démarche consistera donc à tout remettre en cause, via une méthode de doute radical, le &#039;&#039;&#039;doute méthodique&#039;&#039;&#039;, afin que la raison conduise le penseur à la vérité.&lt;br /&gt;
Notons qu&#039;il ne s&#039;agit pas de douter pour douter, mais de douter afin de faire émerger des connaissances solides et étayées par la raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais en doutant de tout, on peut douter même de notre propre existence, puisque nous sommes conscients que nous existons du fait de notre perception du monde (ainsi lorsque nous rêvons, nous croyons vivre des évènements qui pourtant s&#039;avèrent complètement imaginaires à notre réveil). Descartes y répond alors par une idée simple, mais efficace : même si nous pouvons douter de beaucoup de choses, nous ne pouvons douter que nous doutons. Notre raison, elle, existe donc bien, et avec elle notre pensée. &#039;&#039;Cogito ergo sum (Je pense, donc je suis)&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;On ne peut se passer d&#039;une méthode pour se mettre en quête de la vérité des choses.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Baruch Spinoza (1632:1677) - Philosophe néerlandais==&lt;br /&gt;
===Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Déterminisme&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;recherche des causes&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== En quelques mots===&lt;br /&gt;
Baruch Spinoza&amp;lt;ref&amp;gt;Baruch Spinoza : https://fr.wikipedia.org/wiki/Baruch_Spinoza&amp;lt;/ref&amp;gt; a été exclu de la communauté juive d&#039;Amsterdam pour sa conception &#039;&#039;&#039;déterministe&#039;&#039;&#039; du monde. Il pensait qu&#039;une action est toujours la conséquence d&#039;une cause, elle-même la conséquence d&#039;une autre cause, ... et ainsi de suite jusqu&#039;à ce qu&#039;il appelait la &#039;&#039;cause première&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De fait, il pensait que même si nous pensons maîtriser nos actions, du fait de notre conscience, elles ne sont que le fruit d&#039;une cause qui peut peut-être nous échapper. Cependant, il ne s&#039;agit pas forcément d&#039;un appel à la passivité, car selon Spinoza notre vraie liberté n&#039;est pas de réaliser les actions que nous souhaitons (puisqu&#039;elles ne sont que les conséquences de causes connues ou non de nous), mais d&#039;être conscients de ce déterminisme, et de chercher à connaître les causes qui animent nos actions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut clairement opposer Spinoza à Descartes par exemple, qui, lui, considérera que c&#039;est notre libre-arbitre qui détermine notre volonté et notre existence (par exemple en étant capables de réfréner nos désirs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne, mais nous la jugeons bonne parce que nous la désirons.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==David Hume (1711:1776) - Philosophe écossais==&lt;br /&gt;
===Mots-clés ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Empirisme&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;impression&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;habitude&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots===&lt;br /&gt;
On peut dire que la philosophie de David Hume&amp;lt;ref&amp;gt;David Hume : https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Hume&amp;lt;/ref&amp;gt; s&#039;oppose à celle de René Descartes. Il représente la doctrine de l&#039;&amp;lt;nowiki/&amp;gt;&#039;&#039;&#039;empirisme&#039;&#039;&#039;, qui affirme que toutes nos connaissances proviennent de nos sensations. Lorsque nous expérimentons une sensation, Hume parle d&#039;&#039;&#039;&#039;impression&#039;&#039;&#039;, alors nous la retenons et cela constitue une connaissance. Nos sensations accumulées au cours de notre vie créent notre connaissance, alors que nous arrivons dans le monde avec une sorte d&#039;esprit vierge, tel une page blanche à notre naissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le raisonnement va plus loin, et l&#039;empirisme décrète qu&#039;il n&#039;est pas possible d&#039;accéder à la vérité, puisque l&#039;universalité et l&#039;intemporalité des notions abstraites les rend impossible à expérimenter, et donc, à connaître. Un exemple intéressant est le suivant : le soleil se lèvera-t-il demain ? Après tout, nous avons l&#039;&#039;&#039;&#039;habitude&#039;&#039;&#039; qu&#039;il se lève chaque matin, mais nous ne saurons de manière certaine qu&#039;il se lèvera demain seulement demain...&lt;br /&gt;
Ainsi, nous supposons que ce qui est arrivé dans le passé arrivera également dans le futur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d&#039;impression simples, qui leur correspondent et qu&#039;elles représentent exactement.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Jean-Jacques Rousseau (1712:1778) - Philosophe français==&lt;br /&gt;
===Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Contrat social&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;bon sauvage&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots===&lt;br /&gt;
Jean-Jacques Rousseau&amp;lt;ref&amp;gt;Jean-Jacques Rousseau : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Rousseau&amp;lt;/ref&amp;gt; est célèbre pour sa réflexion sur le contrat social&amp;lt;ref&amp;gt;Du contrat social (livre) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Du_contrat_social&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais qui diffère de la vision de Hobbes ; Là où Hobbes pense que l&#039;homme est fondamentalement mauvais, et a besoin du contrat social pour pouvoir vivre en société, Rousseau pense que l&#039;homme est fondamentalement bon (l&#039;expression n&#039;est pas de lui, mais lui sera rapidement attribuée, on parle de &#039;&#039;&#039;Bon sauvage&#039;&#039;&#039;), et que c&#039;est la société qui le corrompt : les individus en société ne cherchent plus à être, mais à paraître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En acceptant le contrat social, les hommes perdent en liberté ce qu&#039;ils gagnent en sécurité. Mais la sécurité n&#039;est pas le seul apport de la contractualisation ; Rousseau pense en effet que si les règles qui régissent le contrat social représentent la volonté générale, c&#039;est à dire l&#039;expression du peuple ayant un intérêt commun, alors l&#039;homme gagne encore plus en liberté. On peut y voir la source de la réflexion de la démocratie au sens littéral du terme (les révolutions américaine (1765-1783) et françaises (1789 &amp;amp; 1848) ne sont d&#039;ailleurs pas très loin).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;L&#039;obéissance à la loi qu&#039;on s&#039;est prescrite est liberté.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emmanuel Kant&amp;lt;ref&amp;gt;Emmanuel Kant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Kant&amp;lt;/ref&amp;gt; (1724:1804) - Philosophe allemand==&lt;br /&gt;
=== Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Limites de connaissance&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;loi morale&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots ===&lt;br /&gt;
La philosophie kantienne marque un tournant dans le domaine de la connaissance, en exposant les limites de la connaissance humaine. En ce sens, il s&#039;oppose à la vision cartésienne qui exprimait l&#039;idée que la raison nous permettrait d&#039;accéder à des vérités spirituelles et métaphysiques. Pour Kant, certaines vérités resteront à jamais inaccessibles à la connaissance humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la révolution qu&#039;apporte la pensée kantienne tient plutôt sur l&#039;ordre moral des choses. Kant affirme en effet qu&#039;il y a en chacun de nous une raison morale, qui nous indique ce qu&#039;il faut faire ou ne pas faire, et mon action est bonne si elle suit une règle que tout le monde devrait appliquer. Si l&#039;on pousse le raisonnement, une action est bonne ou mauvaise non pas du fait des conséquences de celle-ci, mais dans l&#039;&#039;&#039;intention&#039;&#039; initiale, c&#039;est à dire si elle correspond à une &#039;&#039;&#039;volonté bonne&#039;&#039;&#039;. Notons que cette vision s&#039;oppose à la vision &#039;&#039;conséquentialiste&#039;&#039;, qui juge une action par rapport à ses effets dans la pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Agis de telle sorte que tu puisses vouloir que la maxime de ton action soit érigée en loi universelle.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Arthur Schopenhauer (1788:1860) - Philosophe allemand==&lt;br /&gt;
===Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Naturalisme&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;représentation&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;volonté&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots ===&lt;br /&gt;
Arthur Schopenhauer&amp;lt;ref&amp;gt;Arthur Schopenhauer : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Schopenhauer&amp;lt;/ref&amp;gt; est un pessimiste, qui ne fait pas grand cas des hommes, et qui avait un caractère ombrageux et solitaire. L&#039;histoire dit d&#039;ailleurs qu&#039;il avait un jour donné un cours à Berlin en même temps qu&#039;un autre philosophe de son temps, Hegel, et l&#039;un fit salle comble quand l&#039;autre eut plutôt le spectacle d&#039;une salle aux rares auditeurs épars&amp;lt;ref&amp;gt;Une anecdote, 5 étudiants contre 200 : https://www.philomag.com/articles/charlatan-plat-prestidigitateur-retour-sur-la-querelle-schopenhauer-hegel&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa métaphysique repose sur deux concepts :&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;représentation&#039;&#039;&#039; qui est l&#039;aspect observable du monde, que l&#039;on expérimente avec nos 5 sens. Les effets ont des causes, nous pouvons utiliser notre raison pour comprendre le monde qui nous entoure ;&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;volonté&#039;&#039;&#039; est en revanche une force sans but, impossible à comprendre pour notre esprit rationnel, et qui représente l&#039;énergie du monde et sans qui rien n&#039;existerait.&lt;br /&gt;
C&#039;est de notre incompréhension de cette force sans but que nous tirons cette insatisfaction qui caractérise la vie, selon Schopenhauer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut voir la conception de l&#039;homme selon Schopenhauer comme  &#039;&#039;&#039;naturaliste&#039;&#039;&#039; (l&#039;homme n&#039;est pas supérieur aux autres). En effet, c&#039;est à cause de sa raison que l&#039;homme est capable de mentir, tromper, et donc dévier des principes naturels, ce qui selon le philosophe aura tendance à attirer plutôt son mépris que sa sympathie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 La solitude offre à l&#039;homme intellectuellement haut placé le double avantage d&#039;être avec soi-même et de ne pas être avec les autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Karl Marx (1818-1883) - Philosophe allemand ==&lt;br /&gt;
===Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Socialisme&#039;&#039;&#039; &amp;amp; &#039;&#039;&#039;lutte des classes&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots===&lt;br /&gt;
Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; peut se voir attribuer de nombreuses étiquettes : historien, philosophe, [[Manifeste_du_parti_communiste|économiste]], sociologue, journaliste... Difficile donc de tout résumer en quelques lignes. Cependant, ses travaux s&#039;inspirent de nombreuses lectures (principalement économiques, mais, par ricochet, philosophiques également) et ont inspiré de nombreuses pensées et mouvements du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et après.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa philosophie constitue une des bases des sciences humaines et sociales, et consiste en une vision &#039;&#039;&#039;matérialiste&#039;&#039;&#039; de l&#039;histoire. Selon lui, l&#039;histoire humaine, depuis toujours, n&#039;est que le reflet des rapports humains, qui sont eux-mêmes une succession de luttes qui se répètent au cours du temps. Ces luttes sont des &#039;&#039;&#039;luttes de classes&#039;&#039;&#039; (esclaves contre maîtres, seigneurs contre vassaux, ...). Partant de ce constat, sa philosophie s&#039;inscrit dans une volonté de changement de ce rapport, et de renversement du courant de pensée économique dominant de l&#039;époque, le &#039;&#039;capitalisme&#039;&#039;. C&#039;est la formalisation du &#039;&#039;&#039;socialisme&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De fait, la philosophie marxiste constitue une &#039;&#039;&#039;science économique&#039;&#039;&#039;, et s&#039;inscrit très bien dans une approche économique, historique et sociologique pour l&#039;étudier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Anecdote&#039;&#039; : Karl Marx eut une femme, morte peu de temps avant lui, qui s&#039;appelait Jenny. C&#039;est le même prénom que leur fille, qui, par ailleurs avait la nationalité française (née à Paris, morte à Argenteuil, et mariée à un français)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Friedrich Nietzsche (1844:1900) - Philosophe allemand==&lt;br /&gt;
===Mots clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Métaphysique&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;volonté de puissance&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;surhomme&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots===&lt;br /&gt;
A l&#039;instar de Hegel, Kant ou Sartre, Friedrich Nietzsche&amp;lt;ref&amp;gt;Friedrich Nietzsche : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche&amp;lt;/ref&amp;gt; n&#039;est pas le plus aisé à lire&amp;lt;ref&amp;gt;Un bouquin pour faciliter la lecture de Nietzsche : https://www.institut-pandore.com/boutique/tete-a-tete-avec-livre-nietzsche/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais essayons tout de même de dire quelques mots de sa philosophie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nietzsche révolutionnera la métaphysique en constatant que les différentes doctrines philosophiques qu&#039;il a pu étudier reposent sur une dichotomie du bien et du mal, le monde réel et le monde imaginaire, l&#039;ici-bas et l&#039;au-delà, qui ne sont pour lui finalement qu&#039;une même expression du &#039;&#039;ressentiment&#039;&#039; et du &#039;&#039;nihilisme&#039;&#039;, et ne conduisent qu&#039;à un rejet de la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi en effet la force et la violence seraient-elles du côté du mal, et la compassion et l&#039;abnégation du côté du bien ? Si ce n&#039;est peut-être pour dissimuler nos propres faiblesses, et donc aller à l&#039;encontre de cette volonté (on retrouve la théorie de Schopenhauer) que Nietzsche appelle la &#039;&#039;&#039;volonté de puissance&#039;&#039;&#039; ? Le &#039;&#039;&#039;surhomme&#039;&#039;&#039; est celui qui accepte d&#039;embrasser cet état de fait, que la volonté de puissance fait partie intégrante de l&#039;univers et de la vie, et ne se soucie pas du regard des autres ou des valeurs créées par la société des hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Replacé dans le contexte historique et personnel de l&#039;auteur, on peut voir ici une critique du carcan religieux (Nietzsche dira notamment &#039;&#039;Dieu est mort&#039;&#039;) et une volonté de rendre l&#039;homme indépendant de contraintes factices, soit-disant morales, pour le rendre plus libre et capable de surmonter seul le poids de son existence : il est responsable de sa vie et de son bonheur. On retrouvera ce concept de responsabilité de l&#039;homme chez Sartre par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;L&#039;homme est une corde tendue entre l&#039;animal et le surhomme.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Jean-Paul Sartre (1905:1980) - Philosophe français==&lt;br /&gt;
===Mots-clés===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Existentialisme&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;absolue liberté&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;identités&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===En quelques mots ===&lt;br /&gt;
A l&#039;instar de Nietzsche ou Hegel, force est d&#039;admettre que nous trouvons Jean-Paul Sartre&amp;lt;ref&amp;gt;Jean-Paul Sartre : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Sartre&amp;lt;/ref&amp;gt; difficile à lire. Néanmoins, il est des concepts qu&#039;il est possible de présenter ici :&lt;br /&gt;
*L&#039;essence d&#039;une chose est ce qui fait ce qu&#039;elle est, et détermine sa fonction ou son but, et par conséquent ne lui permet pas d&#039;être autre chose ;&lt;br /&gt;
*Partant de ce postulat, selon l&#039;&#039;&#039;&#039;existentialisme&#039;&#039;&#039; de Sartre, l&#039;homme n&#039;a pas d&#039;essence, il est &#039;&#039;&#039;fondamentalement libre&#039;&#039;&#039;, notamment libre de ses choix, et par extension, il est seul responsable de ses actes ;&lt;br /&gt;
*Ainsi, même si nous endossons des &#039;&#039;&#039;identités&#039;&#039;&#039; liés à nos rapports sociaux, nos relations, ou notre caractère par exemple, nous ne sommes pas &#039;&#039;&#039;condamnés&#039;&#039;&#039; à rester ce que nous sommes. Nous pouvons, à tout moment, démissionner de cette identité, il suffit de le décider.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sartre propose donc d&#039;embrasser cette liberté absolue, qui n&#039;est en général pas assumée parce qu&#039;elle est effrayante :&lt;br /&gt;
*Être fondamentalement libre, c&#039;est accepter l&#039;idée que ce qui arrive est dû à nos actions humaines et non à une force divine externe ;&lt;br /&gt;
*Être absolument libre, c&#039;est être absolument responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une citation célèbre===&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;C&#039;est dans l&#039;angoisse que l&#039;homme prend conscience de sa liberté.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Notion]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Philosophie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1278</id>
		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-14T07:34:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Le fascisme */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini&amp;lt;ref&amp;gt;Mussolini (wikipedia) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Benito_Mussolini&amp;lt;/ref&amp;gt; : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (FDR fera d&#039;ailleurs campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et des banques commerciales ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;impôt sur le revenu&amp;lt;ref&amp;gt;Revenue Act (1934) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;évolution de l&#039;impôt fédéral sur le revenu (USA) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_f%C3%A9d%C3%A9ral_sur_le_revenu_aux_%C3%89tats-Unis&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
En 1914, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine national. Cette part diminuera tranquillement, et en 1945 jusqu&#039;en 1950, c&#039;est 30%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-14T06:22:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* L&amp;#039;impôt sur le revenuRevenue Act (1934) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (FDR fera d&#039;ailleurs campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et des banques commerciales ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;impôt sur le revenu&amp;lt;ref&amp;gt;Revenue Act (1934) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;évolution de l&#039;impôt fédéral sur le revenu (USA) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_f%C3%A9d%C3%A9ral_sur_le_revenu_aux_%C3%89tats-Unis&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
En 1914, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine national. Cette part diminuera tranquillement, et en 1945 jusqu&#039;en 1950, c&#039;est 30%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1276</id>
		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-14T06:21:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* La séparation des banques d&amp;#039;investissement et commerciales */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (FDR fera d&#039;ailleurs campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et des banques commerciales ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;impôt sur le revenu&amp;lt;ref&amp;gt;Revenue Act (1934) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
En 1914, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine national. Cette part diminuera tranquillement, et en 1945 jusqu&#039;en 1950, c&#039;est 30%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-14T06:20:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* La confiance */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (FDR fera d&#039;ailleurs campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et commerciales ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;impôt sur le revenu&amp;lt;ref&amp;gt;Revenue Act (1934) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
En 1914, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine national. Cette part diminuera tranquillement, et en 1945 jusqu&#039;en 1950, c&#039;est 30%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-14T06:20:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* La confiance */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (et FDR fera campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et commerciales ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;impôt sur le revenu&amp;lt;ref&amp;gt;Revenue Act (1934) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
En 1914, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine national. Cette part diminuera tranquillement, et en 1945 jusqu&#039;en 1950, c&#039;est 30%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-14T06:08:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* L&amp;#039;impôt sur le revenu */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (et il fera campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et commerciales ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;impôt sur le revenu&amp;lt;ref&amp;gt;Revenue Act (1934) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
En 1914, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine national. Cette part diminuera tranquillement, et en 1945 jusqu&#039;en 1950, c&#039;est 30%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1272</id>
		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-14T06:07:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* La dépense déficitaire */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (et il fera campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et commerciales ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;impôt sur le revenu ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
En 1914, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine national. Cette part diminuera tranquillement, et en 1945 jusqu&#039;en 1950, c&#039;est 30%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1271</id>
		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T15:05:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Pendant ce temps, en France */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (et il fera campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et commerciales ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
En 1914, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine national. Cette part diminuera tranquillement, et en 1945 jusqu&#039;en 1950, c&#039;est 30%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
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		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1270</id>
		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T13:43:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* John Maynard Keynes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (et il fera campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et commerciales ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en Chine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
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		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1269</id>
		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T13:39:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (et il fera campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et commerciales ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
==== Pari gagné ? ====&lt;br /&gt;
Pas perdu, mais peut-être pas complètement gagné non plus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== John Maynard Keynes ==&lt;br /&gt;
=== Le point de vue des économistes classiques ===&lt;br /&gt;
=== La proposition de la théorie générale de la monnaie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T13:35:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (et il fera campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’État pourvoyeur d&#039;emplois (WPA &amp;amp; CCC) ====&lt;br /&gt;
==== La Sécurité Sociale (SSA) ====&lt;br /&gt;
==== La planification agricole (AAA) ====&lt;br /&gt;
==== La réglementation financière (FDIC) ====&lt;br /&gt;
==== La séparation des banques d&#039;investissement et commerciales ====&lt;br /&gt;
==== L&#039;étalon-or ====&lt;br /&gt;
==== La dépense déficitaire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1267</id>
		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T13:24:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Les USA, de 1932 à 1939 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela n&#039;empêchera pas Mellon de gérer la fiscalité&amp;lt;ref&amp;gt;Le plan Mellon, où comment moins taxer les riches : https://en.wikipedia.org/wiki/Revenue_Act_of_1926&amp;lt;/ref&amp;gt; globale des entreprises, en tant que secrétaire du Trésor, tout en conservant ses propres actions dans ses entreprises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, Hoover ne croît pas à l&#039;extrémisme de son secrétaire, mais sera trop lent pour le congédier. Contrairement à ses prédécesseurs, et à certaines idées reçues, il n&#039;a pas été complètement inactif durant son mandat sur le sujet. Il tentera bien d&#039;exhorter les patrons à maintenir le niveau de salaires, il créera la &amp;quot;Reconstruction Finance Corporation (RFC)&amp;quot; pour aider au renflouement des banques et les sauver de la faillite, ou tentera d&#039;augmenter les dépenses fédérales pour relancer l&#039;économie via des commandes étatiques, mais il devra in fine céder sa place à un certain Franklin D. Roosevelt, qui prendra effectivement son poste en mars 1933.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le(s) &amp;quot;New Deal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Les New Deals de FDR : https://fr.wikipedia.org/wiki/New_Deal&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Les wikinautes les plus curieux reconnaissent ce nom : Roosevelt. Théodore (Teddy) est bien un aïeul de Franklin Delanoe Roosevelt&amp;lt;ref&amp;gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Roosevelt&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais FDR est célèbre par ses actions. Il est d&#039;ailleurs le Président ayant été élu 4 fois, ayant le record de longévité à ce poste (ce qu&#039;il n&#039;est plus possible de battre en l&#039;état actuel de la constitution américaine), a dirigé la politique de son pays pendant la II&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; Guerre Mondiale, et dressé un cap économique pour son pays qui lui a permis de sortir de la dynamique récessive dans laquelle il était plongé depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;il prend place dans le bureau ovale, FDR tentera absolument tout pour changer la donne économique. Ses &amp;quot;&#039;&#039;100 premiers jours&#039;&#039;&amp;quot; sont restés célèbres pour marquer une direction claire au reste de son mandat, malgré quelques petits bégaiements de départ, c&#039;est le &amp;quot;&#039;&#039;&#039;First New Deal&#039;&#039;&#039;&amp;quot;, la Nouvelle Donne, dans sa première version. Devant les résultats probants bien que mitigés, et les déclarations d&#039;inconstitutionnalité de certains articles, apparaît alors la deuxième version du &amp;quot;New Deal&amp;quot; de 1935 à 1938. Loin d&#039;une idéologie particulière, il faudra retenir avant tout que le leitmotiv principal des actions entreprises par l&#039;administration Roosevelt relèvent de l&#039;innovation et de l&#039;expérimentation : il va falloir être audacieux, et tenter des choses qui n&#039;ont peut-être pas été tentées auparavant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La confiance ====&lt;br /&gt;
FDR est élu confortablement, notamment parce que la politique de son prédécesseur, Hoover, n&#039;a pas fonctionné (et il fera campagne en dénonçant ses échecs), et parce qu&#039;il a une bonne expérience du monde politique. Cette confiance acquise, FDR l&#039;a compris, il doit la transmettre. C&#039;est par la confiance que l&#039;économie sera relancée&amp;lt;ref&amp;gt;Discours de Franklin D Roosevelt en 1933 auprès des états-uniens&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.&#039;&#039;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T10:59:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Et les USA dans tout ça ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça (1918-1932) ? ==&lt;br /&gt;
=== Le boom du capitalisme ===&lt;br /&gt;
Si le communisme prend de l&#039;ampleur outre-atlantique, il effraie du côté des USA. Cette peur restera ancrée pendant de nombreuses décennies, loin s&#039;en faut. En réaction, se succèderont à la tête de l’État des USA divers présidents, dont le nom importera moins ici que le ministre des finances de l&#039;époque (le &amp;quot;secrétaire du Trésor&amp;quot; dit-on aux USA), Andrew Mellon&amp;lt;ref&amp;gt;Andrew W Mellon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrew_Mellon&amp;lt;/ref&amp;gt; (un des &#039;&#039;Barons voleurs&#039;&#039;, d&#039;ailleurs, rappelez-vous le volet III de notre &amp;quot;Histoire de l’Économie&amp;quot;). Le principe de ses actions est simple : mettre en place des lois qui servent sa classe avant tout, sous couvert de réduction de dettes et relance de l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Histoire d&#039;un procès du capitalisme, en 1935 : https://www.editionsladecouverte.fr/les_millions_de_monsieur_mellon-9782348075940&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mister Henry Ford ===&lt;br /&gt;
Au même moment, c&#039;est le boom industriel et capitaliste. Les nouvelles technologies sont de plus en plus exploitées, et les idées fusent. L&#039;exemple le plus connu de l&#039;époque est probablement celui d&#039;Henry Ford&amp;lt;ref&amp;gt;Henry Ford, un symbole du capitalisme états-unien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci crée ou améliore le concept de chaîne de montage, essaie de réduire le plus possible la dépendance à des fournisseurs externes ou étrangers, privilégient l&#039;autonomie de bout en bout, augmente radicalement le salaire de ses ouvriers (5$/jour au lieu de 2.34$ pour les ouvriers en apprentissage), réduit la durée de la journée à 8 heures au lieu de 9 à l&#039;époque, et développe même des espaces de loisirs pour ses ouvriers. Ceci étant, même si c&#039;est la figure d&#039;un &#039;&#039;capitalisme de bien-être&#039;&#039; ou &#039;&#039;paternaliste&#039;&#039; (on parlera de &#039;&#039;welfare capitalism&#039;&#039;), la pensée fordiste n&#039;est pas dénuée d&#039;égoïsme capitaliste (Ford réfutera même le concept de paternalisme dans l&#039;industrie, tel qu&#039;il l&#039;écrit dans ses mémoires en 1922). L&#039;idée n&#039;est pas de pouvoir vendre ses voitures à ses propres ouvriers (qui est néanmoins une conséquence heureuse de ses choix, et il y a débat sur la volonté forte de Ford sur ce point précis), mais aussi de réduire le fort turn-over ouvrier que subissent ses usines, et donc comme le dira Ford lui-même, de réduire les coûts. En parallèle, Ford contrôlera particulièrement ce que font ses ouvriers et son personnel de manière générale, et luttera fortement contre la constitution de syndicats ouvriers (quitte à recruter des miliciens en lien avec la pègre locale). Ajoutons à cela son antisémitisme grandissant, et l&#039;on aura grossièrement dressé le portrait d&#039;un industriel qui suscite encore bien des débats, mais qui sera, en 1932, à l&#039;origine de la production d&#039;un tiers des automobiles dans le monde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Dow Jones ===&lt;br /&gt;
Ford n&#039;est pas le seul à faire fortune. C&#039;est l&#039;âge d&#039;or des hommes d&#039;affaires, bénéficiant des cadeaux de Mellon, et profitant d&#039;un essor de la consommation. Ainsi GM (General Motors) fusionne avec Chevrolet et Cadillac et fait concurrence aux modèles Ford T, puis Ford A, tirant parti de l&#039;augmentation du pouvoir d&#039;achat des ouvriers et proposant des modèles plus variés ou plus différenciants. A l&#039;image de la propagande mise en place en temps de guerre, les entreprises mettent en place des politiques similaires via des fonctions entières de &#039;&#039;relations publiques&#039;&#039;. Les états-uniens les adorent, oubliée l&#039;image des barrons voleurs, en tout cas en apparence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indice Dow Jones (l&#039;équivalent du CAC40 Français, pour faire simple) s&#039;envole, les prix grimpent, en tout cas dans le monde de la &#039;&#039;&#039;spéculation&#039;&#039;&#039;, au point de créer des bulles (toute ressemblance avec des phénomènes connus plus récents n&#039;est pas forcément fortuite). On communique moins, à l&#039;époque sur :&lt;br /&gt;
* Les fermiers, contraints de se tourner vers les villes pour pouvoir survivre, et se transformer en ouvriers ;&lt;br /&gt;
* La stagnation des salaires (oui, même Ford, bien qu&#039;il augmente parfois certains salaires, ne poursuivra pas l&#039;effort au fil des années) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;augmentation de l&#039;utilisation de &#039;&#039;crédits à la consommation&#039;&#039;, voire de &#039;&#039;crédits tout court&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* Le PIB, qui n&#039;est pas une valeur particulièrement analysée et publiée à l&#039;époque...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et krach ... ===&lt;br /&gt;
A force de s&#039;emballer, la machine finit par s&#039;enrayer. En fin 1929, certains investisseurs voulurent récupérer leur dû. Or le mécanisme ne fonctionne pas indéfiniment, si tous les prêteurs veulent tous récupérer leurs sommes engagées en même temps (ce qui fut le cas durant le mois d&#039;Octobre 1929&amp;lt;ref&amp;gt;Le krach boursier de 1929 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Krach_de_1929&amp;lt;/ref&amp;gt;), la confiance se perd, et la valeur des actifs diminue fortement. Comme souvent l&#039;argent investi est de l&#039;argent emprunté, les banques se sont-elles mêmes retrouvées coincées, et ont entraîné avec elles l&#039;ensemble des ménages, incapables d&#039;emprunter pour les plus &amp;quot;chanceux&amp;quot;, ni de récupérer leur épargne pour les moins bien lotis... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;envolée des prix, on assista alors au phénomène inverse : la &#039;&#039;&#039;dépression&#039;&#039;&#039; (on parlera même de &#039;&#039;La Grande Dépression&#039;&#039;). Entre le 15 octobre 1929 et octobre 1931, le Dow Jones (pourtant ciblant uniquement les plus grandes entreprises du pays), passera de 350 à 78 en points d&#039;indices. En 1932, le chômage atteint 25%, l&#039;argent circule peu, les prix subissent une déflation continue... Les industriels interrompent par moments leur production, ou se délestent leurs ouvriers (Ford licenciera 91000 ouvriers durant la seule année 1931&amp;lt;ref&amp;gt;Ford licencie des ouvriers en 1931 : https://storymaps.arcgis.com/stories/01dac38caa6e43be93eda01f0ccbac31&amp;lt;/ref&amp;gt;). Les travailleurs dans leur ensemble ne trouvent pas de travail, même faiblement rémunéré, et n&#039;ont donc pas suffisamment d&#039;argent pour consommer, donc les entreprises ne peuvent écouler leurs produits, donc produisent moins, donc ont moins besoin de travailleurs et peuvent moins payer leurs salariés, donc elles licencient et embauchent moins, ... Et en parallèle, les prêteurs, frileux, ne prêtent plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les USA, de 1932 à 1939 ==&lt;br /&gt;
=== Hoover vs Mellon ===&lt;br /&gt;
Comment se sort-on d&#039;un tel cercle vicieux ? A l&#039;époque, le président des USA et son secrétaire au Trésor ne sont pas d&#039;accord. D&#039;un côté, Mellon est partisan d&#039;une doctrine &#039;&#039;&#039;liquidationiste&#039;&#039;&#039;. Il s&#039;oppose fermement à toute intervention de l’État (bien qu&#039;il ne s&#039;oppose pas à une augmentation de taxes&amp;lt;ref&amp;gt;Une mesure protectionniste à double tranchant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hawley-Smoot&amp;lt;/ref&amp;gt;) ou de l&#039;injection de monnaie dans l&#039;économie (et lorsqu&#039;il y en aura, il distribuera l&#039;argent aux banques, dont la sienne, et ne le fera pas circuler). Il dira notamment, accrochez-vous, c&#039;est glaçant :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;liquidate labor, liquidate stocks, liquidate the farmers, liquidate real estate. Purge the rottenness out of the system. High costs of living and high living will come down. ... enterprising people will pick up the wrecks from less competent people.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;époque, il croit le plus gros du crash derrière lui quand il prend la plupart de ses décisions, ce qui entraînera une chute encore plus grande de l&#039;économie (et de sa popularité) par une contraction de la circulation monétaire. Il pense notamment que les spéculateurs ne méritent pas qu&#039;on les aide, d&#039;où son opposition à toute intervention de l’État. De plus, imprimer de la monnaie ou baisser les taux d&#039;intérêts de la Réserve Fédérale pourrait provoquer une dévaluation du dollar ou de la valeur des réserves d&#039;or, qui sert, encore à l&#039;époque, d&#039;étalon pour la valeur du dollar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hoover ne croît pas à cet extrémisme, mais sera trop lent pour congédier Mellon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T06:21:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Le communisme en URSS */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, et pour toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T06:20:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Le communisme en URSS */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent, &#039;&#039;&amp;lt;span style=&amp;quot;font-size:88%; line-height: 1.3em;&amp;quot;&amp;gt;ce qui est énorme :-)&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, mais comme toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1263</id>
		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Histoire_de_l%27%C3%89conomie_-_IV_-_Les_drames_-_1914-1945&amp;diff=1263"/>
		<updated>2026-10-13T06:16:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Le communisme en URSS */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousé une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, mais comme toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
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		<title>Histoire de l&#039;Économie - IV - Les drames - 1914-1945</title>
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		<updated>2026-10-13T06:15:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Le communisme en URSS */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note|Cette page repose dans son découpage comme son contenu en grande partie sur la très instructive bande dessinée : &#039;&#039;&#039;Economix&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Economix : https://economixcomix.com/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle fait suite à la page [[Histoire de l&#039;Économie - III - La concentration du capital - 1865-1914|Histoire de l’Économie - partie 3]]. Elle est centrée sur &#039;&#039;&#039;les deux Guerres Mondiales et la période entre-deux guerres&#039;&#039;&#039;.}}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Pour avoir une vue résumée de la chronologie, n&#039;hésitez pas à visiter :&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - Chronologie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &#039;&#039;&#039;Page en cours de construction&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Cette page est en cours de construction&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Économies de guerre ==&lt;br /&gt;
La forte industrialisation de la période entraine de facto la fabrication en nombre d&#039;armes et de munitions. Cela, et les tensions historiques entre les pays européens dans un contexte fortement colonial provoque un conflit dépassant largement le périmètre balkanique (la situation géopolitique et historique du monde est passionnante et mérite qu&#039;on s&#039;y intéresse - mais nous n&#039;aborderons pas cette partie ici, que l&#039;on consacre plutôt à un survol de l&#039;histoire de l&#039;économie). C&#039;est la Première Guerre Mondiale (dont les causes sont multiples&amp;lt;ref&amp;gt;Les causes de la Première Guerre Mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Causes_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale&amp;lt;/ref&amp;gt;), et avec elle son lot d&#039;atrocités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du pur point de vue économique, pour pouvoir soutenir la fabrication de matériel de guerre, les États mettent en place une &#039;&#039;&#039;économie de guerre&#039;&#039;&#039; : celle-ci est particulièrement &#039;&#039;&#039;dirigée&#039;&#039;&#039; : il s&#039;agit de réfléchir constamment à ce qu&#039;il faut fabriquer, en quelle quantité, en rationnant éventuellement certains produits (dont ceux de première nécessité) pour pouvoir tenir le budget. A cette époque, les frappes visent aussi à gréver les capacités économiques de l&#039;ennemi; au-delà des méthodes historiques de blocus, s&#039;ajoutent donc des &#039;&#039;bombardements stratégiques&#039;&#039; (phénomène relativement nouveau dans les conflits), qui feront, comme on s&#039;en doute, de nombreuses victimes civiles... Par conséquent, il s&#039;agit aussi de motiver les populations, qui sont particulièrement touchées : l&#039;économie de guerre est aussi une période de propagande, de censure, ou de désinformation parfois, ce qui sera le terreau de certaines idéologies à venir, on en reparlera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, à cette période, les pays en guerre empruntent aux États-Unis d&#039;Amérique, qui restent neutres pendant une grande partie du conflit. Cependant, seuls les Alliés (membres de la Triple Entente) peuvent commercer avec eux, du fait du blocus mis en place pour contrer les puissances centrales (la Triple Alliance : Allemagne, Autriche/Hongrie), et s&#039;endettent lourdement pour pouvoir acheter l&#039;ensemble du matériel nécessaire à la Guerre. Lorsqu&#039;en 1917, les Russes renversent le tsar, les États-Unis d&#039;Amérique (via leur président Wilson) peuvent justifier de soutenir un bord plus qu&#039;un autre (au nom de la défense de la démocratie, mais peut-être aussi pour des raisons purement économiques du fait des emprunts contractés par des Alliés qui devront rembourser leur dette, et qu&#039;il vaudrait donc mieux voir gagner...). Mais le conflit est déjà dans une phase finale : les Russes voient rapidement Lénine diriger le pays (et se retirer du conflit dès 1917), et en 1918, l&#039;armistice est signé et laisse l&#039;ensemble des belligérants exsangues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les conséquences de la guerre ==&lt;br /&gt;
=== Le traité de Versailles ===&lt;br /&gt;
L&#039;armistice est donc signé, en novembre 1918, et signe la fin des hostilités. L&#039;Allemagne a perdu, mais est moins meurtrie géographiquement, car les combats n&#039;ont pas eu lieu sur son sol. De leur côté, les Alliés sont les gagnants, mais ont dû payer un lourd tribu humain, industriel et matériel. La France comme l&#039;Angleterre se sont fortement endettées auprès des USA, qui n&#039;effacent pas leur dette. De fait, les États &amp;quot;victorieux&amp;quot; font signer à l&#039;Allemagne, en 1919 (5 ans jour pour jour après l&#039;attentat de Sarajevo qui est l&#039;étincelle déclenchant la guerre), le traité de Versailles&amp;lt;ref&amp;gt;Le traité de Versailles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles&amp;lt;/ref&amp;gt;. Celui-ci stipule que c&#039;est à l&#039;Allemagne de soutenir et rembourser l&#039;ensemble de la dette de Guerre (ce qui aura pour effet évident de cultiver les graines de la colère future du pays). Ainsi, elle doit &amp;quot;rembourser&amp;quot; aux États victorieux le coût de la Guerre, et ceux-ci remboursent les USA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Allemagne, étouffée, ne remboursera jamais entièrement la dette. Empêchée de commercer avec la plupart des pays alentour (et donc handicapée par une balance commerciale très déficitaire), cédant de nombreux matériels militaires, tributaire d&#039;une dette de guerre à rembourser au gré des plans successifs qui l&#039;imposent, celle-ci ne peut que ronger son frein. Elle connaîtra d&#039;ailleurs de nombreuses inflations successives qui la mèneront à la sur-inflation&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;hyperinflation allemande des années 1920 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_r%C3%A9publique_de_Weimar&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il n&#039;est pas surprenant de constater que sa population est majoritairement hostile au traité, d&#039;autant qu&#039;elle a été désinformée par l&#039;état major de son armée sur les véritables raisons de sa défaite. Elle subit de plus de plein fouet les conséquences du traité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une économie planifiée ===&lt;br /&gt;
La période a cependant été riche d&#039;enseignements. En particulier, il est possible de faire fonctionner une économie, même dans un contexte géopolitique complexe et une situation financière qui l&#039;est encore plus, dès lors qu&#039;elle est dirigée vers un objectif et un cap clairs. Ce modèle inspirera des réflexions économiques, mais aussi politiques (on en reparlera en se focalisant sur les USA). Mais ce qui a marché en temps de guerre, où chacun était prêt à participer à l&#039;effort commun, ne fonctionne pas aussi bien dans une démocratie en temps de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le fascisme ===&lt;br /&gt;
En Italie, un homme a lui aussi tiré des enseignements de l&#039;Histoire, et a retenu que la propagande et la communication étatique peuvent être des outils puissants. Selon lui, si l&#039;économie dirigée ne fonctionne pas dans une démocratie en temps de paix, c&#039;est surtout parce que c&#039;est une démocratie, autant donc s&#039;en débarrasser. On assiste ainsi à la naissance d&#039;une doctrine nouvelle, répondant à un contexte bien particulier à l&#039;époque, et qui trouvera de nombreuses oreilles attentives dans cette période encore troublée : le fascisme, pensé et promu par Benito Mussolini : La démocratie n&#039;est pas souhaitable : &amp;quot;&#039;&#039;Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État&#039;&#039;&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette doctrine trouvera un écho certain en Allemagne, alors que monte en puissance un autre homme, lui aussi mécontent de la situation géopolitique, et souhaitant donc également un changement radical : Adolf Hitler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée des nationalismes aura les conséquences qu&#039;on connaît, et méritent sûrement de longues heures de lecture. Les wikinautes sauront trouver les ressources associées, tant sociologiques, philosophiques, ou historiques sur Internet. Nous ne détaillerons pas plus ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le communisme en URSS ==&lt;br /&gt;
Cette période, on l&#039;a dit plus tôt, c&#039;est aussi la grande victoire des prolétaires russes, qui renversent le tsar et ont pour objectif d&#039;instaurer le communisme, qui est l&#039;idéologie largement dominante en leur sein. Il est difficile ici de n&#039;en parler que dans un court chapitre, mais il n&#039;est peut-être pas opportun ici d&#039;en faire un long paragraphe, et l&#039;on consacrera sûrement à l&#039;avenir des pages wiki dédiées au socialisme, au communisme et à la période associée (disons entre 1820 et 1991).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pour donner quelques marqueurs historiques intéressants aux wikinautes, rappelons que la pensée socialiste apparaît dès le début du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt;siècle, et l&#039;on place souvent aux alentours de 1820 son apparition dans le langage courant. Quelques décennies après les écrits célèbres de Proudhon&amp;lt;ref&amp;gt;Un socialiste libertaire (ou bourgeois selon Marx et Engels), Pierre-Joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon&amp;lt;/ref&amp;gt;, c&#039;est Karl Marx&amp;lt;ref&amp;gt;Marx : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx&amp;lt;/ref&amp;gt; et Friedrich Engels&amp;lt;ref&amp;gt;Engels : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Engels&amp;lt;/ref&amp;gt; qui posent les bases du communisme dans &amp;quot;&#039;&#039;Le Manifeste du Parti Communiste&#039;&#039;&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Une proposition du Manifeste du Parti Communiste : https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix&amp;lt;/ref&amp;gt;. La période est propice, le capitalisme modifiant largement l&#039;univers historique des populations, et le socialisme (qui revêt différentes formes, dont le communisme (lui aussi protéiforme)) faisant des émules en Europe comme en Russie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, la Grande Guerre est un tournant pour la Russie. Celle-ci, connaissant avant guerre une croissance fulgurante, se retrouve coupée de son commerce habituel, l&#039;Europe ne pouvant plus être son client. L&#039;économie du pays s&#039;écroule, et apparaissent les premières famines. Sur le terrain militaire, après la défaite des Russes face aux Japonais au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;ème&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, c&#039;est sur le flanc Ouest face aux forces de la Triple Alliance que les troupes essuient de nombreuses défaites. L&#039;ensemble de ces facteurs provoque un moment idéal pour les ouvriers pour se soulever contre leurs représentants étatiques, et la Révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II (lui-même peu aimé de sa population, ayant épousée une Allemande). L&#039;heure est à la liesse, mais les intérêts des révolutionnaires divergent. Cette période&amp;lt;ref&amp;gt;La Révolution russe : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe&amp;lt;/ref&amp;gt; est donc également très confuse, et voit s&#039;opposer les nostalgiques de la monarchie, les membres de la restauration, les représentants des différentes Assemblées Constituantes, chacune se revendiquant du pouvoir légitime, les bolcheviks, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, c&#039;est l&#039;&amp;quot;&#039;&#039;Armée Rouge&#039;&#039;&amp;quot; qui l&#039;emporte, et en Octobre 2017, les Bolcheviks et Lénine remportent le pouvoir. Lénine retire rapidement les troupes russes du conflit mondial. Les tensions n&#039;ont pas disparu pour autant, et tandis que s&#039;instaure un communisme étatique qui se cherche (le manifeste n&#039;explique pas ce qui se passe après la révolution prolétaire, le communisme s&#039;imposant &#039;&#039;de facto&#039;&#039;, ce qui n&#039;est pas le cas dans les faits en Russie). Jusqu&#039;en 1921, les conflits internes sont légion, mais Lénine et les bolcheviks gagnent une certaine stabilité en réalisant certains progrès sociaux (peu d&#039;interférence sur les petites propriétés fermières, libération des moeurs, ...) ou culturels, mais surtout en ayant bureaucratisé l&#039;ensemble des strates du pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voilà qu&#039;en 1924, Lénine meurt. Ayant pourtant averti de sa méfiance vis-à-vis d&#039;un de ses lieutenants, c&#039;est celui-ci, Joseph Staline, qui s&#039;empare du pouvoir, et qui l’assoira au cours des décennies suivantes au prix de nombreuses victimes qui lui seront opposées. Il n&#039;a pourtant que peu pris part aux Révolutions de 1917, mais il s&#039;assurera au cours de la quinzaine d&#039;années suivant son accession au pouvoir (les wikinautes curieux s&#039;intéresseront à la période de la Grande Terreur&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Terreur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges&amp;lt;/ref&amp;gt; de la seconde moitié des années 1930) de faire disparaître toutes les traces d&#039;un passé moins glorieux, par l&#039;intermédiaire de sa nomenklatura bureaucratique qui lui doit tout. La période est très difficile pour le peuple russe, pour les anciens révolutionnaires, pourtant communistes de la première heure, mais comme toute personne soupçonnée d&#039;un hypothétique manque de sympathie vis-à-vis du leader suprême. Et la famine fait rage, dans toute l&#039;Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même en Ukraine, pourtant le grenier du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pourrions en dire tellement plus, mais nous ne souhaitons pas trop faire basculer cette page dans sa dimension historique et rester avec notre prisme économique également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Et les USA dans tout ça ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pendant ce temps, en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Suite ==&lt;br /&gt;
Pour lire la suite, c&#039;est ici : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;(lien à modifier)&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Histoire de l&#039;Économie - V - ?????? - 1945-1966| Histoire de l&#039;Économie - partie 5]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Histoire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1261</id>
		<title>Blockchain et cryptomonnaie</title>
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		<updated>2026-10-01T07:19:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* PAGE EN COURS DE CONSTRUCTION */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== &#039;&#039;&#039;PAGE EN COURS DE CONSTRUCTION&#039;&#039;&#039; ==&lt;br /&gt;
Cette page est un mélange de définitions précises et de notions qui méritent d&#039;être creusées. Nous espèrons néanmoins qu&#039;elle apportera un éclairage intéressant aux interrogations des wikinautes curieux. Elle traitera de blockchains, de cryptographie, de monnaie, de cryptomonnaie, de bitcoin, d&#039;ethereum, ... Nul besoin d&#039;y connaître quoi que ce soit, tout est ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La blockchain ==&lt;br /&gt;
=== Une définition simple ===&lt;br /&gt;
 La blockchain (ou chaîne de blocs), késako ?&lt;br /&gt;
Une blockchain est une technologie de &#039;&#039;&#039;stockage de l&#039;information&#039;&#039;&#039;, comme une base de données, ou, pour prendre un exemple dans le monde physique, un gigantesque &#039;&#039;registre&#039;&#039;, dont une des particularités est qu&#039;elle est &#039;&#039;&#039;décentralisée&#039;&#039;&#039;. Cela signifie :&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est distribuée (il y en a plusieurs copies &amp;quot;un peu partout&amp;quot;; elle n&#039;est pas stockée en un endroit unique appartenant à une seule entité) ;&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est accessible à tous (les informations qui y sont stockées sont donc consultables publiquement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre particularité importante de la blockchain est que l&#039;information qui y est inscrite par les utilisateurs est stockée dans des blocs (il suffit juste de se les imaginer comme des regroupement de données) qui sont &#039;&#039;cryptographiquement&#039;&#039; liés entre eux - d&#039;où le terme de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; (c&#039;est ce qui garantit leur &#039;&#039;&#039;intégrité&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;intégrité cryptographique : c&#039;est la garantie qu&#039;une information n&#039;a pas été modifiée, voire détruite, intentionnellement ou non&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Intégrité des données : https://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9grit%C3%A9_(cryptographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, dernier point important : le système étant distribué (des copies conformes existant un peu partout), les utilisateurs doivent se mettre d&#039;accord sur un &#039;&#039;&#039;consensus&#039;&#039;&#039; pour synchroniser entre eux les informations inscrites (c&#039;est souvent sur cette partie que les différentes cryptomonnaies se distinguent).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apports ===&lt;br /&gt;
 Ok, mais en quoi la blockchain est-elle un concept intéressant : est-ce un phénomène de mode ou un réel apport technologique durable ?&lt;br /&gt;
Voyons déjà ce qu&#039;elle nous apporte :&lt;br /&gt;
* Une &#039;&#039;&#039;décentralisation&#039;&#039;&#039; des informations :&lt;br /&gt;
** Chaque acteur étant client et serveur de l&#039;information, il garantit la robustesse de l&#039;ensemble du modèle. Ainsi, la blockchain est répliquée (si un acteur la perd, il peut la récupérer à nouveau facilement auprès d&#039;un autre acteur). Un acteur unique ne peut pas la modifier seul, les autres copies faisant foi ;&lt;br /&gt;
** Il n&#039;y a pas une autorité unique qui contrôlerait l&#039;ensemble de la blockchain et qui pourrait la modifier à l&#039;envi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Immutabilité&#039;&#039;&#039; : Nous l&#039;expliquerons plus précisément, mais retenons à ce stade que lorsqu&#039;une action est réalisée, elle est inscrite et l&#039;on ne peut pas l&#039;effacer. Une erreur ne peut donc être corrigée que par une nouvelle action correctrice, on ne peut pas supprimer la première action. De même lorsque je fais un virement d&#039;un compte vers un autre, une fois mon opération validée, je ne peux pas la supprimer. Je dois demander au compte tiers de me faire le virement inverse si je souhaite revenir à la situation précédente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sécurité&#039;&#039;&#039; : Le fonctionnement général de la blockchain repose sur une mécanique de &#039;&#039;&#039;chiffrement à clé asymétrique&#039;&#039;&#039;. A ce stade, il n&#039;est pas utile de rentrer dans des détails techniques, mais retenons ceci :&lt;br /&gt;
** Chaque utilisateur a une clé publique, connue de tous, et qui permet de l&#039;identifier ;&lt;br /&gt;
** Et une clé privée, qu&#039;il est seul à connaître, qu&#039;il garde précieusement, au secret. Connaître la clé publique ne permet pas de deviner le contenu de la clé privée.&lt;br /&gt;
Cette mécanique bien connue du monde de l&#039;Internet et de l&#039;informatique en général est réputée très robuste. Dans notre cas, elle permet d&#039;assurer l&#039;&#039;&#039;&#039;authentification&#039;&#039;&#039; des utilisateurs et la &#039;&#039;&#039;non-répudiation&#039;&#039;&#039; (c&#039;est à dire qu&#039;un utilisateur ne peut pas nier avoir réalisé une opération, s&#039;il l&#039;a vraiment réalisée). Tout ceci est un vocabulaire peut-être nouveau pour vous, dont il faut retenir qu&#039;il appartient au monde de la &#039;&#039;&#039;cryptographie&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Hypothèses et prérequis ===&lt;br /&gt;
 Pour que l&#039;ensemble d&#039;une blockchain fonctionne, il faut un certain nombre de prérequis :&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;authenticité&#039;&#039; des échanges (on l&#039;a vu précédemment, il faut un mécanisme de chiffrement robuste qui le permette, garantissant authentification, non-répudiation et intégrité) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;unité des copies des blockchains (ces copies sont stockées sur ce que l&#039;on appelle des &#039;&#039;&#039;nœuds&#039;&#039;&#039;). On parle d&#039;&#039;&#039;unité des nœuds&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;unité dans le consensus&#039;&#039; adopté (évoqué précédemment, c&#039;est à dire être d&#039;accord sur la façon dont les nœuds se synchronisent, c&#039;est à dire comment une modification dans une blockchain est acceptée ou non, et si elle est acceptée, est recopiée sur chacun des nœuds) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;tolérance aux pannes&#039;&#039; (sont incluses ici les actions caduques ou malveillantes de certains utilisateurs qui souhaiteraient essayer de modifier frauduleusement la blockchain)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusion ===&lt;br /&gt;
Peut-être que jusqu&#039;ici, tout ceci ne vous paraît pas très concret. Et quel rapport avec de la monnaie ? N&#039;ayez crainte, nous y venons. Essayons juste de nous familiariser avec les quelques concepts évoqués, et gardons les quelques éléments de vocabulaire dans un coin de notre cerveau. Il est temps de parler de monnaie...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La monnaie (quelques notions) ==&lt;br /&gt;
Digressons un instant pour mieux faire le lien entre la blockchain et la cryptomonnaie. Pour ce faire, partons de la monnaie pour arriver au &#039;&#039;bitcoin&#039;&#039;, qui est la cryptomonnaie la plus connue, et la première qui ait su s&#039;imposer dans la société...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on se limite à la définition d&#039;Aristote, la monnaie est :&lt;br /&gt;
* Une unité de compte ;&lt;br /&gt;
* Une réserve de valeur ;&lt;br /&gt;
* Un intermédiaire des échanges.&lt;br /&gt;
Elle a également une valeur sociale mais nous ne rentrerons pas dans ces détails ici. Facile, jusqu&#039;ici, non ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Types traditionnels de monnaie ===&lt;br /&gt;
Quand on parle de monnaie, on doit évoquer les différents types de données :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;denrées rares&#039;&#039;&#039; (figure classique qui vient en tête facilement), ce qui en fait sa valeur est sa valeur intrinsèque (l&#039;or, les métaux précieux, les peaux de bête, les épices, ...) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie représentative&#039;&#039;&#039; (l&#039;évolution des denrées rares), qui a l&#039;avantage d&#039;être plus facilement transportable, mais qui est soutenu par une denrée rare (exemple : les certificats d&#039;or ou d&#039;argent représentant le dollar avant les années 70). A tout moment, il est théoriquement possible de transformer cette monnaie représentative en denrée rare, ce qui donne confiance dans la monnaie représentative ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie fiduciaire&#039;&#039;&#039;, qui n&#039;est soutenue par aucune denrée rare. Elle a de la valeur parce que nous faisons confiance dans celui qui la produit (dans le cas général et très simplifié, un gouvernement) et nous lui faisons tous, communément, confiance ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur point commun, au-delà de la nécessité de l&#039;acceptation commune qu&#039;elles ont de la valeur (en particulier les monnaies représentative et fiduciaire) est la difficulté de &amp;quot;tricher&amp;quot;, et donc d&#039;en faire des faux (ce n&#039;est pas forcément impossible, mais ce n&#039;est pas à la portée de n&#039;importe qui, et demande notamment du temps à produire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu&#039;au sens sociologique du terme, la monnaie est bien plus que cela, dans sa dimension de valeur sociale particulièrement. D&#039;un point de vue économique également, des théories tout à fait pertinentes considèrent la monnaie comme non-neutre, ce qui lui donne également une valeur politique. Parler de monnaie sans parler de ces dimensions peut donc être un non-sens à bien des égards, mais nous laisserons ce débat pour un autre jour pour se concentrer sur le propos spécifique de la page.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres types de monnaie ===&lt;br /&gt;
Nous voyons une certaine évolution historique du concept de monnaie, celle-ci se dématérialisant de plus en plus, et finalement, reposant de plus en plus sur une notion de confiance plus que sur un socle de denrée rare (c&#039;est d&#039;ailleurs peut-être l&#039;évolution de la science économique qui appréhende mieux ce qu&#039;est la monnaie qui apporte cet éclairage). Ainsi, d&#039;autres types de monnaies ont vu le jour, en particulier via le monde du jeu vidéo, et ont clairement pu avoir autant de valeur que la monnaie fiduciaire (par exemple, l&#039;or dans le jeu vidéo &amp;quot;&#039;&#039;World of Warcraft&#039;&#039;&amp;quot; a pu s&#039;échanger contre des dollars US sur certaines plateformes) :&lt;br /&gt;
* Ajoutons donc la notion de &#039;&#039;&#039;monnaie numérique&#039;&#039;&#039;, qui ressemble à la monnaie dématérialisée qui se cache derrière la monnaie fiduciaire, mais qui n&#039;est pas forcément créée ou gérée par un gouvernement .&lt;br /&gt;
** Mais cette monnaie, là encore, nécessite d&#039;avoir une autorité centrale, qui produit la monnaie numérique, et gère les transactions associées (dans notre exemple de &amp;quot;Word of Warcraft&amp;quot;, c&#039;est l&#039;éditeur de jeu qui détermine la quantité de pièces d&#039;or qui existe ou qu&#039;elle distribue éventuellement aux joueurs).&lt;br /&gt;
* C&#039;est ainsi que nous arrivons aux cryptomonnaies :&lt;br /&gt;
** Elles correspondent à un besoin d&#039;éviter les travers d&#039;une autorité centrale qui déciderait seule de produire ou non de la monnaie, de la distribuer comme elle le souhaite, voire qui reviendrait sur des transactions passées pour les modifier ;&lt;br /&gt;
** Elles en perdent en revanche de facto leur facteur de cohésion sociale et liée à l&#039;autorité centrale habituelle qu&#039;est l’État ;&lt;br /&gt;
** Et nous le dirons encore une fois, elles n&#039;obéissent pas aux critères de &amp;quot;monnaie&amp;quot; stricto sensu, telles que définies dans des théories économiques plus complexes (par exemple selon la théorie moderne de la monnaie pour ne prendre que cet exemple).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les cryptomonnaies ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cryptomonnaies portent ce nom car :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;-monnaie&#039;&#039;&#039; : Elles correspondent, peu ou prou, à de la monnaie, dans le sens qu&#039;elles représentent une notion de valeur, et peuvent servir de moyen d&#039;échange (contre des marchandises, voire d&#039;autres cryptomonnaies) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;crypto-&#039;&#039;&#039; : Elles reposent sur des mécanismes &#039;&#039;cryptographiques&#039;&#039; et en particulier sur le concept de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; dont nous avons parlé précédemment, qui permet notamment:&lt;br /&gt;
** de s&#039;assurer que la monnaie n&#039;est pas gérée par un organisme unique ;&lt;br /&gt;
** d&#039;apporter la sécurité des opérations réalisées en en prouvant l&#039;intégrité (la véracité des transactions) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;les&#039;&#039;&#039; cryptomonnaie&#039;&#039;&#039;s&#039;&#039;&#039; : Il n&#039;existe pas qu&#039;une seule cryptomonnaie, mais plusieurs milliers. Elles se distinguent sur plusieurs critères, qui correspondent à un effet de mode, des volontés diverses, une différence dans les algorithmes cryptographiques utilisés, ou encore dans le consensus de mise à jour des &amp;quot;copies de blockchain&amp;quot; sur l&#039;ensemble des points de distribution/consultation de la blockchain de la cryptomonnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le bitcoin ==&lt;br /&gt;
Le bitcoin&amp;lt;ref&amp;gt;Le bitcoin, une page incontournable : https://bitcoin.org/fr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, bien qu&#039;ayant été la première cryptomonnaie reconnue comme telle par la majorité, n&#039;est pas la première tentative à mettre en place une monnaie aux transactions décentralisées (c&#039;est à dire dont l&#039;historique est partagé par tous, ce qui en rend le système robuste du point de vue de l&#039;intégrité des transactions). Néanmoins, il est devenu ce qu&#039;il est aujourd&#039;hui :&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est décentralisé (et évite donc la centralisation sur une seule autorité, quand bien même elle serait de confiance, de l&#039;historique des transactions, leur gestion, et la quantité de monnaie produite) ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il repose sur une notion de &amp;quot;preuve de travail&amp;quot; sur laquelle nous reviendrons ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est extrêmement bien documenté, après les essais des premières cryptomonnaies ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est arrivé au bon moment historique pour son acceptation généralisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Notion]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1260</id>
		<title>Blockchain et cryptomonnaie</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1260"/>
		<updated>2026-10-01T07:19:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* PAGE NON FINIE */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== PAGE EN COURS DE CONSTRUCTION ==&lt;br /&gt;
Cette page est un mélange de définitions précises et de notions qui méritent d&#039;être creusées. Nous espèrons néanmoins qu&#039;elle apportera un éclairage intéressant aux interrogations des wikinautes curieux. Elle traitera de blockchains, de cryptographie, de monnaie, de cryptomonnaie, de bitcoin, d&#039;ethereum, ... Nul besoin d&#039;y connaître quoi que ce soit, tout est ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La blockchain ==&lt;br /&gt;
=== Une définition simple ===&lt;br /&gt;
 La blockchain (ou chaîne de blocs), késako ?&lt;br /&gt;
Une blockchain est une technologie de &#039;&#039;&#039;stockage de l&#039;information&#039;&#039;&#039;, comme une base de données, ou, pour prendre un exemple dans le monde physique, un gigantesque &#039;&#039;registre&#039;&#039;, dont une des particularités est qu&#039;elle est &#039;&#039;&#039;décentralisée&#039;&#039;&#039;. Cela signifie :&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est distribuée (il y en a plusieurs copies &amp;quot;un peu partout&amp;quot;; elle n&#039;est pas stockée en un endroit unique appartenant à une seule entité) ;&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est accessible à tous (les informations qui y sont stockées sont donc consultables publiquement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre particularité importante de la blockchain est que l&#039;information qui y est inscrite par les utilisateurs est stockée dans des blocs (il suffit juste de se les imaginer comme des regroupement de données) qui sont &#039;&#039;cryptographiquement&#039;&#039; liés entre eux - d&#039;où le terme de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; (c&#039;est ce qui garantit leur &#039;&#039;&#039;intégrité&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;intégrité cryptographique : c&#039;est la garantie qu&#039;une information n&#039;a pas été modifiée, voire détruite, intentionnellement ou non&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Intégrité des données : https://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9grit%C3%A9_(cryptographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, dernier point important : le système étant distribué (des copies conformes existant un peu partout), les utilisateurs doivent se mettre d&#039;accord sur un &#039;&#039;&#039;consensus&#039;&#039;&#039; pour synchroniser entre eux les informations inscrites (c&#039;est souvent sur cette partie que les différentes cryptomonnaies se distinguent).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apports ===&lt;br /&gt;
 Ok, mais en quoi la blockchain est-elle un concept intéressant : est-ce un phénomène de mode ou un réel apport technologique durable ?&lt;br /&gt;
Voyons déjà ce qu&#039;elle nous apporte :&lt;br /&gt;
* Une &#039;&#039;&#039;décentralisation&#039;&#039;&#039; des informations :&lt;br /&gt;
** Chaque acteur étant client et serveur de l&#039;information, il garantit la robustesse de l&#039;ensemble du modèle. Ainsi, la blockchain est répliquée (si un acteur la perd, il peut la récupérer à nouveau facilement auprès d&#039;un autre acteur). Un acteur unique ne peut pas la modifier seul, les autres copies faisant foi ;&lt;br /&gt;
** Il n&#039;y a pas une autorité unique qui contrôlerait l&#039;ensemble de la blockchain et qui pourrait la modifier à l&#039;envi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Immutabilité&#039;&#039;&#039; : Nous l&#039;expliquerons plus précisément, mais retenons à ce stade que lorsqu&#039;une action est réalisée, elle est inscrite et l&#039;on ne peut pas l&#039;effacer. Une erreur ne peut donc être corrigée que par une nouvelle action correctrice, on ne peut pas supprimer la première action. De même lorsque je fais un virement d&#039;un compte vers un autre, une fois mon opération validée, je ne peux pas la supprimer. Je dois demander au compte tiers de me faire le virement inverse si je souhaite revenir à la situation précédente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sécurité&#039;&#039;&#039; : Le fonctionnement général de la blockchain repose sur une mécanique de &#039;&#039;&#039;chiffrement à clé asymétrique&#039;&#039;&#039;. A ce stade, il n&#039;est pas utile de rentrer dans des détails techniques, mais retenons ceci :&lt;br /&gt;
** Chaque utilisateur a une clé publique, connue de tous, et qui permet de l&#039;identifier ;&lt;br /&gt;
** Et une clé privée, qu&#039;il est seul à connaître, qu&#039;il garde précieusement, au secret. Connaître la clé publique ne permet pas de deviner le contenu de la clé privée.&lt;br /&gt;
Cette mécanique bien connue du monde de l&#039;Internet et de l&#039;informatique en général est réputée très robuste. Dans notre cas, elle permet d&#039;assurer l&#039;&#039;&#039;&#039;authentification&#039;&#039;&#039; des utilisateurs et la &#039;&#039;&#039;non-répudiation&#039;&#039;&#039; (c&#039;est à dire qu&#039;un utilisateur ne peut pas nier avoir réalisé une opération, s&#039;il l&#039;a vraiment réalisée). Tout ceci est un vocabulaire peut-être nouveau pour vous, dont il faut retenir qu&#039;il appartient au monde de la &#039;&#039;&#039;cryptographie&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Hypothèses et prérequis ===&lt;br /&gt;
 Pour que l&#039;ensemble d&#039;une blockchain fonctionne, il faut un certain nombre de prérequis :&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;authenticité&#039;&#039; des échanges (on l&#039;a vu précédemment, il faut un mécanisme de chiffrement robuste qui le permette, garantissant authentification, non-répudiation et intégrité) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;unité des copies des blockchains (ces copies sont stockées sur ce que l&#039;on appelle des &#039;&#039;&#039;nœuds&#039;&#039;&#039;). On parle d&#039;&#039;&#039;unité des nœuds&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;unité dans le consensus&#039;&#039; adopté (évoqué précédemment, c&#039;est à dire être d&#039;accord sur la façon dont les nœuds se synchronisent, c&#039;est à dire comment une modification dans une blockchain est acceptée ou non, et si elle est acceptée, est recopiée sur chacun des nœuds) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;tolérance aux pannes&#039;&#039; (sont incluses ici les actions caduques ou malveillantes de certains utilisateurs qui souhaiteraient essayer de modifier frauduleusement la blockchain)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusion ===&lt;br /&gt;
Peut-être que jusqu&#039;ici, tout ceci ne vous paraît pas très concret. Et quel rapport avec de la monnaie ? N&#039;ayez crainte, nous y venons. Essayons juste de nous familiariser avec les quelques concepts évoqués, et gardons les quelques éléments de vocabulaire dans un coin de notre cerveau. Il est temps de parler de monnaie...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La monnaie (quelques notions) ==&lt;br /&gt;
Digressons un instant pour mieux faire le lien entre la blockchain et la cryptomonnaie. Pour ce faire, partons de la monnaie pour arriver au &#039;&#039;bitcoin&#039;&#039;, qui est la cryptomonnaie la plus connue, et la première qui ait su s&#039;imposer dans la société...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on se limite à la définition d&#039;Aristote, la monnaie est :&lt;br /&gt;
* Une unité de compte ;&lt;br /&gt;
* Une réserve de valeur ;&lt;br /&gt;
* Un intermédiaire des échanges.&lt;br /&gt;
Elle a également une valeur sociale mais nous ne rentrerons pas dans ces détails ici. Facile, jusqu&#039;ici, non ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Types traditionnels de monnaie ===&lt;br /&gt;
Quand on parle de monnaie, on doit évoquer les différents types de données :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;denrées rares&#039;&#039;&#039; (figure classique qui vient en tête facilement), ce qui en fait sa valeur est sa valeur intrinsèque (l&#039;or, les métaux précieux, les peaux de bête, les épices, ...) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie représentative&#039;&#039;&#039; (l&#039;évolution des denrées rares), qui a l&#039;avantage d&#039;être plus facilement transportable, mais qui est soutenu par une denrée rare (exemple : les certificats d&#039;or ou d&#039;argent représentant le dollar avant les années 70). A tout moment, il est théoriquement possible de transformer cette monnaie représentative en denrée rare, ce qui donne confiance dans la monnaie représentative ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie fiduciaire&#039;&#039;&#039;, qui n&#039;est soutenue par aucune denrée rare. Elle a de la valeur parce que nous faisons confiance dans celui qui la produit (dans le cas général et très simplifié, un gouvernement) et nous lui faisons tous, communément, confiance ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur point commun, au-delà de la nécessité de l&#039;acceptation commune qu&#039;elles ont de la valeur (en particulier les monnaies représentative et fiduciaire) est la difficulté de &amp;quot;tricher&amp;quot;, et donc d&#039;en faire des faux (ce n&#039;est pas forcément impossible, mais ce n&#039;est pas à la portée de n&#039;importe qui, et demande notamment du temps à produire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu&#039;au sens sociologique du terme, la monnaie est bien plus que cela, dans sa dimension de valeur sociale particulièrement. D&#039;un point de vue économique également, des théories tout à fait pertinentes considèrent la monnaie comme non-neutre, ce qui lui donne également une valeur politique. Parler de monnaie sans parler de ces dimensions peut donc être un non-sens à bien des égards, mais nous laisserons ce débat pour un autre jour pour se concentrer sur le propos spécifique de la page.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres types de monnaie ===&lt;br /&gt;
Nous voyons une certaine évolution historique du concept de monnaie, celle-ci se dématérialisant de plus en plus, et finalement, reposant de plus en plus sur une notion de confiance plus que sur un socle de denrée rare (c&#039;est d&#039;ailleurs peut-être l&#039;évolution de la science économique qui appréhende mieux ce qu&#039;est la monnaie qui apporte cet éclairage). Ainsi, d&#039;autres types de monnaies ont vu le jour, en particulier via le monde du jeu vidéo, et ont clairement pu avoir autant de valeur que la monnaie fiduciaire (par exemple, l&#039;or dans le jeu vidéo &amp;quot;&#039;&#039;World of Warcraft&#039;&#039;&amp;quot; a pu s&#039;échanger contre des dollars US sur certaines plateformes) :&lt;br /&gt;
* Ajoutons donc la notion de &#039;&#039;&#039;monnaie numérique&#039;&#039;&#039;, qui ressemble à la monnaie dématérialisée qui se cache derrière la monnaie fiduciaire, mais qui n&#039;est pas forcément créée ou gérée par un gouvernement .&lt;br /&gt;
** Mais cette monnaie, là encore, nécessite d&#039;avoir une autorité centrale, qui produit la monnaie numérique, et gère les transactions associées (dans notre exemple de &amp;quot;Word of Warcraft&amp;quot;, c&#039;est l&#039;éditeur de jeu qui détermine la quantité de pièces d&#039;or qui existe ou qu&#039;elle distribue éventuellement aux joueurs).&lt;br /&gt;
* C&#039;est ainsi que nous arrivons aux cryptomonnaies :&lt;br /&gt;
** Elles correspondent à un besoin d&#039;éviter les travers d&#039;une autorité centrale qui déciderait seule de produire ou non de la monnaie, de la distribuer comme elle le souhaite, voire qui reviendrait sur des transactions passées pour les modifier ;&lt;br /&gt;
** Elles en perdent en revanche de facto leur facteur de cohésion sociale et liée à l&#039;autorité centrale habituelle qu&#039;est l’État ;&lt;br /&gt;
** Et nous le dirons encore une fois, elles n&#039;obéissent pas aux critères de &amp;quot;monnaie&amp;quot; stricto sensu, telles que définies dans des théories économiques plus complexes (par exemple selon la théorie moderne de la monnaie pour ne prendre que cet exemple).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les cryptomonnaies ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cryptomonnaies portent ce nom car :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;-monnaie&#039;&#039;&#039; : Elles correspondent, peu ou prou, à de la monnaie, dans le sens qu&#039;elles représentent une notion de valeur, et peuvent servir de moyen d&#039;échange (contre des marchandises, voire d&#039;autres cryptomonnaies) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;crypto-&#039;&#039;&#039; : Elles reposent sur des mécanismes &#039;&#039;cryptographiques&#039;&#039; et en particulier sur le concept de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; dont nous avons parlé précédemment, qui permet notamment:&lt;br /&gt;
** de s&#039;assurer que la monnaie n&#039;est pas gérée par un organisme unique ;&lt;br /&gt;
** d&#039;apporter la sécurité des opérations réalisées en en prouvant l&#039;intégrité (la véracité des transactions) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;les&#039;&#039;&#039; cryptomonnaie&#039;&#039;&#039;s&#039;&#039;&#039; : Il n&#039;existe pas qu&#039;une seule cryptomonnaie, mais plusieurs milliers. Elles se distinguent sur plusieurs critères, qui correspondent à un effet de mode, des volontés diverses, une différence dans les algorithmes cryptographiques utilisés, ou encore dans le consensus de mise à jour des &amp;quot;copies de blockchain&amp;quot; sur l&#039;ensemble des points de distribution/consultation de la blockchain de la cryptomonnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le bitcoin ==&lt;br /&gt;
Le bitcoin&amp;lt;ref&amp;gt;Le bitcoin, une page incontournable : https://bitcoin.org/fr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, bien qu&#039;ayant été la première cryptomonnaie reconnue comme telle par la majorité, n&#039;est pas la première tentative à mettre en place une monnaie aux transactions décentralisées (c&#039;est à dire dont l&#039;historique est partagé par tous, ce qui en rend le système robuste du point de vue de l&#039;intégrité des transactions). Néanmoins, il est devenu ce qu&#039;il est aujourd&#039;hui :&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est décentralisé (et évite donc la centralisation sur une seule autorité, quand bien même elle serait de confiance, de l&#039;historique des transactions, leur gestion, et la quantité de monnaie produite) ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il repose sur une notion de &amp;quot;preuve de travail&amp;quot; sur laquelle nous reviendrons ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est extrêmement bien documenté, après les essais des premières cryptomonnaies ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est arrivé au bon moment historique pour son acceptation généralisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Notion]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
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		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1259</id>
		<title>Blockchain et cryptomonnaie</title>
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		<updated>2026-10-01T07:18:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Les cryptomonnaies */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== PAGE NON FINIE ==&lt;br /&gt;
Cette page est un mélange de définitions précises et de notions qui méritent d&#039;être creusées. Nous espèrons néanmoins qu&#039;elle apportera un éclairage intéressant aux interrogations des wikinautes curieux. Elle traitera de blockchains, de cryptographie, de monnaie, de cryptomonnaie, de bitcoin, d&#039;ethereum, ... Nul besoin d&#039;y connaître quoi que ce soit, tout est ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La blockchain ==&lt;br /&gt;
=== Une définition simple ===&lt;br /&gt;
 La blockchain (ou chaîne de blocs), késako ?&lt;br /&gt;
Une blockchain est une technologie de &#039;&#039;&#039;stockage de l&#039;information&#039;&#039;&#039;, comme une base de données, ou, pour prendre un exemple dans le monde physique, un gigantesque &#039;&#039;registre&#039;&#039;, dont une des particularités est qu&#039;elle est &#039;&#039;&#039;décentralisée&#039;&#039;&#039;. Cela signifie :&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est distribuée (il y en a plusieurs copies &amp;quot;un peu partout&amp;quot;; elle n&#039;est pas stockée en un endroit unique appartenant à une seule entité) ;&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est accessible à tous (les informations qui y sont stockées sont donc consultables publiquement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre particularité importante de la blockchain est que l&#039;information qui y est inscrite par les utilisateurs est stockée dans des blocs (il suffit juste de se les imaginer comme des regroupement de données) qui sont &#039;&#039;cryptographiquement&#039;&#039; liés entre eux - d&#039;où le terme de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; (c&#039;est ce qui garantit leur &#039;&#039;&#039;intégrité&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;intégrité cryptographique : c&#039;est la garantie qu&#039;une information n&#039;a pas été modifiée, voire détruite, intentionnellement ou non&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Intégrité des données : https://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9grit%C3%A9_(cryptographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, dernier point important : le système étant distribué (des copies conformes existant un peu partout), les utilisateurs doivent se mettre d&#039;accord sur un &#039;&#039;&#039;consensus&#039;&#039;&#039; pour synchroniser entre eux les informations inscrites (c&#039;est souvent sur cette partie que les différentes cryptomonnaies se distinguent).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apports ===&lt;br /&gt;
 Ok, mais en quoi la blockchain est-elle un concept intéressant : est-ce un phénomène de mode ou un réel apport technologique durable ?&lt;br /&gt;
Voyons déjà ce qu&#039;elle nous apporte :&lt;br /&gt;
* Une &#039;&#039;&#039;décentralisation&#039;&#039;&#039; des informations :&lt;br /&gt;
** Chaque acteur étant client et serveur de l&#039;information, il garantit la robustesse de l&#039;ensemble du modèle. Ainsi, la blockchain est répliquée (si un acteur la perd, il peut la récupérer à nouveau facilement auprès d&#039;un autre acteur). Un acteur unique ne peut pas la modifier seul, les autres copies faisant foi ;&lt;br /&gt;
** Il n&#039;y a pas une autorité unique qui contrôlerait l&#039;ensemble de la blockchain et qui pourrait la modifier à l&#039;envi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Immutabilité&#039;&#039;&#039; : Nous l&#039;expliquerons plus précisément, mais retenons à ce stade que lorsqu&#039;une action est réalisée, elle est inscrite et l&#039;on ne peut pas l&#039;effacer. Une erreur ne peut donc être corrigée que par une nouvelle action correctrice, on ne peut pas supprimer la première action. De même lorsque je fais un virement d&#039;un compte vers un autre, une fois mon opération validée, je ne peux pas la supprimer. Je dois demander au compte tiers de me faire le virement inverse si je souhaite revenir à la situation précédente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sécurité&#039;&#039;&#039; : Le fonctionnement général de la blockchain repose sur une mécanique de &#039;&#039;&#039;chiffrement à clé asymétrique&#039;&#039;&#039;. A ce stade, il n&#039;est pas utile de rentrer dans des détails techniques, mais retenons ceci :&lt;br /&gt;
** Chaque utilisateur a une clé publique, connue de tous, et qui permet de l&#039;identifier ;&lt;br /&gt;
** Et une clé privée, qu&#039;il est seul à connaître, qu&#039;il garde précieusement, au secret. Connaître la clé publique ne permet pas de deviner le contenu de la clé privée.&lt;br /&gt;
Cette mécanique bien connue du monde de l&#039;Internet et de l&#039;informatique en général est réputée très robuste. Dans notre cas, elle permet d&#039;assurer l&#039;&#039;&#039;&#039;authentification&#039;&#039;&#039; des utilisateurs et la &#039;&#039;&#039;non-répudiation&#039;&#039;&#039; (c&#039;est à dire qu&#039;un utilisateur ne peut pas nier avoir réalisé une opération, s&#039;il l&#039;a vraiment réalisée). Tout ceci est un vocabulaire peut-être nouveau pour vous, dont il faut retenir qu&#039;il appartient au monde de la &#039;&#039;&#039;cryptographie&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Hypothèses et prérequis ===&lt;br /&gt;
 Pour que l&#039;ensemble d&#039;une blockchain fonctionne, il faut un certain nombre de prérequis :&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;authenticité&#039;&#039; des échanges (on l&#039;a vu précédemment, il faut un mécanisme de chiffrement robuste qui le permette, garantissant authentification, non-répudiation et intégrité) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;unité des copies des blockchains (ces copies sont stockées sur ce que l&#039;on appelle des &#039;&#039;&#039;nœuds&#039;&#039;&#039;). On parle d&#039;&#039;&#039;unité des nœuds&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;unité dans le consensus&#039;&#039; adopté (évoqué précédemment, c&#039;est à dire être d&#039;accord sur la façon dont les nœuds se synchronisent, c&#039;est à dire comment une modification dans une blockchain est acceptée ou non, et si elle est acceptée, est recopiée sur chacun des nœuds) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;tolérance aux pannes&#039;&#039; (sont incluses ici les actions caduques ou malveillantes de certains utilisateurs qui souhaiteraient essayer de modifier frauduleusement la blockchain)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusion ===&lt;br /&gt;
Peut-être que jusqu&#039;ici, tout ceci ne vous paraît pas très concret. Et quel rapport avec de la monnaie ? N&#039;ayez crainte, nous y venons. Essayons juste de nous familiariser avec les quelques concepts évoqués, et gardons les quelques éléments de vocabulaire dans un coin de notre cerveau. Il est temps de parler de monnaie...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La monnaie (quelques notions) ==&lt;br /&gt;
Digressons un instant pour mieux faire le lien entre la blockchain et la cryptomonnaie. Pour ce faire, partons de la monnaie pour arriver au &#039;&#039;bitcoin&#039;&#039;, qui est la cryptomonnaie la plus connue, et la première qui ait su s&#039;imposer dans la société...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on se limite à la définition d&#039;Aristote, la monnaie est :&lt;br /&gt;
* Une unité de compte ;&lt;br /&gt;
* Une réserve de valeur ;&lt;br /&gt;
* Un intermédiaire des échanges.&lt;br /&gt;
Elle a également une valeur sociale mais nous ne rentrerons pas dans ces détails ici. Facile, jusqu&#039;ici, non ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Types traditionnels de monnaie ===&lt;br /&gt;
Quand on parle de monnaie, on doit évoquer les différents types de données :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;denrées rares&#039;&#039;&#039; (figure classique qui vient en tête facilement), ce qui en fait sa valeur est sa valeur intrinsèque (l&#039;or, les métaux précieux, les peaux de bête, les épices, ...) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie représentative&#039;&#039;&#039; (l&#039;évolution des denrées rares), qui a l&#039;avantage d&#039;être plus facilement transportable, mais qui est soutenu par une denrée rare (exemple : les certificats d&#039;or ou d&#039;argent représentant le dollar avant les années 70). A tout moment, il est théoriquement possible de transformer cette monnaie représentative en denrée rare, ce qui donne confiance dans la monnaie représentative ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie fiduciaire&#039;&#039;&#039;, qui n&#039;est soutenue par aucune denrée rare. Elle a de la valeur parce que nous faisons confiance dans celui qui la produit (dans le cas général et très simplifié, un gouvernement) et nous lui faisons tous, communément, confiance ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur point commun, au-delà de la nécessité de l&#039;acceptation commune qu&#039;elles ont de la valeur (en particulier les monnaies représentative et fiduciaire) est la difficulté de &amp;quot;tricher&amp;quot;, et donc d&#039;en faire des faux (ce n&#039;est pas forcément impossible, mais ce n&#039;est pas à la portée de n&#039;importe qui, et demande notamment du temps à produire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu&#039;au sens sociologique du terme, la monnaie est bien plus que cela, dans sa dimension de valeur sociale particulièrement. D&#039;un point de vue économique également, des théories tout à fait pertinentes considèrent la monnaie comme non-neutre, ce qui lui donne également une valeur politique. Parler de monnaie sans parler de ces dimensions peut donc être un non-sens à bien des égards, mais nous laisserons ce débat pour un autre jour pour se concentrer sur le propos spécifique de la page.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres types de monnaie ===&lt;br /&gt;
Nous voyons une certaine évolution historique du concept de monnaie, celle-ci se dématérialisant de plus en plus, et finalement, reposant de plus en plus sur une notion de confiance plus que sur un socle de denrée rare (c&#039;est d&#039;ailleurs peut-être l&#039;évolution de la science économique qui appréhende mieux ce qu&#039;est la monnaie qui apporte cet éclairage). Ainsi, d&#039;autres types de monnaies ont vu le jour, en particulier via le monde du jeu vidéo, et ont clairement pu avoir autant de valeur que la monnaie fiduciaire (par exemple, l&#039;or dans le jeu vidéo &amp;quot;&#039;&#039;World of Warcraft&#039;&#039;&amp;quot; a pu s&#039;échanger contre des dollars US sur certaines plateformes) :&lt;br /&gt;
* Ajoutons donc la notion de &#039;&#039;&#039;monnaie numérique&#039;&#039;&#039;, qui ressemble à la monnaie dématérialisée qui se cache derrière la monnaie fiduciaire, mais qui n&#039;est pas forcément créée ou gérée par un gouvernement .&lt;br /&gt;
** Mais cette monnaie, là encore, nécessite d&#039;avoir une autorité centrale, qui produit la monnaie numérique, et gère les transactions associées (dans notre exemple de &amp;quot;Word of Warcraft&amp;quot;, c&#039;est l&#039;éditeur de jeu qui détermine la quantité de pièces d&#039;or qui existe ou qu&#039;elle distribue éventuellement aux joueurs).&lt;br /&gt;
* C&#039;est ainsi que nous arrivons aux cryptomonnaies :&lt;br /&gt;
** Elles correspondent à un besoin d&#039;éviter les travers d&#039;une autorité centrale qui déciderait seule de produire ou non de la monnaie, de la distribuer comme elle le souhaite, voire qui reviendrait sur des transactions passées pour les modifier ;&lt;br /&gt;
** Elles en perdent en revanche de facto leur facteur de cohésion sociale et liée à l&#039;autorité centrale habituelle qu&#039;est l’État ;&lt;br /&gt;
** Et nous le dirons encore une fois, elles n&#039;obéissent pas aux critères de &amp;quot;monnaie&amp;quot; stricto sensu, telles que définies dans des théories économiques plus complexes (par exemple selon la théorie moderne de la monnaie pour ne prendre que cet exemple).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les cryptomonnaies ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cryptomonnaies portent ce nom car :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;-monnaie&#039;&#039;&#039; : Elles correspondent, peu ou prou, à de la monnaie, dans le sens qu&#039;elles représentent une notion de valeur, et peuvent servir de moyen d&#039;échange (contre des marchandises, voire d&#039;autres cryptomonnaies) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;crypto-&#039;&#039;&#039; : Elles reposent sur des mécanismes &#039;&#039;cryptographiques&#039;&#039; et en particulier sur le concept de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; dont nous avons parlé précédemment, qui permet notamment:&lt;br /&gt;
** de s&#039;assurer que la monnaie n&#039;est pas gérée par un organisme unique ;&lt;br /&gt;
** d&#039;apporter la sécurité des opérations réalisées en en prouvant l&#039;intégrité (la véracité des transactions) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;les&#039;&#039;&#039; cryptomonnaie&#039;&#039;&#039;s&#039;&#039;&#039; : Il n&#039;existe pas qu&#039;une seule cryptomonnaie, mais plusieurs milliers. Elles se distinguent sur plusieurs critères, qui correspondent à un effet de mode, des volontés diverses, une différence dans les algorithmes cryptographiques utilisés, ou encore dans le consensus de mise à jour des &amp;quot;copies de blockchain&amp;quot; sur l&#039;ensemble des points de distribution/consultation de la blockchain de la cryptomonnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le bitcoin ==&lt;br /&gt;
Le bitcoin&amp;lt;ref&amp;gt;Le bitcoin, une page incontournable : https://bitcoin.org/fr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, bien qu&#039;ayant été la première cryptomonnaie reconnue comme telle par la majorité, n&#039;est pas la première tentative à mettre en place une monnaie aux transactions décentralisées (c&#039;est à dire dont l&#039;historique est partagé par tous, ce qui en rend le système robuste du point de vue de l&#039;intégrité des transactions). Néanmoins, il est devenu ce qu&#039;il est aujourd&#039;hui :&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est décentralisé (et évite donc la centralisation sur une seule autorité, quand bien même elle serait de confiance, de l&#039;historique des transactions, leur gestion, et la quantité de monnaie produite) ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il repose sur une notion de &amp;quot;preuve de travail&amp;quot; sur laquelle nous reviendrons ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est extrêmement bien documenté, après les essais des premières cryptomonnaies ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est arrivé au bon moment historique pour son acceptation généralisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Notion]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1258</id>
		<title>Blockchain et cryptomonnaie</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1258"/>
		<updated>2026-10-01T07:18:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Autres types de monnaie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== PAGE NON FINIE ==&lt;br /&gt;
Cette page est un mélange de définitions précises et de notions qui méritent d&#039;être creusées. Nous espèrons néanmoins qu&#039;elle apportera un éclairage intéressant aux interrogations des wikinautes curieux. Elle traitera de blockchains, de cryptographie, de monnaie, de cryptomonnaie, de bitcoin, d&#039;ethereum, ... Nul besoin d&#039;y connaître quoi que ce soit, tout est ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La blockchain ==&lt;br /&gt;
=== Une définition simple ===&lt;br /&gt;
 La blockchain (ou chaîne de blocs), késako ?&lt;br /&gt;
Une blockchain est une technologie de &#039;&#039;&#039;stockage de l&#039;information&#039;&#039;&#039;, comme une base de données, ou, pour prendre un exemple dans le monde physique, un gigantesque &#039;&#039;registre&#039;&#039;, dont une des particularités est qu&#039;elle est &#039;&#039;&#039;décentralisée&#039;&#039;&#039;. Cela signifie :&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est distribuée (il y en a plusieurs copies &amp;quot;un peu partout&amp;quot;; elle n&#039;est pas stockée en un endroit unique appartenant à une seule entité) ;&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est accessible à tous (les informations qui y sont stockées sont donc consultables publiquement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre particularité importante de la blockchain est que l&#039;information qui y est inscrite par les utilisateurs est stockée dans des blocs (il suffit juste de se les imaginer comme des regroupement de données) qui sont &#039;&#039;cryptographiquement&#039;&#039; liés entre eux - d&#039;où le terme de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; (c&#039;est ce qui garantit leur &#039;&#039;&#039;intégrité&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;intégrité cryptographique : c&#039;est la garantie qu&#039;une information n&#039;a pas été modifiée, voire détruite, intentionnellement ou non&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Intégrité des données : https://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9grit%C3%A9_(cryptographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, dernier point important : le système étant distribué (des copies conformes existant un peu partout), les utilisateurs doivent se mettre d&#039;accord sur un &#039;&#039;&#039;consensus&#039;&#039;&#039; pour synchroniser entre eux les informations inscrites (c&#039;est souvent sur cette partie que les différentes cryptomonnaies se distinguent).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apports ===&lt;br /&gt;
 Ok, mais en quoi la blockchain est-elle un concept intéressant : est-ce un phénomène de mode ou un réel apport technologique durable ?&lt;br /&gt;
Voyons déjà ce qu&#039;elle nous apporte :&lt;br /&gt;
* Une &#039;&#039;&#039;décentralisation&#039;&#039;&#039; des informations :&lt;br /&gt;
** Chaque acteur étant client et serveur de l&#039;information, il garantit la robustesse de l&#039;ensemble du modèle. Ainsi, la blockchain est répliquée (si un acteur la perd, il peut la récupérer à nouveau facilement auprès d&#039;un autre acteur). Un acteur unique ne peut pas la modifier seul, les autres copies faisant foi ;&lt;br /&gt;
** Il n&#039;y a pas une autorité unique qui contrôlerait l&#039;ensemble de la blockchain et qui pourrait la modifier à l&#039;envi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Immutabilité&#039;&#039;&#039; : Nous l&#039;expliquerons plus précisément, mais retenons à ce stade que lorsqu&#039;une action est réalisée, elle est inscrite et l&#039;on ne peut pas l&#039;effacer. Une erreur ne peut donc être corrigée que par une nouvelle action correctrice, on ne peut pas supprimer la première action. De même lorsque je fais un virement d&#039;un compte vers un autre, une fois mon opération validée, je ne peux pas la supprimer. Je dois demander au compte tiers de me faire le virement inverse si je souhaite revenir à la situation précédente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sécurité&#039;&#039;&#039; : Le fonctionnement général de la blockchain repose sur une mécanique de &#039;&#039;&#039;chiffrement à clé asymétrique&#039;&#039;&#039;. A ce stade, il n&#039;est pas utile de rentrer dans des détails techniques, mais retenons ceci :&lt;br /&gt;
** Chaque utilisateur a une clé publique, connue de tous, et qui permet de l&#039;identifier ;&lt;br /&gt;
** Et une clé privée, qu&#039;il est seul à connaître, qu&#039;il garde précieusement, au secret. Connaître la clé publique ne permet pas de deviner le contenu de la clé privée.&lt;br /&gt;
Cette mécanique bien connue du monde de l&#039;Internet et de l&#039;informatique en général est réputée très robuste. Dans notre cas, elle permet d&#039;assurer l&#039;&#039;&#039;&#039;authentification&#039;&#039;&#039; des utilisateurs et la &#039;&#039;&#039;non-répudiation&#039;&#039;&#039; (c&#039;est à dire qu&#039;un utilisateur ne peut pas nier avoir réalisé une opération, s&#039;il l&#039;a vraiment réalisée). Tout ceci est un vocabulaire peut-être nouveau pour vous, dont il faut retenir qu&#039;il appartient au monde de la &#039;&#039;&#039;cryptographie&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Hypothèses et prérequis ===&lt;br /&gt;
 Pour que l&#039;ensemble d&#039;une blockchain fonctionne, il faut un certain nombre de prérequis :&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;authenticité&#039;&#039; des échanges (on l&#039;a vu précédemment, il faut un mécanisme de chiffrement robuste qui le permette, garantissant authentification, non-répudiation et intégrité) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;unité des copies des blockchains (ces copies sont stockées sur ce que l&#039;on appelle des &#039;&#039;&#039;nœuds&#039;&#039;&#039;). On parle d&#039;&#039;&#039;unité des nœuds&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;unité dans le consensus&#039;&#039; adopté (évoqué précédemment, c&#039;est à dire être d&#039;accord sur la façon dont les nœuds se synchronisent, c&#039;est à dire comment une modification dans une blockchain est acceptée ou non, et si elle est acceptée, est recopiée sur chacun des nœuds) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;tolérance aux pannes&#039;&#039; (sont incluses ici les actions caduques ou malveillantes de certains utilisateurs qui souhaiteraient essayer de modifier frauduleusement la blockchain)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusion ===&lt;br /&gt;
Peut-être que jusqu&#039;ici, tout ceci ne vous paraît pas très concret. Et quel rapport avec de la monnaie ? N&#039;ayez crainte, nous y venons. Essayons juste de nous familiariser avec les quelques concepts évoqués, et gardons les quelques éléments de vocabulaire dans un coin de notre cerveau. Il est temps de parler de monnaie...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La monnaie (quelques notions) ==&lt;br /&gt;
Digressons un instant pour mieux faire le lien entre la blockchain et la cryptomonnaie. Pour ce faire, partons de la monnaie pour arriver au &#039;&#039;bitcoin&#039;&#039;, qui est la cryptomonnaie la plus connue, et la première qui ait su s&#039;imposer dans la société...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on se limite à la définition d&#039;Aristote, la monnaie est :&lt;br /&gt;
* Une unité de compte ;&lt;br /&gt;
* Une réserve de valeur ;&lt;br /&gt;
* Un intermédiaire des échanges.&lt;br /&gt;
Elle a également une valeur sociale mais nous ne rentrerons pas dans ces détails ici. Facile, jusqu&#039;ici, non ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Types traditionnels de monnaie ===&lt;br /&gt;
Quand on parle de monnaie, on doit évoquer les différents types de données :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;denrées rares&#039;&#039;&#039; (figure classique qui vient en tête facilement), ce qui en fait sa valeur est sa valeur intrinsèque (l&#039;or, les métaux précieux, les peaux de bête, les épices, ...) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie représentative&#039;&#039;&#039; (l&#039;évolution des denrées rares), qui a l&#039;avantage d&#039;être plus facilement transportable, mais qui est soutenu par une denrée rare (exemple : les certificats d&#039;or ou d&#039;argent représentant le dollar avant les années 70). A tout moment, il est théoriquement possible de transformer cette monnaie représentative en denrée rare, ce qui donne confiance dans la monnaie représentative ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie fiduciaire&#039;&#039;&#039;, qui n&#039;est soutenue par aucune denrée rare. Elle a de la valeur parce que nous faisons confiance dans celui qui la produit (dans le cas général et très simplifié, un gouvernement) et nous lui faisons tous, communément, confiance ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur point commun, au-delà de la nécessité de l&#039;acceptation commune qu&#039;elles ont de la valeur (en particulier les monnaies représentative et fiduciaire) est la difficulté de &amp;quot;tricher&amp;quot;, et donc d&#039;en faire des faux (ce n&#039;est pas forcément impossible, mais ce n&#039;est pas à la portée de n&#039;importe qui, et demande notamment du temps à produire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu&#039;au sens sociologique du terme, la monnaie est bien plus que cela, dans sa dimension de valeur sociale particulièrement. D&#039;un point de vue économique également, des théories tout à fait pertinentes considèrent la monnaie comme non-neutre, ce qui lui donne également une valeur politique. Parler de monnaie sans parler de ces dimensions peut donc être un non-sens à bien des égards, mais nous laisserons ce débat pour un autre jour pour se concentrer sur le propos spécifique de la page.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres types de monnaie ===&lt;br /&gt;
Nous voyons une certaine évolution historique du concept de monnaie, celle-ci se dématérialisant de plus en plus, et finalement, reposant de plus en plus sur une notion de confiance plus que sur un socle de denrée rare (c&#039;est d&#039;ailleurs peut-être l&#039;évolution de la science économique qui appréhende mieux ce qu&#039;est la monnaie qui apporte cet éclairage). Ainsi, d&#039;autres types de monnaies ont vu le jour, en particulier via le monde du jeu vidéo, et ont clairement pu avoir autant de valeur que la monnaie fiduciaire (par exemple, l&#039;or dans le jeu vidéo &amp;quot;&#039;&#039;World of Warcraft&#039;&#039;&amp;quot; a pu s&#039;échanger contre des dollars US sur certaines plateformes) :&lt;br /&gt;
* Ajoutons donc la notion de &#039;&#039;&#039;monnaie numérique&#039;&#039;&#039;, qui ressemble à la monnaie dématérialisée qui se cache derrière la monnaie fiduciaire, mais qui n&#039;est pas forcément créée ou gérée par un gouvernement .&lt;br /&gt;
** Mais cette monnaie, là encore, nécessite d&#039;avoir une autorité centrale, qui produit la monnaie numérique, et gère les transactions associées (dans notre exemple de &amp;quot;Word of Warcraft&amp;quot;, c&#039;est l&#039;éditeur de jeu qui détermine la quantité de pièces d&#039;or qui existe ou qu&#039;elle distribue éventuellement aux joueurs).&lt;br /&gt;
* C&#039;est ainsi que nous arrivons aux cryptomonnaies :&lt;br /&gt;
** Elles correspondent à un besoin d&#039;éviter les travers d&#039;une autorité centrale qui déciderait seule de produire ou non de la monnaie, de la distribuer comme elle le souhaite, voire qui reviendrait sur des transactions passées pour les modifier ;&lt;br /&gt;
** Elles en perdent en revanche de facto leur facteur de cohésion sociale et liée à l&#039;autorité centrale habituelle qu&#039;est l’État ;&lt;br /&gt;
** Et nous le dirons encore une fois, elles n&#039;obéissent pas aux critères de &amp;quot;monnaie&amp;quot; stricto sensu, telles que définies dans des théories économiques plus complexes (par exemple selon la théorie moderne de la monnaie pour ne prendre que cet exemple).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les cryptomonnaies ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cryptomonnaies portent ce nom car :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;-monnaie&#039;&#039;&#039; : Elles correspondent à de la monnaie, elles représentent une notion de valeur, et peuvent servir de moyen d&#039;échange (contre des marchandises, voire d&#039;autres cryptomonnaies) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;crypto-&#039;&#039;&#039; : Elles reposent sur des mécanismes &#039;&#039;cryptographiques&#039;&#039; et en particulier sur le concept de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; dont nous avons parlé précédemment, qui permet notamment:&lt;br /&gt;
** de s&#039;assurer que la monnaie n&#039;est pas gérée par un organisme unique ;&lt;br /&gt;
** d&#039;apporter la sécurité des opérations réalisées en en prouvant l&#039;intégrité (la véracité des transactions) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;les&#039;&#039;&#039; cryptomonnaie&#039;&#039;&#039;s&#039;&#039;&#039; : Il n&#039;existe pas qu&#039;une seule cryptomonnaie, mais plusieurs milliers. Elles se distinguent sur plusieurs critères, qui correspondent à un effet de mode, des volontés diverses, une différence dans les algorithmes cryptographiques utilisés, ou encore dans le consensus de mise à jour des &amp;quot;copies de blockchain&amp;quot; sur l&#039;ensemble des points de distribution/consultation de la blockchain de la cryptomonnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le bitcoin ==&lt;br /&gt;
Le bitcoin&amp;lt;ref&amp;gt;Le bitcoin, une page incontournable : https://bitcoin.org/fr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, bien qu&#039;ayant été la première cryptomonnaie reconnue comme telle par la majorité, n&#039;est pas la première tentative à mettre en place une monnaie aux transactions décentralisées (c&#039;est à dire dont l&#039;historique est partagé par tous, ce qui en rend le système robuste du point de vue de l&#039;intégrité des transactions). Néanmoins, il est devenu ce qu&#039;il est aujourd&#039;hui :&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est décentralisé (et évite donc la centralisation sur une seule autorité, quand bien même elle serait de confiance, de l&#039;historique des transactions, leur gestion, et la quantité de monnaie produite) ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il repose sur une notion de &amp;quot;preuve de travail&amp;quot; sur laquelle nous reviendrons ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est extrêmement bien documenté, après les essais des premières cryptomonnaies ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est arrivé au bon moment historique pour son acceptation généralisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Notion]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1257</id>
		<title>Blockchain et cryptomonnaie</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1257"/>
		<updated>2026-10-01T07:15:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Autres types de monnaie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== PAGE NON FINIE ==&lt;br /&gt;
Cette page est un mélange de définitions précises et de notions qui méritent d&#039;être creusées. Nous espèrons néanmoins qu&#039;elle apportera un éclairage intéressant aux interrogations des wikinautes curieux. Elle traitera de blockchains, de cryptographie, de monnaie, de cryptomonnaie, de bitcoin, d&#039;ethereum, ... Nul besoin d&#039;y connaître quoi que ce soit, tout est ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La blockchain ==&lt;br /&gt;
=== Une définition simple ===&lt;br /&gt;
 La blockchain (ou chaîne de blocs), késako ?&lt;br /&gt;
Une blockchain est une technologie de &#039;&#039;&#039;stockage de l&#039;information&#039;&#039;&#039;, comme une base de données, ou, pour prendre un exemple dans le monde physique, un gigantesque &#039;&#039;registre&#039;&#039;, dont une des particularités est qu&#039;elle est &#039;&#039;&#039;décentralisée&#039;&#039;&#039;. Cela signifie :&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est distribuée (il y en a plusieurs copies &amp;quot;un peu partout&amp;quot;; elle n&#039;est pas stockée en un endroit unique appartenant à une seule entité) ;&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est accessible à tous (les informations qui y sont stockées sont donc consultables publiquement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre particularité importante de la blockchain est que l&#039;information qui y est inscrite par les utilisateurs est stockée dans des blocs (il suffit juste de se les imaginer comme des regroupement de données) qui sont &#039;&#039;cryptographiquement&#039;&#039; liés entre eux - d&#039;où le terme de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; (c&#039;est ce qui garantit leur &#039;&#039;&#039;intégrité&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;intégrité cryptographique : c&#039;est la garantie qu&#039;une information n&#039;a pas été modifiée, voire détruite, intentionnellement ou non&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Intégrité des données : https://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9grit%C3%A9_(cryptographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, dernier point important : le système étant distribué (des copies conformes existant un peu partout), les utilisateurs doivent se mettre d&#039;accord sur un &#039;&#039;&#039;consensus&#039;&#039;&#039; pour synchroniser entre eux les informations inscrites (c&#039;est souvent sur cette partie que les différentes cryptomonnaies se distinguent).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apports ===&lt;br /&gt;
 Ok, mais en quoi la blockchain est-elle un concept intéressant : est-ce un phénomène de mode ou un réel apport technologique durable ?&lt;br /&gt;
Voyons déjà ce qu&#039;elle nous apporte :&lt;br /&gt;
* Une &#039;&#039;&#039;décentralisation&#039;&#039;&#039; des informations :&lt;br /&gt;
** Chaque acteur étant client et serveur de l&#039;information, il garantit la robustesse de l&#039;ensemble du modèle. Ainsi, la blockchain est répliquée (si un acteur la perd, il peut la récupérer à nouveau facilement auprès d&#039;un autre acteur). Un acteur unique ne peut pas la modifier seul, les autres copies faisant foi ;&lt;br /&gt;
** Il n&#039;y a pas une autorité unique qui contrôlerait l&#039;ensemble de la blockchain et qui pourrait la modifier à l&#039;envi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Immutabilité&#039;&#039;&#039; : Nous l&#039;expliquerons plus précisément, mais retenons à ce stade que lorsqu&#039;une action est réalisée, elle est inscrite et l&#039;on ne peut pas l&#039;effacer. Une erreur ne peut donc être corrigée que par une nouvelle action correctrice, on ne peut pas supprimer la première action. De même lorsque je fais un virement d&#039;un compte vers un autre, une fois mon opération validée, je ne peux pas la supprimer. Je dois demander au compte tiers de me faire le virement inverse si je souhaite revenir à la situation précédente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sécurité&#039;&#039;&#039; : Le fonctionnement général de la blockchain repose sur une mécanique de &#039;&#039;&#039;chiffrement à clé asymétrique&#039;&#039;&#039;. A ce stade, il n&#039;est pas utile de rentrer dans des détails techniques, mais retenons ceci :&lt;br /&gt;
** Chaque utilisateur a une clé publique, connue de tous, et qui permet de l&#039;identifier ;&lt;br /&gt;
** Et une clé privée, qu&#039;il est seul à connaître, qu&#039;il garde précieusement, au secret. Connaître la clé publique ne permet pas de deviner le contenu de la clé privée.&lt;br /&gt;
Cette mécanique bien connue du monde de l&#039;Internet et de l&#039;informatique en général est réputée très robuste. Dans notre cas, elle permet d&#039;assurer l&#039;&#039;&#039;&#039;authentification&#039;&#039;&#039; des utilisateurs et la &#039;&#039;&#039;non-répudiation&#039;&#039;&#039; (c&#039;est à dire qu&#039;un utilisateur ne peut pas nier avoir réalisé une opération, s&#039;il l&#039;a vraiment réalisée). Tout ceci est un vocabulaire peut-être nouveau pour vous, dont il faut retenir qu&#039;il appartient au monde de la &#039;&#039;&#039;cryptographie&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Hypothèses et prérequis ===&lt;br /&gt;
 Pour que l&#039;ensemble d&#039;une blockchain fonctionne, il faut un certain nombre de prérequis :&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;authenticité&#039;&#039; des échanges (on l&#039;a vu précédemment, il faut un mécanisme de chiffrement robuste qui le permette, garantissant authentification, non-répudiation et intégrité) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;unité des copies des blockchains (ces copies sont stockées sur ce que l&#039;on appelle des &#039;&#039;&#039;nœuds&#039;&#039;&#039;). On parle d&#039;&#039;&#039;unité des nœuds&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;unité dans le consensus&#039;&#039; adopté (évoqué précédemment, c&#039;est à dire être d&#039;accord sur la façon dont les nœuds se synchronisent, c&#039;est à dire comment une modification dans une blockchain est acceptée ou non, et si elle est acceptée, est recopiée sur chacun des nœuds) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;tolérance aux pannes&#039;&#039; (sont incluses ici les actions caduques ou malveillantes de certains utilisateurs qui souhaiteraient essayer de modifier frauduleusement la blockchain)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusion ===&lt;br /&gt;
Peut-être que jusqu&#039;ici, tout ceci ne vous paraît pas très concret. Et quel rapport avec de la monnaie ? N&#039;ayez crainte, nous y venons. Essayons juste de nous familiariser avec les quelques concepts évoqués, et gardons les quelques éléments de vocabulaire dans un coin de notre cerveau. Il est temps de parler de monnaie...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La monnaie (quelques notions) ==&lt;br /&gt;
Digressons un instant pour mieux faire le lien entre la blockchain et la cryptomonnaie. Pour ce faire, partons de la monnaie pour arriver au &#039;&#039;bitcoin&#039;&#039;, qui est la cryptomonnaie la plus connue, et la première qui ait su s&#039;imposer dans la société...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on se limite à la définition d&#039;Aristote, la monnaie est :&lt;br /&gt;
* Une unité de compte ;&lt;br /&gt;
* Une réserve de valeur ;&lt;br /&gt;
* Un intermédiaire des échanges.&lt;br /&gt;
Elle a également une valeur sociale mais nous ne rentrerons pas dans ces détails ici. Facile, jusqu&#039;ici, non ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Types traditionnels de monnaie ===&lt;br /&gt;
Quand on parle de monnaie, on doit évoquer les différents types de données :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;denrées rares&#039;&#039;&#039; (figure classique qui vient en tête facilement), ce qui en fait sa valeur est sa valeur intrinsèque (l&#039;or, les métaux précieux, les peaux de bête, les épices, ...) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie représentative&#039;&#039;&#039; (l&#039;évolution des denrées rares), qui a l&#039;avantage d&#039;être plus facilement transportable, mais qui est soutenu par une denrée rare (exemple : les certificats d&#039;or ou d&#039;argent représentant le dollar avant les années 70). A tout moment, il est théoriquement possible de transformer cette monnaie représentative en denrée rare, ce qui donne confiance dans la monnaie représentative ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie fiduciaire&#039;&#039;&#039;, qui n&#039;est soutenue par aucune denrée rare. Elle a de la valeur parce que nous faisons confiance dans celui qui la produit (dans le cas général et très simplifié, un gouvernement) et nous lui faisons tous, communément, confiance ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur point commun, au-delà de la nécessité de l&#039;acceptation commune qu&#039;elles ont de la valeur (en particulier les monnaies représentative et fiduciaire) est la difficulté de &amp;quot;tricher&amp;quot;, et donc d&#039;en faire des faux (ce n&#039;est pas forcément impossible, mais ce n&#039;est pas à la portée de n&#039;importe qui, et demande notamment du temps à produire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu&#039;au sens sociologique du terme, la monnaie est bien plus que cela, dans sa dimension de valeur sociale particulièrement. D&#039;un point de vue économique également, des théories tout à fait pertinentes considèrent la monnaie comme non-neutre, ce qui lui donne également une valeur politique. Parler de monnaie sans parler de ces dimensions peut donc être un non-sens à bien des égards, mais nous laisserons ce débat pour un autre jour pour se concentrer sur le propos spécifique de la page.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres types de monnaie ===&lt;br /&gt;
Nous voyons une certaine évolution historique du concept de monnaie, celle-ci se dématérialisant de plus en plus, et finalement, reposant de plus en plus sur une notion de confiance plus que sur un socle de denrée rare (c&#039;est d&#039;ailleurs peut-être l&#039;évolution de la science économique qui appréhende mieux ce qu&#039;est la monnaie qui apporte cet éclairage). Ainsi, d&#039;autres types de monnaies ont vu le jour, en particulier via le monde du jeu vidéo, et ont clairement pu avoir autant de valeur que la monnaie fiduciaire (par exemple, l&#039;or dans le jeu vidéo &amp;quot;&#039;&#039;World of Warcraft&#039;&#039;&amp;quot; a pu s&#039;échanger contre des dollars US sur certaines plateformes) :&lt;br /&gt;
* Ajoutons donc la notion de &#039;&#039;&#039;monnaie numérique&#039;&#039;&#039;, qui ressemble à la monnaie dématérialisée qui se cache derrière la monnaie fiduciaire, mais qui n&#039;est pas forcément créée ou gérée par un gouvernement .&lt;br /&gt;
** Mais cette monnaie, là encore, nécessite d&#039;avoir une autorité centrale, qui produit la monnaie numérique, et gère les transactions associées (dans notre exemple de &amp;quot;Word of Warcraft&amp;quot;, c&#039;est l&#039;éditeur de jeu qui détermine la quantité de pièces d&#039;or qui existe ou qu&#039;elle distribue éventuellement aux joueurs).&lt;br /&gt;
* C&#039;est ainsi que nous arrivons aux cryptomonnaies :&lt;br /&gt;
** Elles correspondent à un besoin d&#039;éviter les travers d&#039;une autorité centrale qui déciderait seule de produire ou non de la monnaie, de la distribuer comme elle le souhaite, voire qui reviendrait sur des transactions passées pour les modifier ;&lt;br /&gt;
** Elles en perdent en revanche de facto leur facteur de cohésion sociale et liée à l&#039;autorité centrale habituelle qu&#039;est l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les cryptomonnaies ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cryptomonnaies portent ce nom car :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;-monnaie&#039;&#039;&#039; : Elles correspondent à de la monnaie, elles représentent une notion de valeur, et peuvent servir de moyen d&#039;échange (contre des marchandises, voire d&#039;autres cryptomonnaies) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;crypto-&#039;&#039;&#039; : Elles reposent sur des mécanismes &#039;&#039;cryptographiques&#039;&#039; et en particulier sur le concept de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; dont nous avons parlé précédemment, qui permet notamment:&lt;br /&gt;
** de s&#039;assurer que la monnaie n&#039;est pas gérée par un organisme unique ;&lt;br /&gt;
** d&#039;apporter la sécurité des opérations réalisées en en prouvant l&#039;intégrité (la véracité des transactions) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;les&#039;&#039;&#039; cryptomonnaie&#039;&#039;&#039;s&#039;&#039;&#039; : Il n&#039;existe pas qu&#039;une seule cryptomonnaie, mais plusieurs milliers. Elles se distinguent sur plusieurs critères, qui correspondent à un effet de mode, des volontés diverses, une différence dans les algorithmes cryptographiques utilisés, ou encore dans le consensus de mise à jour des &amp;quot;copies de blockchain&amp;quot; sur l&#039;ensemble des points de distribution/consultation de la blockchain de la cryptomonnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le bitcoin ==&lt;br /&gt;
Le bitcoin&amp;lt;ref&amp;gt;Le bitcoin, une page incontournable : https://bitcoin.org/fr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, bien qu&#039;ayant été la première cryptomonnaie reconnue comme telle par la majorité, n&#039;est pas la première tentative à mettre en place une monnaie aux transactions décentralisées (c&#039;est à dire dont l&#039;historique est partagé par tous, ce qui en rend le système robuste du point de vue de l&#039;intégrité des transactions). Néanmoins, il est devenu ce qu&#039;il est aujourd&#039;hui :&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est décentralisé (et évite donc la centralisation sur une seule autorité, quand bien même elle serait de confiance, de l&#039;historique des transactions, leur gestion, et la quantité de monnaie produite) ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il repose sur une notion de &amp;quot;preuve de travail&amp;quot; sur laquelle nous reviendrons ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est extrêmement bien documenté, après les essais des premières cryptomonnaies ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est arrivé au bon moment historique pour son acceptation généralisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Notion]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
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		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Blockchain_et_cryptomonnaie&amp;diff=1256</id>
		<title>Blockchain et cryptomonnaie</title>
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		<updated>2026-10-01T07:14:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Types traditionnels de monnaie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== PAGE NON FINIE ==&lt;br /&gt;
Cette page est un mélange de définitions précises et de notions qui méritent d&#039;être creusées. Nous espèrons néanmoins qu&#039;elle apportera un éclairage intéressant aux interrogations des wikinautes curieux. Elle traitera de blockchains, de cryptographie, de monnaie, de cryptomonnaie, de bitcoin, d&#039;ethereum, ... Nul besoin d&#039;y connaître quoi que ce soit, tout est ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La blockchain ==&lt;br /&gt;
=== Une définition simple ===&lt;br /&gt;
 La blockchain (ou chaîne de blocs), késako ?&lt;br /&gt;
Une blockchain est une technologie de &#039;&#039;&#039;stockage de l&#039;information&#039;&#039;&#039;, comme une base de données, ou, pour prendre un exemple dans le monde physique, un gigantesque &#039;&#039;registre&#039;&#039;, dont une des particularités est qu&#039;elle est &#039;&#039;&#039;décentralisée&#039;&#039;&#039;. Cela signifie :&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est distribuée (il y en a plusieurs copies &amp;quot;un peu partout&amp;quot;; elle n&#039;est pas stockée en un endroit unique appartenant à une seule entité) ;&lt;br /&gt;
* Qu&#039;elle est accessible à tous (les informations qui y sont stockées sont donc consultables publiquement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre particularité importante de la blockchain est que l&#039;information qui y est inscrite par les utilisateurs est stockée dans des blocs (il suffit juste de se les imaginer comme des regroupement de données) qui sont &#039;&#039;cryptographiquement&#039;&#039; liés entre eux - d&#039;où le terme de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; (c&#039;est ce qui garantit leur &#039;&#039;&#039;intégrité&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;intégrité cryptographique : c&#039;est la garantie qu&#039;une information n&#039;a pas été modifiée, voire détruite, intentionnellement ou non&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Intégrité des données : https://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9grit%C3%A9_(cryptographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, dernier point important : le système étant distribué (des copies conformes existant un peu partout), les utilisateurs doivent se mettre d&#039;accord sur un &#039;&#039;&#039;consensus&#039;&#039;&#039; pour synchroniser entre eux les informations inscrites (c&#039;est souvent sur cette partie que les différentes cryptomonnaies se distinguent).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apports ===&lt;br /&gt;
 Ok, mais en quoi la blockchain est-elle un concept intéressant : est-ce un phénomène de mode ou un réel apport technologique durable ?&lt;br /&gt;
Voyons déjà ce qu&#039;elle nous apporte :&lt;br /&gt;
* Une &#039;&#039;&#039;décentralisation&#039;&#039;&#039; des informations :&lt;br /&gt;
** Chaque acteur étant client et serveur de l&#039;information, il garantit la robustesse de l&#039;ensemble du modèle. Ainsi, la blockchain est répliquée (si un acteur la perd, il peut la récupérer à nouveau facilement auprès d&#039;un autre acteur). Un acteur unique ne peut pas la modifier seul, les autres copies faisant foi ;&lt;br /&gt;
** Il n&#039;y a pas une autorité unique qui contrôlerait l&#039;ensemble de la blockchain et qui pourrait la modifier à l&#039;envi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Immutabilité&#039;&#039;&#039; : Nous l&#039;expliquerons plus précisément, mais retenons à ce stade que lorsqu&#039;une action est réalisée, elle est inscrite et l&#039;on ne peut pas l&#039;effacer. Une erreur ne peut donc être corrigée que par une nouvelle action correctrice, on ne peut pas supprimer la première action. De même lorsque je fais un virement d&#039;un compte vers un autre, une fois mon opération validée, je ne peux pas la supprimer. Je dois demander au compte tiers de me faire le virement inverse si je souhaite revenir à la situation précédente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sécurité&#039;&#039;&#039; : Le fonctionnement général de la blockchain repose sur une mécanique de &#039;&#039;&#039;chiffrement à clé asymétrique&#039;&#039;&#039;. A ce stade, il n&#039;est pas utile de rentrer dans des détails techniques, mais retenons ceci :&lt;br /&gt;
** Chaque utilisateur a une clé publique, connue de tous, et qui permet de l&#039;identifier ;&lt;br /&gt;
** Et une clé privée, qu&#039;il est seul à connaître, qu&#039;il garde précieusement, au secret. Connaître la clé publique ne permet pas de deviner le contenu de la clé privée.&lt;br /&gt;
Cette mécanique bien connue du monde de l&#039;Internet et de l&#039;informatique en général est réputée très robuste. Dans notre cas, elle permet d&#039;assurer l&#039;&#039;&#039;&#039;authentification&#039;&#039;&#039; des utilisateurs et la &#039;&#039;&#039;non-répudiation&#039;&#039;&#039; (c&#039;est à dire qu&#039;un utilisateur ne peut pas nier avoir réalisé une opération, s&#039;il l&#039;a vraiment réalisée). Tout ceci est un vocabulaire peut-être nouveau pour vous, dont il faut retenir qu&#039;il appartient au monde de la &#039;&#039;&#039;cryptographie&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Hypothèses et prérequis ===&lt;br /&gt;
 Pour que l&#039;ensemble d&#039;une blockchain fonctionne, il faut un certain nombre de prérequis :&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;authenticité&#039;&#039; des échanges (on l&#039;a vu précédemment, il faut un mécanisme de chiffrement robuste qui le permette, garantissant authentification, non-répudiation et intégrité) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;unité des copies des blockchains (ces copies sont stockées sur ce que l&#039;on appelle des &#039;&#039;&#039;nœuds&#039;&#039;&#039;). On parle d&#039;&#039;&#039;unité des nœuds&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;unité dans le consensus&#039;&#039; adopté (évoqué précédemment, c&#039;est à dire être d&#039;accord sur la façon dont les nœuds se synchronisent, c&#039;est à dire comment une modification dans une blockchain est acceptée ou non, et si elle est acceptée, est recopiée sur chacun des nœuds) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;tolérance aux pannes&#039;&#039; (sont incluses ici les actions caduques ou malveillantes de certains utilisateurs qui souhaiteraient essayer de modifier frauduleusement la blockchain)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusion ===&lt;br /&gt;
Peut-être que jusqu&#039;ici, tout ceci ne vous paraît pas très concret. Et quel rapport avec de la monnaie ? N&#039;ayez crainte, nous y venons. Essayons juste de nous familiariser avec les quelques concepts évoqués, et gardons les quelques éléments de vocabulaire dans un coin de notre cerveau. Il est temps de parler de monnaie...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La monnaie (quelques notions) ==&lt;br /&gt;
Digressons un instant pour mieux faire le lien entre la blockchain et la cryptomonnaie. Pour ce faire, partons de la monnaie pour arriver au &#039;&#039;bitcoin&#039;&#039;, qui est la cryptomonnaie la plus connue, et la première qui ait su s&#039;imposer dans la société...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on se limite à la définition d&#039;Aristote, la monnaie est :&lt;br /&gt;
* Une unité de compte ;&lt;br /&gt;
* Une réserve de valeur ;&lt;br /&gt;
* Un intermédiaire des échanges.&lt;br /&gt;
Elle a également une valeur sociale mais nous ne rentrerons pas dans ces détails ici. Facile, jusqu&#039;ici, non ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Types traditionnels de monnaie ===&lt;br /&gt;
Quand on parle de monnaie, on doit évoquer les différents types de données :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;denrées rares&#039;&#039;&#039; (figure classique qui vient en tête facilement), ce qui en fait sa valeur est sa valeur intrinsèque (l&#039;or, les métaux précieux, les peaux de bête, les épices, ...) ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie représentative&#039;&#039;&#039; (l&#039;évolution des denrées rares), qui a l&#039;avantage d&#039;être plus facilement transportable, mais qui est soutenu par une denrée rare (exemple : les certificats d&#039;or ou d&#039;argent représentant le dollar avant les années 70). A tout moment, il est théoriquement possible de transformer cette monnaie représentative en denrée rare, ce qui donne confiance dans la monnaie représentative ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;monnaie fiduciaire&#039;&#039;&#039;, qui n&#039;est soutenue par aucune denrée rare. Elle a de la valeur parce que nous faisons confiance dans celui qui la produit (dans le cas général et très simplifié, un gouvernement) et nous lui faisons tous, communément, confiance ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur point commun, au-delà de la nécessité de l&#039;acceptation commune qu&#039;elles ont de la valeur (en particulier les monnaies représentative et fiduciaire) est la difficulté de &amp;quot;tricher&amp;quot;, et donc d&#039;en faire des faux (ce n&#039;est pas forcément impossible, mais ce n&#039;est pas à la portée de n&#039;importe qui, et demande notamment du temps à produire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu&#039;au sens sociologique du terme, la monnaie est bien plus que cela, dans sa dimension de valeur sociale particulièrement. D&#039;un point de vue économique également, des théories tout à fait pertinentes considèrent la monnaie comme non-neutre, ce qui lui donne également une valeur politique. Parler de monnaie sans parler de ces dimensions peut donc être un non-sens à bien des égards, mais nous laisserons ce débat pour un autre jour pour se concentrer sur le propos spécifique de la page.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres types de monnaie ===&lt;br /&gt;
Nous voyons une certaine évolution historique du concept de monnaie, celle-ci se dématérialisant de plus en plus, et finalement, reposant de plus en plus sur une notion de confiance plus que sur un socle de denrée rare. Ainsi, d&#039;autres types de monnaies ont vu le jour, en particulier via le monde du jeu vidéo, et ont clairement pu avoir autant de valeur que la monnaie fiduciaire (par exemple, l&#039;or dans le jeu vidéo &amp;quot;&#039;&#039;World of Warcraft&#039;&#039;&amp;quot; a pu s&#039;échanger contre des dollars US sur certaines plateformes) :&lt;br /&gt;
* Ajoutons donc la notion de &#039;&#039;&#039;monnaie numérique&#039;&#039;&#039;, qui ressemble à la monnaie dématérialisée qui se cache derrière la monnaie fiduciaire, mais qui n&#039;est pas forcément créée ou gérée par un gouvernement .&lt;br /&gt;
** Mais cette monnaie, là encore, nécessite d&#039;avoir une autorité centrale, qui produit la monnaie numérique, et gère les transactions associées (dans notre exemple de &amp;quot;Word of Warcraft&amp;quot;, c&#039;est l&#039;éditeur de jeu qui détermine la quantité de pièces d&#039;or qui existe ou qu&#039;elle distribue éventuellement aux joueurs).&lt;br /&gt;
* C&#039;est ainsi que nous arrivons aux cryptomonnaies :&lt;br /&gt;
** Elles correspondent à un besoin d&#039;éviter les travers d&#039;une autorité centrale qui déciderait seule de produire ou non de la monnaie, de la distribuer comme elle le souhaite, voire qui reviendrait sur des transactions passées pour les modifier ;&lt;br /&gt;
** Elles en perdent en revanche de facto leur facteur de cohésion sociale et liée à l&#039;autorité centrale habituelle qu&#039;est l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les cryptomonnaies ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cryptomonnaies portent ce nom car :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;-monnaie&#039;&#039;&#039; : Elles correspondent à de la monnaie, elles représentent une notion de valeur, et peuvent servir de moyen d&#039;échange (contre des marchandises, voire d&#039;autres cryptomonnaies) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;crypto-&#039;&#039;&#039; : Elles reposent sur des mécanismes &#039;&#039;cryptographiques&#039;&#039; et en particulier sur le concept de &#039;&#039;blockchain&#039;&#039; dont nous avons parlé précédemment, qui permet notamment:&lt;br /&gt;
** de s&#039;assurer que la monnaie n&#039;est pas gérée par un organisme unique ;&lt;br /&gt;
** d&#039;apporter la sécurité des opérations réalisées en en prouvant l&#039;intégrité (la véracité des transactions) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;les&#039;&#039;&#039; cryptomonnaie&#039;&#039;&#039;s&#039;&#039;&#039; : Il n&#039;existe pas qu&#039;une seule cryptomonnaie, mais plusieurs milliers. Elles se distinguent sur plusieurs critères, qui correspondent à un effet de mode, des volontés diverses, une différence dans les algorithmes cryptographiques utilisés, ou encore dans le consensus de mise à jour des &amp;quot;copies de blockchain&amp;quot; sur l&#039;ensemble des points de distribution/consultation de la blockchain de la cryptomonnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le bitcoin ==&lt;br /&gt;
Le bitcoin&amp;lt;ref&amp;gt;Le bitcoin, une page incontournable : https://bitcoin.org/fr/&amp;lt;/ref&amp;gt;, bien qu&#039;ayant été la première cryptomonnaie reconnue comme telle par la majorité, n&#039;est pas la première tentative à mettre en place une monnaie aux transactions décentralisées (c&#039;est à dire dont l&#039;historique est partagé par tous, ce qui en rend le système robuste du point de vue de l&#039;intégrité des transactions). Néanmoins, il est devenu ce qu&#039;il est aujourd&#039;hui :&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est décentralisé (et évite donc la centralisation sur une seule autorité, quand bien même elle serait de confiance, de l&#039;historique des transactions, leur gestion, et la quantité de monnaie produite) ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il repose sur une notion de &amp;quot;preuve de travail&amp;quot; sur laquelle nous reviendrons ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est extrêmement bien documenté, après les essais des premières cryptomonnaies ;&lt;br /&gt;
* Parce qu&#039;il est arrivé au bon moment historique pour son acceptation généralisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Notion]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1255</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1255"/>
		<updated>2026-10-01T06:14:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Si vous avez lu les pages sur la création monétaire et les Banques centrales, vous savez que jusqu&#039;ici nous avons posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie &#039;&#039;ex-nihilo&#039;&#039; (à partir de rien). Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette opération reste sous contrôles des Banques centrales. De manière indirecte, celles-ci influent notamment sur les crédits bancaires, en contrôlant en particulier les taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange de la monnaie Banque centrale (appelée aussi base monétaire ou M0), ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les agents économiques ont besoin de monnaie pour consommer ou investir, les banques fournissent les fonds nécessaires, et les Banques centrales coordonnent et contrôlent indirectement l&#039;ensemble. Mais alors, qui contrôle les Banques centrales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos; il est même particulièrement tendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;/&amp;gt;). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique, une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux... Et cela questionne d&#039;autant plus le prisme démocratique du sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1254</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1254"/>
		<updated>2026-10-01T06:10:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos; il est même particulièrement tendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;/&amp;gt;). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique, une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux... Et cela questionne d&#039;autant plus le prisme démocratique du sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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	</entry>
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		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1253</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1253"/>
		<updated>2026-09-30T16:19:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos; il est même particulièrement tendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;/&amp;gt;). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique, une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux... Et cela questionne d&#039;autant plus le prisme démocratique du sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1252</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
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		<updated>2026-09-30T16:18:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos; il est même particulièrement tendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;/&amp;gt;). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique, une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1251</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
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		<updated>2026-09-30T16:18:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Est-ce qu&amp;#039;il y a consensus chez les économistes ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos; il est même particulièrement tendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;/&amp;gt;). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1250</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1250"/>
		<updated>2026-09-30T16:17:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref name=&amp;quot;correlation&amp;quot;&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos; il est même particulièrement tendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Acteurs_%C3%A9conomiques_:_Les_banques_centrales&amp;diff=1249</id>
		<title>Acteurs économiques : Les banques centrales</title>
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		<updated>2026-09-30T16:16:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Pour aller plus loin */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Cette page est un complément à d&#039;autres pages. Nous invitons les wikinautes à d&#039;abord lire la page sur la création monétaire : [[Création_monétaire|Création monétaire]]. Elle devrait permettre d&#039;aborder des questionnements plus complexes, comme l&#039;indépendance des Banques centrales, qui fera sûrement l&#039;objet d&#039;une page dédiée. En tout cas, celle-ci est destinée à se concentrer particulièrement sur le rôle des Banques centrales&amp;lt;ref&amp;gt;Petite introduction des Banques centrales par la BdF : https://www.youtube.com/watch?v=XH9n7-Vsahk&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est parti pour un petit tour d&#039;horizon...}}&lt;br /&gt;
== La stabilité des prix ==&lt;br /&gt;
La mission principale et première des Banques centrales est d&#039;assurer la stabilité des prix&amp;lt;ref name=&amp;quot;stability&amp;quot;&amp;gt;La stabilité des prix et ses enjeux : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me-more/html/stableprices.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cela implique deux concepts dont il faut continuellement surveiller la balance : d&#039;un côté, les prix ne doivent pas enregistrer de hausse (inflation) importante, mais aussi toute période continue de baisse des prix (déflation) doit être évitée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi, en théorie, une inflation trop forte n&#039;est pas bonne ? ===&lt;br /&gt;
L&#039;inflation, c&#039;est une hausse de prix généralisée&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;inflation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Inflation&amp;lt;/ref&amp;gt; et une baisse du pouvoir d&#039;achat. En effet, la monnaie dont nous disposons ne permet pas d&#039;acheter autant de biens et de services qu&#039;avant, puisque leurs prix ont augmenté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le coût de la vie croît, il est possible que les ménages demandent des augmentations de salaire. Les employeurs pourraient alors avoir, en réaction, la volonté d&#039;augmenter les prix pour satisfaire les revendications salariales de ses employés (tout en conservant leurs marges). Si beaucoup d&#039;acteurs économiques agissent de la même façon, les hausses de prix continueront et la spirale ne s&#039;arrêtera pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette spirale rend difficile pour les agents économiques que sont les ménages et les entreprises de &#039;&#039;planifier&#039;&#039; leurs économies comme leurs investissements. Il se peut aussi que la confiance en la monnaie se détériore du fait de sa dépréciation (s&#039;il me faut 20 &amp;quot;flouz&amp;quot; au lieu de 15 &amp;quot;flouz&amp;quot; pour acheter des biens, c&#039;est que le &amp;quot;flouz&amp;quot; se dévalue).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais en poussant le raisonnement et ces hypothèses, c&#039;est en particulier le risque d&#039;hyperinflation que les Banques centrales cherchent à tout prix à éviter (cas d&#039;inflation ultra-rapide conduisant à l&#039;effondrement de la valeur de la monnaie associée). Les exemples historiques de cas d&#039;hyperinflation sont par exemple l&#039;Allemagne après 1918 sous la république de Weimar, ou l&#039;Argentine dans la fin des années 80&amp;lt;ref&amp;gt;Cas d&#039;hyperinflation historiques : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation#Les_cas_d&#039;hyperinflation_dans_l&#039;Histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate que cette théorie part d&#039;hypothèses, et correspond donc à une vision précise de l&#039;économie, mais c&#039;est en tout cas celle qui sous-tend la politique monétaire des Banques centrales en 2026.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi, en théorie, une déflation trop longue n&#039;est pas bonne ? ===&lt;br /&gt;
La déflation, c&#039;est l&#039;inverse. Lorsque l&#039;on est consommateur, cela semble être une aubaine. Néanmoins, là encore, le phénomène est à étudier dans la notion de prévisibilité. Si les consommateurs pensent que le prix des biens ou des services qui les intéressent vont baisser demain, ils pourraient être tentés de patienter avant de consommer. Si les agents économiques raisonnent tous de la même manière, alors ce sont les entreprises qui vont en pâtir, puisque leurs ventes risquent de stagner ou diminuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la consommation chute, du fait de cet attentisme, les entreprises peuvent se voir contraintes de geler ou réduire leur production, et donc geler ou réduire les salaires, voire de réduire leurs effectifs. Cela pourrait donc engendrer une hausse du chômage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ralentissement de l&#039;économie pourrait donc provoquer une réduction généralisée des dépenses et de l&#039;investissement, dans le privé comme dans le service public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déflation la plus connue est probablement la grande crise de 1929 qui éclata à la bourse de New York le 24 octobre&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Dépression, une déflation made in USA : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre comme le précédent, on comprend donc que la théorie, en posant certaines hypothèses, repose également sur une notion de temporalité : c&#039;est ce qui est fait aujourd&#039;hui qui a des conséquences sur demain, notamment du fait de l&#039;observation, précise ou non, erronée ou non, par l&#039;ensemble des acteurs économiques de ce qui se produit aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi un taux de 2% d&#039;augmentation des prix fixé par la BCE ? ===&lt;br /&gt;
Une inflation mesurée, et une déflation limitée dans le temps. In fine, quel est l&#039;objectif de la BCE ? Il est défini précisément, de manière quantitative, par un taux d&#039;inflation appelé &#039;&#039;indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH)&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;IPCH : https://www.ecb.europa.eu/stats/macroeconomic_and_sectoral/hicp/html/index.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et qui vaut 2% à moyen terme. C&#039;est à dire qu&#039;à moyen terme, les prix doivent augmenter à hauteur de 2%, donc que l&#039;on doit avoir une légère inflation pour que la BCE considère que sa politique de stabilité des prix est un succès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le taux de 2% :&lt;br /&gt;
* Permet d&#039;afficher un objectif clair et prévisible, donc d&#039;améliorer la prévisibilité de l&#039;économie ;&lt;br /&gt;
* Permet de disposer d&#039;une petite marge de sécurité en cas de déflation (et donc d&#039;éviter de faire trop appel à des outils non-conventionnels de la part de la Banque centrale) ;&lt;br /&gt;
* De supporter l&#039;écart d&#039;inflation entre les différents pays de la zone Euro (les observations s&#039;effectuant sur du temps moyen ou long, cela permet en théorie de lisser les écarts éventuels entre les pays, certains pouvant avoir une inflation plus forte que d&#039;autres, par exemple)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mais pourquoi défendre cette stabilité ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie consiste à imaginer que la stabilité des prix &amp;quot;concourt à assurer la croissance de l’économie mais aussi à protéger les emplois et à préserver le pouvoir d’achat&amp;quot;, c&#039;est en tout cas ce que l&#039;on peut lire sur le site de la BCE&amp;lt;ref name=&amp;quot;stability&amp;quot; /&amp;gt;. Et l&#039;on a pu voir dans les points précédents ce que la théorie reprochait à une inflation trop forte ou à une déflation trop longue dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle repose surtout sur la notion de prévisibilité, et sur la relation de confiance qu&#039;ont l&#039;ensemble des acteurs économiques (mais aussi financiers) sur l&#039;économie et les prix d&#039;aujourd&#039;hui ... et de demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si c&#039;est la politique actuelle, elle a sans cesse évolué (et évoluera encore sans l&#039;ombre d&#039;un doute). Les théories s&#039;affrontent, comme souvent en économie, et l&#039;on peut trouver des données empiriques pour contredire comme appuyer ces théories, suivant les hypothèses que l&#039;on accepte de poser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la Fed : Soutenir l&#039;emploi ==&lt;br /&gt;
Parce qu&#039;il semble important de le noter, la Banque centrale des USA, la fameuse &amp;quot;&#039;&#039;Federal Reserve&#039;&#039;&amp;quot;, ou Fed, a également un objectif complémentaire qui est le soutien à l&#039;emploi&amp;lt;ref&amp;gt;Les rôles de la Fed : https://www.meilleurescpi.com/conseils/federal-reserve-system-role-et-fonctionnement-de-la-fed/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dit plus clairement, elle cherche même à maximiser l&#039;emploi et défend le &amp;quot;plein emploi&amp;quot;. Notons que ce n&#039;est pas l&#039;objectif affiché de la BCE, par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la SEBC : Soutenir les missions de politique générale de l&#039;UE&amp;lt;ref&amp;gt;Les missions de la SEBC : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:12008E127&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Rien de mieux que de citer l&#039;article ad-hoc pour parler de cette mission de la SEBC (qui regroupe la BCE, et les BCN de l&#039;UE, même celles en-dehors de l&#039;eurosystème, comme la Banque centrale de Suède pour n&#039;en citer qu&#039;une) :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L&#039;objectif principal du Système européen de banques centrales [...] est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l&#039;objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l&#039;Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l&#039;Union, tels que définis à l&#039;article 3 du traité sur l&#039;Union européenne. Le SEBC agit conformément au principe d&#039;une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l&#039;article 119.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la BCE : La lutte contre le changement climatique&amp;lt;ref&amp;gt;La BCE et le changement climatique&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Nous laisserons les wikinautes juges de la politique de la BCE sur ce sujet. L&#039;objectif est en tout cas apparent dans les mission de la BCE, la lutte contre le changement climatique fait bien partie des missions régaliennes de l&#039;organisme. Elle suit ainsi les travaux sur 3 volets :&lt;br /&gt;
* L&#039;orientation de la transition écologique ;&lt;br /&gt;
* L&#039;évaluation et la prise en compte de l’incidence physique accrue du changement climatique ;&lt;br /&gt;
* La poursuite des travaux sur les risques liés à la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n&#039;avons pas su trouver en quelques recherches rapides de proposition concrètes qui révolutionnent réellement les mécanismes mis en place jusqu&#039;alors, pour adresser pleinement le point de l&#039;écologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avec quels outils ? ==&lt;br /&gt;
Nous l&#039;avons évoqué dans la page relative à la [[Création_monétaire|création de monnaie]], la Banque centrale a à sa disposition un certain nombre d&#039;outils pour piloter ses missions. Nous l&#039;avons dit notamment, sa politique est &#039;&#039;indirecte&#039;&#039;. Elle cherche à influer sur le comportement des banques commerciales, en lui fixant des limites diverses et par des politiques monétaires incitatives, mais respectent néanmoins en parallèle le principe de liberté qui caractérise le modèle économique moderne. In fine, c&#039;est une vision qui croit à la loi de Say&amp;lt;ref&amp;gt;Loi de Say : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Say&amp;lt;/ref&amp;gt; qui impliquerait que dès lors qu&#039;on fait varier la quantité de monnaie en circulation, alors on contrôle de facto les prix et l&#039;inflation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les outils conventionnels ===&lt;br /&gt;
Parmi les outils à sa disposition, la Banque centrale peut utiliser des mécanismes usuels, dits &amp;quot;conventionnels&amp;quot;. Ainsi, elle fixe les taux directeurs (qui jouent sur les prêts et emprunts que les banques peuvent se faire entre elles sur le marché interbancaire), qui ont donc une conséquence indirecte sur les crédits proposés par les banques sur le marché et l&#039;économie réels.&lt;br /&gt;
Elle peut également fixer un taux de réserves obligatoires sur les &amp;quot;comptes Banque centrale&amp;quot; obligatoires pour les banques commerciales, qui imposent donc une limite haute à ce qu&#039;une banque commerciale aura le droit de prêter.&lt;br /&gt;
Enfin, cette contrainte de comptes sur le marché interbancaire lui permet de contrôler si les règles des différents acteurs bancaires sont bien respectées. Résumons à nouveau rapidement pour les wikinautes qui n&#039;auront pas encore lu la page sur la [[Création_monétaire|création monétaire]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de réserves obligatoires ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit de la quantité de monnaie banque centrale que les banques commerciales ont pour obligation de laisser, en rapport des prêts qu&#039;elles accordent. Ce taux est fixé à 1% par la BCE, depuis 2012. C&#039;est outil est bien peu utilisé en Europe. En revanche, la Banque Populaire de Chine (sa Banque centrale, donc) l&#039;utilise de manière plus dynamique, en fonction de ce qu&#039;elle observe dans l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Le taux de réserves obligatoires (RRR) en Chine : https://fr.tradingeconomics.com/china/cash-reserve-ratio&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de prêt marginal/taux de facilité de prêt marginal/taux d&#039;escompte ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit du taux des prêts consentis par la Banque centrale aux banques qui le souhaitent, et représentent le taux plafond auquel les banques peuvent emprunter à leur banque centrale. Ils ont une échéance très courte (souvent 24 heures). Ils n&#039;ont, a priori, pas de limite quant à la somme empruntée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de rémunération des dépôts/taux de facilité de dépôt ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit des taux auxquels la Banque centrale rémunère les dépôts des banques sur leurs comptes Banque centrale. Il s&#039;agit du taux plancher journalier, et ils ont également une échéance très courte (souvent 24 heures).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux opérations (d&#039;open-market)/opérations de refinancement ====&lt;br /&gt;
Instrument principal des Banques centrales modernes, les opérations de refinancement ont une échéance un peu plus longue que les taux directeurs précités, et représentent LE taux directeur de la Banque centrale s&#039;il ne fallait ne parler que d&#039;un seul taux. C&#039;est de lui dont on parle quand on dit qu&#039;une banque se refinance auprès de sa banque centrale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a 4 modalités d&#039;emprunt possible dans la zone euro (donc couverte par la BCE et les BCN soumises à l&#039;euro) :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;OPR&#039;&#039; (opérations principales de refinancement) sont celles dont on parle en majorité et représentent les 3/4 des échanges d&#039;open-market ;&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;LTRO&#039;&#039; (à plus long terme) ont une échéance à 3 mois. Ils sont destinés aux établissement de taille moyenne ou petite, qui utilisent peu le marché interbancaire pour couvrir leurs liquidités, et ont besoin d&#039;une procédure simplifiée pour couvrir leur refinancement en échangeant directement avec la Banque centrale ;&lt;br /&gt;
* Les opérations de réglage fin, plus exceptionnelles, qui ont pour objectif de réduire les fluctuations des taux d&#039;intérêt ;&lt;br /&gt;
* Les opérations structurelles, qui ne jouent pas sur les taux d&#039;intérêt, mais plutôt sur la position de liquidité des banques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les outils non-conventionnels ===&lt;br /&gt;
Malgré l&#039;ensemble des outils que nous avons pu évoquer soit brièvement plus haut, soit plus en détail sur la page de la création monétaire dédiée, il arrive que la machine se grippe. Les Banques centrales peuvent alors utiliser d&#039;autres mécanismes, considérés comme exceptionnels, sensés résoudre les problèmes que les outils conventionnels n&#039;ont pas réussi à résorber, les outils dits &#039;&#039;non-conventionnels&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Des outils non-conventionnels : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/html/unconventional.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. Nous allons parler de l&#039;&#039;&#039;assouplissement quantitatif (quantitative easing)&#039;&#039;, ou de la &#039;&#039;forward guidance&#039;&#039; entre autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Assouplissement quantitatif&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;assouplissement quantitatif : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_quantitatif&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
L&#039;assouplissement quantitatif consiste pour une Banque centrale à racheter de manière conséquente des titres de dette publique (particulièrement des obligations publiques pour citer l&#039;exemple le plus simple et courant) aux acteurs financiers (typiquement, les banques commerciales). Le but théorique est d&#039;augmenter la quantité de monnaie banque centrale détenue par les banques, et donc de réduire les taux d&#039;intérêts à moyen/long terme, incitant les banques à prêter d&#039;avantage aux acteurs économiques. {{Note|Notons un premier point.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les Banques centrales &#039;&#039;indépendantes&#039;&#039; n&#039;achètent pas directement d&#039;actifs auprès des États eux-mêmes, qui est une pratique interdite puisqu&#039;elles respectent le principe d&#039;indépendance vis-à-vis des États (&#039;&#039;&#039;ce qui n&#039;a pas toujours été le cas&#039;&#039;&#039;, l&#039;indépendance effective des Banques centrales étant en place dans de nombreux pays qui suivent ce modèle depuis les années 90 grosso modo). Nous dédierons une page sur l&#039;indépendance des Banques centrales, qui mérite qu&#039;on s&#039;y attarde. Les États n&#039;ayant pas le droit d&#039;emprunter directement aux Banques centrales, ce sont les banques commerciales qui jouent ce rôle, et la Banque centrale rachète donc les titres de dettes concernés auprès desdites banques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Notons également que cette pratique se distingue des opérations d&#039;open-market habituelles par le volume concerné, la durée dans le temps (on est sur une échelle d&#039;années ici), et la nature spécifique des actifs rachetés par la Banque centrale.}}&lt;br /&gt;
Cette politique a été mise en place en 2001 par la Banque centrale du Japon par exemple, pour faire face à la crise de la décennie 90, ou par la Fed, la BCE et la Banque d&#039;Angleterre vers 2007-2008 (période du début de la crise des subprimes) et stoppé dans les années 2021-2023 du fait d&#039;une forte inflation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Forward guidance&amp;lt;ref&amp;gt;La forward guidance de la BCE : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me/html/what-is-forward_guidance.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
Le concept de forward guidance consiste en ce qu&#039;une Banque centrale fournisse des éléments pour indiquer l&#039;orientation de sa politique monétaire future. Elle a donc pour but d&#039;apporter de la prévisibilité dans ce qu&#039;elle souhaite faire à l&#039;avenir, afin de réduire l&#039;incertitude, et encourager les marchés à aller dans la direction qu&#039;elle souhaite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa politique monétaire étant connue, il lui faut alors respecter l&#039;engagement promis, afin d&#039;engager la confiance de l&#039;ensemble des acteurs concernés. Elle repose aussi sur l&#039;évaluation faite par le &amp;quot;Conseil des gouverneurs&amp;quot;, gage de confiance supplémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Assouplissement qualitatif&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;assouplissement qualitatif : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_qualitatif&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
On en parle moins en ce moment, mais il existe un autre mécanisme non-conventionnel d&#039;assouplissement, l&#039;assouplissement qualitatif. Il s&#039;agit pour une Banque centrale d&#039;acheter des titres de dette publique ou des créances de faible qualité, soit en monnaie, soit via des actifs de qualité. Le but est d&#039;assainir le marché, et éviter que trop d&#039;actifs toxiques viennent perturber l&#039;économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== TLTRO ====&lt;br /&gt;
Les TLTRO sont des &#039;&#039;opérations ciblées de refinancement à plus long terme (Targeted longer-term refinancing operations)&#039;&#039; qui permettent aux banques commerciales de bénéficier de prêts de la part de la Banque Centrale Européenne (pour le cas de la BCE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces opérations se distinguent des opérations d&#039;open-market sur au moins trois volets principaux :&lt;br /&gt;
* Il s&#039;agit d&#039;opérations &amp;quot;ciblées&amp;quot;. Elles visent spécifiquement à augmenter le volume de prêts bancaires accordés par les banques commerciales aux ménages et entreprises ;&lt;br /&gt;
* Ces opérations sont &amp;quot;conditionnelles&amp;quot;. Les banques commerciales doivent s&#039;engager à faire circuler la liquidité nouvellement acquise : le montant maximal proposé est plafonné par le niveau correspondant de prêts que la banque s&#039;engage à octroyer aux ménages et entreprises avant l&#039;opération. Plus la banque consent de prêts aux entreprises et ménages, plus la banque peut emprunter via des TLTRO ;&lt;br /&gt;
* Les TLTRO sont des prêts à échéance de 4 ans, ce qui est bien plus long que les opérations d&#039;open-market qui ont en général une échéance d&#039;une semaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les politiques monétaires non-conventionnelles de la BCE entre 2010 et 2022&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques non-conventionnelles de la BCE (2010-2022) : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/theories-economiques/creation-monetaire/le-rachat-de-titres-de-la-dette-publique-par-la-bce-peut-il-etre-assimile-a-de-la-creation-monetaire/&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Pour illustrer encore un peu plus loin les outils non-conventionnels utilisés par les Banques centrale, nous prendrons l&#039;exemple concret de la BCE et de sa politique monétaire des dernières années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Securities Markets Program (SMP) ===&lt;br /&gt;
Le but de ce programme, mis en place en mai 2010, consistait à racheter des titres de dettes publiques directement sur le marché secondaire (c&#039;est à dire auprès des banques commerciales qui les détenait, le plus souvent). C&#039;est ainsi que la BCE a racheté des obligations souveraines de l&#039;Espagne, de la Grèce, de l&#039;Irlande, de l&#039;Italie et du Portugal, pour un montant d&#039;environ 220 milliards d&#039;euros. Notons que pour ce rachat la BCE a &#039;&#039;stérilisé&#039;&#039; ses opérations en retirant le même montant de liquidités des comptes Banque centrale des établissements concernés. De fait, aucune création monétaire n&#039;a été faite, et la &#039;&#039;base monétaire&#039;&#039; n&#039;a donc pas bougé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Outright Monetary Transaction (OMT) ===&lt;br /&gt;
Le programme SMP a cédé sa place en 2012 à l&#039;OMT, mais qui n&#039;a donné lieu, in fine, à aucun rachat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Asset Purchase Program (APP), le programme de Quantitative Easing européen ===&lt;br /&gt;
Nous en avons abordé le concept plus haut, la BCE a aussi utilisé l&#039;&#039;&#039;&#039;assouplissement quantitatif&#039;&#039;&#039; pour influer sur l&#039;économie réelle. Cette politique se base sur plusieurs concepts, dits de canaux de transmission de la politique monétaire :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du crédit ====&lt;br /&gt;
La BCE fait gonfler la quantité de liquidités dont les banques commerciales disposent sur leur compte Banque centrale, en leur rachetant leurs obligations. De fait, elles encouragent les banques à prêter plus aisément sur le marché de l&#039;économie réelle, comme on l&#039;a vu plus haut en abordant le concept d&#039;assouplissement quantitatif (le quantitative easing en anglais, ou QE pour les intimes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du prix des actifs ====&lt;br /&gt;
Du fait de ces achats massifs, le prix des obligations augmente de facto (la demande augmente, donc l&#039;offre s&#039;adapte). Cela a aussi pour effet de réduire le rendement des obligations (elles sont plus chères, mais rapportent le même montant). Les nouvelles obligations sont alors moins intéressantes (leur taux d&#039;intérêt diminue en effet, puisqu&#039;elles rapportent un montant équivalent alors qu&#039;elles coûtent plus cher à l&#039;achat, nous venons de le dire). Cela a pour effet escompté d&#039;encourager l&#039;investissement et la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal de la confiance ====&lt;br /&gt;
Puisque la politique de la BCE concernant ses achats est claire et connue, elle peut avoir tendance à rassurer les agents économiques et les aider à prévoir leurs investissements ou consommations futures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du signal ====&lt;br /&gt;
De même, les investisseurs se voient offrir la même prévisibilité et cela les aide dans leurs anticipations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du taux de change ====&lt;br /&gt;
Les effets sur l&#039;international d&#039;un tel programme sont plus difficiles à prévoir, mais l&#039;on considère que de manière générale, ces effets sont positifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les chiffres ====&lt;br /&gt;
En 2015, le programme d&#039;assouplissement quantitatif de la BCE affichait un objectif de rachat d&#039;obligations à hauteur de 1100 milliards d&#039;euros. Ce programme, l&#039;APP, a duré jusque fin 2018, et a finalement chiffré à hauteur d&#039;environ 2600 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) ===&lt;br /&gt;
Enfin, la Covid-19 a provoqué une nouvelle opération de QE, avec un montant en 2020 atteignant 1850 milliards. Fin 2022, qui a marqué la fin de l&#039;utilisation de cet outil, l&#039;enveloppe globale chiffrait à plus de 5000 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mais la création monétaire dans tout ça ? ===&lt;br /&gt;
Notons que la masse monétaire (la monnaie de l&#039;économie réelle, l&#039;agrégat M1, M2, M3) n&#039;a pas spécialement augmenté, malgré l&#039;augmentation conséquente de la base monétaire (la monnaie Banque centrale, M0). On en parlera sûrement plus longuement dans d&#039;autres pages, mais notons cela dans un coin pour référence future.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quel résultat ? ==&lt;br /&gt;
Voici la courbe de l&#039;inflation en France entre 2000 et 2025. Notons, par honnêteté intellectuelle, qu&#039;il s&#039;agit de l&#039;inflation de la France uniquement, pas de l&#039;ensemble de la zone couverte par la BCE. Nous préférons réserver une page dédiée à la critique de la politique monétaire de la BCE, et laissons simplement les wikinautes découvrir les données de l&#039;INSEE&amp;lt;ref&amp;gt;INSEE - L&#039;essentiel de l&#039;inflation : https://www.insee.fr/fr/statistiques/4268033&amp;lt;/ref&amp;gt; :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour découvrir la courbe d&#039;inflation selon Eurostat de l&#039;ensemble de la zone euro, voire de l&#039;UE, c&#039;est [https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-euro-indicators/w/2-17092026-ap?item=chart&amp;amp;id=1 ici]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les missions complémentaires éventuelles des Banques centrales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Assurer la stabilité financière ===&lt;br /&gt;
La Banque centrale a un également un rôle de surveillance des banques et des infrastructures de marché et emploie des politiques dites &#039;&#039;&#039;macroprudentielles&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La stabilité financière, kesako ? : https://www.ecb.europa.eu/ecb/orga/tasks/stability/html/index.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, en complément des missions précédentes, le but est de répondre aux questions : y a-t-il des vulnérabilités dans le système ? Le système actuel est-il capable de résister aux crises qui pourraient survenir, et quelle est sa résilience face aux changements possibles ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Surveiller les systèmes de paiement&amp;lt;ref&amp;gt;La mission de surveillance des systèmes de paiement de la BdF : https://www.banque-france.fr/fr/strategie-monetaire/surveillance-moyens-paiement-scripturaux-cadre-institutionnel&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on prend l&#039;exemple de la Banque de France (la Banque centrale de France, elle-même adossée à la Banque centrale européenne), elle a aussi un rôle de surveillance des moyens de paiement. Les missions ici sont doubles : il s&#039;agit d&#039;une part de lutter contre la fraude, et d&#039;autre part de renforcer les moyens de sécurité mis en place pour que les paiements s&#039;effectuent dans un cadre de sécurité suffisant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les organismes français associés à cette mission, imbriquant le Ministère public comme la Banque de France sont : le Conseil National des Moyens de Paiement (CNMP, qui coordonne la stratégie nationale sur les moyens de paiement) et l&#039;Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement (OSMP, qui lutte contre la fraude et les vulnérabilités des moyens de paiement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tenir les comptes de l’État ===&lt;br /&gt;
Et oui, le Compte du Trésor est à la Banque de France. C&#039;est suffisamment marquant pour être souligné, quand on pense qu&#039;en parallèle, l&#039;indépendance de la Banque centrale contraint et empêche l’État d&#039;emprunter auprès de sa Banque centrale directement...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rendre des services financiers à d&#039;autres institutions financières ===&lt;br /&gt;
L&#039;exemple le plus simple ici est d&#039;évoquer les relations entre Banques centrales, qui pourraient fournir ou s&#039;échanger des devises dans telle ou telle monnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protéger les ménages contre le surendettement&amp;lt;ref&amp;gt;Le surendettement et ce que propose la BdF : https://www.ardie.fr/surendettement-banque-france/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Les piliers de la lutte contre le surendettement : https://www.tresor.economie.gouv.fr/banque-assurance-finance/prevention-et-traitement-du-surendettement&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
C&#039;est également le rôle de la Banque de France de proposer des solutions adaptées pour protéger les ménages qui seraient en situation de surendettement&amp;lt;ref&amp;gt;Le surendettement en France en 2025 : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/typologie-du-surendettement-des-menages-2025&amp;lt;/ref&amp;gt; (c&#039;est à dire lorsque leurs dettes sont impossibles à rembourser via leurs ressources). Cette situation peut se produire lors d&#039;une séparation, ou une perte d&#039;emploi brusque par exemple, et est étudiée au cas par cas par une commission spécifique, et doit évidemment répondre à des critères de bonne foi. Une solution possible est le rééchelonnement des créances, ou dans les cas les plus critiques, à un effacement de la dette pour tout ou partie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;éducation financière&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;éducation financière au sein de l&#039;OCDE : https://www.banque-france.fr/fr/la-strategie-nationale-deducation-economique-budgetaire-et-financiere-educfi&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
L&#039;économie n&#039;est pas qu&#039;une affaire de spécialiste, et l&#039;un des rôles des Banques centrales (c&#039;est en tout cas l&#039;engagement de 70 pays dont ceux de l&#039;OCDE) est de promouvoir l&#039;éducation de tous sur les grands principes économiques. Elle a forcément un parti pris, mais fournit néanmoins des clés pour comprendre les mécanismes économiques en vigueur aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines références de cette page reposent justement sur des liens issus de cette sensibilisation. Différents formats de formation existent par ailleurs&amp;lt;ref&amp;gt;Référence livre : l&#039;ABC de l&#039;économie : https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/abc-economie-guide-d-education-economique-monetaire-et-financiere&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Indépendance des Banques centrales&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Nous n&#039;avons pas évoqué l&#039;indépendance des Banques centrales, qui mérite une page dédiée. C&#039;est un concept important qui a fait débat, et qui continue de le faire aujourd&#039;hui. On l&#039;a survolé également sur la page de la [[Création_monétaire|création monétaire]]. Nous le remettons brièvement ici : depuis les années 1990, certaines économies modernes posent le principe que les banques centrales adoptent une politique monétaire indépendante de ce que souhaitent les gouvernements auxquels elles sont adossées. L&#039;illustration principale de ce concept est que les États ne peuvent plus emprunter directement à leurs Banques centrales. Ce qui n&#039;a clairement pas toujours été le cas, et est d&#039;ailleurs remis en cause par nombre d&#039;économistes&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous mettons ici une citation tout de même :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Forder [2005] rappelle d’ailleurs, d’une part, que l’idée de banque centrale indépendante [...] ne faisait pas consensus parmi les économistes.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Indépendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements|L&#039;indépendance des banques centrales questionnée]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous vous l&#039;avons conseillée : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=L%27ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1248</id>
		<title>L&#039;indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=L%27ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1248"/>
		<updated>2026-09-30T16:13:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : Wiki adm a déplacé la page L&amp;#039;indépendance des Banques centrales - Questionnements vers Indépendance des Banques centrales - Questionnements : Titre mal orthographié : Nous préférons cette formulation&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;#REDIRECTION [[Indépendance des Banques centrales - Questionnements]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1247</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1247"/>
		<updated>2026-09-30T16:13:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : Wiki adm a déplacé la page L&amp;#039;indépendance des Banques centrales - Questionnements vers Indépendance des Banques centrales - Questionnements : Titre mal orthographié : Nous préférons cette formulation&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos; il est même particulièrement tendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1246</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1246"/>
		<updated>2026-09-30T16:01:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?La fragile notion d&amp;#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos; il est même particulièrement tendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1245</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1245"/>
		<updated>2026-09-30T16:00:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Est-ce qu&amp;#039;il y a consensus chez les économistes ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* La politique monétaire des Banques centrales est particulièrement axée sur la stabilité des prix en tentant de contrôler la masse monétaire (via le contrôle de la base monétaire). Pourtant, l&#039;étude empirique des dernières années montre que la théorie bute contre la réalité, notamment parce que l&#039;action des Banques centrales est indirecte sur l&#039;action des banques commerciales. Celles-ci peuvent par exemple, plutôt que de relancer la consommation par l&#039;octroi supplémentaire de crédits, telle que l&#039;attend la Banque centrale, simplement capitaliser sur ces liquidités, les investir sur le marché spéculatif, ou simplement les stocker sur leurs comptes Banques centrales pour améliorer leur bilan. Or, c&#039;est cette politique qui justifie en partie l&#039;indépendance des Banques centrales, comme gage de stabilité et de confiance auprès des agents économiques, en particulier ceux proches du monde de la finance ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1244</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1244"/>
		<updated>2026-09-30T15:52:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?La fragile notion d&amp;#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Même si un grand nombre de Banques centrales sont aujourd&#039;hui (ces lignes sont écrites en 2026) indépendantes (certes, à des degrés divers), le débat concernant le bien-fondé de cet état de fait n&#039;est pas clos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce qu&#039;il y a consensus chez les économistes ? ===&lt;br /&gt;
Le consensus dans un domaine comme l&#039;économie n&#039;est pas forcément gage de valeur. Par exemple, le consensus économique ne prévoyait pas la crise financière d&#039;ampleur de 2008 et considérait au contraire que le système était suffisamment stable à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, nous en avons esquissé certaines limites, le modèle sur lequel repose la théorie part d&#039;hypothèses caduques, et n&#039;a pas forcément été prouvé empiriquement. Reprenons plusieurs points d&#039;achoppement pour les avoir en tête :&lt;br /&gt;
* Le politique serait, ab initio, source d&#039;inflation, et la compétition électorale en serait le rouage principal. Cela reste à démontrer, mais c&#039;est le postulat de départ de l&#039;hypothèse d&#039;indépendance. Or, si l&#039;on considère que le processus électoral serait la source de l&#039;inflation, comment explique-t-on que l&#039;inflation ait aussi gagné les régimes dictatoriaux de cette même époque ? A l&#039;inverse, comment explique-t-on l&#039;inflation basse au Japon, alors même que la Banque centrale n&#039;est pas, de facto ni de jure, indépendante ?&lt;br /&gt;
* La relation inverse entre indépendance des Banques centrales et inflation ne résiste pas toujours à l&#039;épreuve des études empiriques (plus on ajoute de données, plus le facteur de corrélation diminue, pour être quasi nul lorsqu&#039;on analyse l&#039;ensemble des données). Certains affirment au contraire que la littérature prouve cette relation comme avérée (Persson &amp;amp; Tabellini - 1994). Dans les faits, et en prenant certaines hypothèses allant dans le sens de Persson &amp;amp; Tabellini, alors on trouve encore des exceptions à cette relation inverse, comme pour le Japon et le Danemark pour les pays développés, ainsi que l&#039;ensemble des pays en voie de développement ;&lt;br /&gt;
* La négociation collective et la modération salariale, qui ont pourtant pu jouer un rôle considérable dans la limitation de l&#039;inflation, sont purement ignorées des résultats des politiques de l&#039;époque, attribuant donc le succès de la limitation de l&#039;inflation à la seule politique monétaire indépendante des Banques centrales ;&lt;br /&gt;
* Le modèle fermé qui a servi de base aux réflexions initiales de Kydland &amp;amp; Prescott représente une théorie éloignée de la pratique d&#039;un univers mondialisé et financiarisé ;&lt;br /&gt;
* Au-delà de ces arguments économiques, non-exhaustifs, voyons d&#039;autres prismes de lecture qui justifient selon nous le débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
Les Banques centrales ont pour mission première la stabilité des prix, en contrôlant l&#039;inflation. Force est de constater que la politique monétaire, étant indirecte, n&#039;y arrive pas toujours. On peut ainsi constater que la politique monétaire des Banques centrales, au fil des décennies, se dote d&#039;outils nouveaux, signe que les mécanismes conventionnels n&#039;y suffisent probablement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise de 2008 ne rassure pas forcément sur la capacité des Banques centrales à garantir la stabilité des prix, qui est pourtant leur fonction première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, voyons les chiffres de l&#039;inflation, au niveau français pour l&#039;exemple (et parce que nous avons les données à disposition), afin de constater s&#039;il y a divergence ou non entre l&#039;objectif premier de la BdF et la réalité :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
==== La volonté affichée d&#039;apporter un contrôle démocratique sur l&#039;activité des Banques centrales ====&lt;br /&gt;
Il faut reconnaître à la plupart des acteurs associés au processus d&#039;indépendance des Banques centrales, la volonté, a minima affichée, d&#039;inscrire la démarche dans un cadre démocratique. Les gouverneurs de la BCE par exemple, rendent régulièrement des comptes au Parlement Européen. Ainsi, les Banques centrales doivent expliquer leurs choix dans un langage simple et clair, afin de démontrer que les mesures qu&#039;elles ont prises sont justifiées et pertinentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la question reste légitime : dans quelle mesure estime-t-on qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un processus démocratique, dès lors que la nomination des gouverneurs des Banques centrales n&#039;est pas soumise au vote populaire (c&#039;est le Conseil des Ministres qui le décide, pas même le Parlement Européen, même s&#039;il est consulté) ? Quels mécanismes de contrôle le peuple exerce-t-il sur les mesures mises en place par ces mêmes gouverneurs ? Quels moyens ont les différents représentants pour contrôler ces actions ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Politiques budgétaire et monétaire peuvent-elles réellement être indépendantes ? ====&lt;br /&gt;
Si l&#039;on en croit les travaux comme ceux de Polanyi&amp;lt;ref&amp;gt;La nécessaire imbrication des rapports sociaux et du monde économique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Polanyi#Perspective_ouverte_:_r%C3%A9-encastrement_de_l&#039;%C3%A9conomique_dans_le_rapport_social_et_d%C3%A9mocratique&amp;lt;/ref&amp;gt;, politiques budgétaire et monétaire ne peuvent pas être réellement indépendantes. Certains économistes démontrent notamment que des orientations différentes des politiques monétaire et budgétaire sont néfastes&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques budgétaire et monétaire doivent être alignées pour être pertinentes : https://sciencespo.hal.science/hal-03475872v1&amp;lt;/ref&amp;gt;, tant dans un modèle d&#039;économie fermée (comme le postulat des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott) qu&#039;un modèle plus ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, la politique monétaire de la Banque centrale, en cherchant &amp;quot;uniquement&amp;quot; la stabilité des prix, devrait, si l&#039;on croit en une réelle indépendance, n&#039;avoir aucun effet sur le chômage ou la croissance, ce qui n&#039;est, de facto, pas vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&#039;il fallait encore le prouver, il suffit d&#039;écouter les dirigeants des Banques centrales pour comprendre que leur périmètre d&#039;action dépasse la politique monétaire, et atteint le monde politique lui-même. Un exemple parlant est l&#039;analyse du président de la Banque de France quant à la politique budgétaire du gouvernement Français&amp;lt;ref&amp;gt;Quand le gouverneur de la BdF se mêle de politique budgétaire : https://www.franceinfo.fr/economie/budget/dette-francaise-le-gouverneur-de-la-banque-de-france-alerte-sur-le-risque-d-etouffement-progressif-du-pays_7642835.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. En termes d&#039;indépendance, on a déjà vu mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Acteurs_%C3%A9conomiques_:_Les_banques_centrales&amp;diff=1243</id>
		<title>Acteurs économiques : Les banques centrales</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Acteurs_%C3%A9conomiques_:_Les_banques_centrales&amp;diff=1243"/>
		<updated>2026-09-30T15:08:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Quel résultat ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Cette page est un complément à d&#039;autres pages. Nous invitons les wikinautes à d&#039;abord lire la page sur la création monétaire : [[Création_monétaire|Création monétaire]]. Elle devrait permettre d&#039;aborder des questionnements plus complexes, comme l&#039;indépendance des Banques centrales, qui fera sûrement l&#039;objet d&#039;une page dédiée. En tout cas, celle-ci est destinée à se concentrer particulièrement sur le rôle des Banques centrales&amp;lt;ref&amp;gt;Petite introduction des Banques centrales par la BdF : https://www.youtube.com/watch?v=XH9n7-Vsahk&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est parti pour un petit tour d&#039;horizon...}}&lt;br /&gt;
== La stabilité des prix ==&lt;br /&gt;
La mission principale et première des Banques centrales est d&#039;assurer la stabilité des prix&amp;lt;ref name=&amp;quot;stability&amp;quot;&amp;gt;La stabilité des prix et ses enjeux : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me-more/html/stableprices.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cela implique deux concepts dont il faut continuellement surveiller la balance : d&#039;un côté, les prix ne doivent pas enregistrer de hausse (inflation) importante, mais aussi toute période continue de baisse des prix (déflation) doit être évitée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi, en théorie, une inflation trop forte n&#039;est pas bonne ? ===&lt;br /&gt;
L&#039;inflation, c&#039;est une hausse de prix généralisée&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;inflation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Inflation&amp;lt;/ref&amp;gt; et une baisse du pouvoir d&#039;achat. En effet, la monnaie dont nous disposons ne permet pas d&#039;acheter autant de biens et de services qu&#039;avant, puisque leurs prix ont augmenté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le coût de la vie croît, il est possible que les ménages demandent des augmentations de salaire. Les employeurs pourraient alors avoir, en réaction, la volonté d&#039;augmenter les prix pour satisfaire les revendications salariales de ses employés (tout en conservant leurs marges). Si beaucoup d&#039;acteurs économiques agissent de la même façon, les hausses de prix continueront et la spirale ne s&#039;arrêtera pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette spirale rend difficile pour les agents économiques que sont les ménages et les entreprises de &#039;&#039;planifier&#039;&#039; leurs économies comme leurs investissements. Il se peut aussi que la confiance en la monnaie se détériore du fait de sa dépréciation (s&#039;il me faut 20 &amp;quot;flouz&amp;quot; au lieu de 15 &amp;quot;flouz&amp;quot; pour acheter des biens, c&#039;est que le &amp;quot;flouz&amp;quot; se dévalue).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais en poussant le raisonnement et ces hypothèses, c&#039;est en particulier le risque d&#039;hyperinflation que les Banques centrales cherchent à tout prix à éviter (cas d&#039;inflation ultra-rapide conduisant à l&#039;effondrement de la valeur de la monnaie associée). Les exemples historiques de cas d&#039;hyperinflation sont par exemple l&#039;Allemagne après 1918 sous la république de Weimar, ou l&#039;Argentine dans la fin des années 80&amp;lt;ref&amp;gt;Cas d&#039;hyperinflation historiques : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation#Les_cas_d&#039;hyperinflation_dans_l&#039;Histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate que cette théorie part d&#039;hypothèses, et correspond donc à une vision précise de l&#039;économie, mais c&#039;est en tout cas celle qui sous-tend la politique monétaire des Banques centrales en 2026.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi, en théorie, une déflation trop longue n&#039;est pas bonne ? ===&lt;br /&gt;
La déflation, c&#039;est l&#039;inverse. Lorsque l&#039;on est consommateur, cela semble être une aubaine. Néanmoins, là encore, le phénomène est à étudier dans la notion de prévisibilité. Si les consommateurs pensent que le prix des biens ou des services qui les intéressent vont baisser demain, ils pourraient être tentés de patienter avant de consommer. Si les agents économiques raisonnent tous de la même manière, alors ce sont les entreprises qui vont en pâtir, puisque leurs ventes risquent de stagner ou diminuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la consommation chute, du fait de cet attentisme, les entreprises peuvent se voir contraintes de geler ou réduire leur production, et donc geler ou réduire les salaires, voire de réduire leurs effectifs. Cela pourrait donc engendrer une hausse du chômage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ralentissement de l&#039;économie pourrait donc provoquer une réduction généralisée des dépenses et de l&#039;investissement, dans le privé comme dans le service public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déflation la plus connue est probablement la grande crise de 1929 qui éclata à la bourse de New York le 24 octobre&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Dépression, une déflation made in USA : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre comme le précédent, on comprend donc que la théorie, en posant certaines hypothèses, repose également sur une notion de temporalité : c&#039;est ce qui est fait aujourd&#039;hui qui a des conséquences sur demain, notamment du fait de l&#039;observation, précise ou non, erronée ou non, par l&#039;ensemble des acteurs économiques de ce qui se produit aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi un taux de 2% d&#039;augmentation des prix fixé par la BCE ? ===&lt;br /&gt;
Une inflation mesurée, et une déflation limitée dans le temps. In fine, quel est l&#039;objectif de la BCE ? Il est défini précisément, de manière quantitative, par un taux d&#039;inflation appelé &#039;&#039;indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH)&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;IPCH : https://www.ecb.europa.eu/stats/macroeconomic_and_sectoral/hicp/html/index.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et qui vaut 2% à moyen terme. C&#039;est à dire qu&#039;à moyen terme, les prix doivent augmenter à hauteur de 2%, donc que l&#039;on doit avoir une légère inflation pour que la BCE considère que sa politique de stabilité des prix est un succès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le taux de 2% :&lt;br /&gt;
* Permet d&#039;afficher un objectif clair et prévisible, donc d&#039;améliorer la prévisibilité de l&#039;économie ;&lt;br /&gt;
* Permet de disposer d&#039;une petite marge de sécurité en cas de déflation (et donc d&#039;éviter de faire trop appel à des outils non-conventionnels de la part de la Banque centrale) ;&lt;br /&gt;
* De supporter l&#039;écart d&#039;inflation entre les différents pays de la zone Euro (les observations s&#039;effectuant sur du temps moyen ou long, cela permet en théorie de lisser les écarts éventuels entre les pays, certains pouvant avoir une inflation plus forte que d&#039;autres, par exemple)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mais pourquoi défendre cette stabilité ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie consiste à imaginer que la stabilité des prix &amp;quot;concourt à assurer la croissance de l’économie mais aussi à protéger les emplois et à préserver le pouvoir d’achat&amp;quot;, c&#039;est en tout cas ce que l&#039;on peut lire sur le site de la BCE&amp;lt;ref name=&amp;quot;stability&amp;quot; /&amp;gt;. Et l&#039;on a pu voir dans les points précédents ce que la théorie reprochait à une inflation trop forte ou à une déflation trop longue dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle repose surtout sur la notion de prévisibilité, et sur la relation de confiance qu&#039;ont l&#039;ensemble des acteurs économiques (mais aussi financiers) sur l&#039;économie et les prix d&#039;aujourd&#039;hui ... et de demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si c&#039;est la politique actuelle, elle a sans cesse évolué (et évoluera encore sans l&#039;ombre d&#039;un doute). Les théories s&#039;affrontent, comme souvent en économie, et l&#039;on peut trouver des données empiriques pour contredire comme appuyer ces théories, suivant les hypothèses que l&#039;on accepte de poser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la Fed : Soutenir l&#039;emploi ==&lt;br /&gt;
Parce qu&#039;il semble important de le noter, la Banque centrale des USA, la fameuse &amp;quot;&#039;&#039;Federal Reserve&#039;&#039;&amp;quot;, ou Fed, a également un objectif complémentaire qui est le soutien à l&#039;emploi&amp;lt;ref&amp;gt;Les rôles de la Fed : https://www.meilleurescpi.com/conseils/federal-reserve-system-role-et-fonctionnement-de-la-fed/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dit plus clairement, elle cherche même à maximiser l&#039;emploi et défend le &amp;quot;plein emploi&amp;quot;. Notons que ce n&#039;est pas l&#039;objectif affiché de la BCE, par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la SEBC : Soutenir les missions de politique générale de l&#039;UE&amp;lt;ref&amp;gt;Les missions de la SEBC : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:12008E127&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Rien de mieux que de citer l&#039;article ad-hoc pour parler de cette mission de la SEBC (qui regroupe la BCE, et les BCN de l&#039;UE, même celles en-dehors de l&#039;eurosystème, comme la Banque centrale de Suède pour n&#039;en citer qu&#039;une) :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L&#039;objectif principal du Système européen de banques centrales [...] est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l&#039;objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l&#039;Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l&#039;Union, tels que définis à l&#039;article 3 du traité sur l&#039;Union européenne. Le SEBC agit conformément au principe d&#039;une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l&#039;article 119.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la BCE : La lutte contre le changement climatique&amp;lt;ref&amp;gt;La BCE et le changement climatique&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Nous laisserons les wikinautes juges de la politique de la BCE sur ce sujet. L&#039;objectif est en tout cas apparent dans les mission de la BCE, la lutte contre le changement climatique fait bien partie des missions régaliennes de l&#039;organisme. Elle suit ainsi les travaux sur 3 volets :&lt;br /&gt;
* L&#039;orientation de la transition écologique ;&lt;br /&gt;
* L&#039;évaluation et la prise en compte de l’incidence physique accrue du changement climatique ;&lt;br /&gt;
* La poursuite des travaux sur les risques liés à la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n&#039;avons pas su trouver en quelques recherches rapides de proposition concrètes qui révolutionnent réellement les mécanismes mis en place jusqu&#039;alors, pour adresser pleinement le point de l&#039;écologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avec quels outils ? ==&lt;br /&gt;
Nous l&#039;avons évoqué dans la page relative à la [[Création_monétaire|création de monnaie]], la Banque centrale a à sa disposition un certain nombre d&#039;outils pour piloter ses missions. Nous l&#039;avons dit notamment, sa politique est &#039;&#039;indirecte&#039;&#039;. Elle cherche à influer sur le comportement des banques commerciales, en lui fixant des limites diverses et par des politiques monétaires incitatives, mais respectent néanmoins en parallèle le principe de liberté qui caractérise le modèle économique moderne. In fine, c&#039;est une vision qui croit à la loi de Say&amp;lt;ref&amp;gt;Loi de Say : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Say&amp;lt;/ref&amp;gt; qui impliquerait que dès lors qu&#039;on fait varier la quantité de monnaie en circulation, alors on contrôle de facto les prix et l&#039;inflation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les outils conventionnels ===&lt;br /&gt;
Parmi les outils à sa disposition, la Banque centrale peut utiliser des mécanismes usuels, dits &amp;quot;conventionnels&amp;quot;. Ainsi, elle fixe les taux directeurs (qui jouent sur les prêts et emprunts que les banques peuvent se faire entre elles sur le marché interbancaire), qui ont donc une conséquence indirecte sur les crédits proposés par les banques sur le marché et l&#039;économie réels.&lt;br /&gt;
Elle peut également fixer un taux de réserves obligatoires sur les &amp;quot;comptes Banque centrale&amp;quot; obligatoires pour les banques commerciales, qui imposent donc une limite haute à ce qu&#039;une banque commerciale aura le droit de prêter.&lt;br /&gt;
Enfin, cette contrainte de comptes sur le marché interbancaire lui permet de contrôler si les règles des différents acteurs bancaires sont bien respectées. Résumons à nouveau rapidement pour les wikinautes qui n&#039;auront pas encore lu la page sur la [[Création_monétaire|création monétaire]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de réserves obligatoires ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit de la quantité de monnaie banque centrale que les banques commerciales ont pour obligation de laisser, en rapport des prêts qu&#039;elles accordent. Ce taux est fixé à 1% par la BCE, depuis 2012. C&#039;est outil est bien peu utilisé en Europe. En revanche, la Banque Populaire de Chine (sa Banque centrale, donc) l&#039;utilise de manière plus dynamique, en fonction de ce qu&#039;elle observe dans l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Le taux de réserves obligatoires (RRR) en Chine : https://fr.tradingeconomics.com/china/cash-reserve-ratio&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de prêt marginal/taux de facilité de prêt marginal/taux d&#039;escompte ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit du taux des prêts consentis par la Banque centrale aux banques qui le souhaitent, et représentent le taux plafond auquel les banques peuvent emprunter à leur banque centrale. Ils ont une échéance très courte (souvent 24 heures). Ils n&#039;ont, a priori, pas de limite quant à la somme empruntée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de rémunération des dépôts/taux de facilité de dépôt ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit des taux auxquels la Banque centrale rémunère les dépôts des banques sur leurs comptes Banque centrale. Il s&#039;agit du taux plancher journalier, et ils ont également une échéance très courte (souvent 24 heures).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux opérations (d&#039;open-market)/opérations de refinancement ====&lt;br /&gt;
Instrument principal des Banques centrales modernes, les opérations de refinancement ont une échéance un peu plus longue que les taux directeurs précités, et représentent LE taux directeur de la Banque centrale s&#039;il ne fallait ne parler que d&#039;un seul taux. C&#039;est de lui dont on parle quand on dit qu&#039;une banque se refinance auprès de sa banque centrale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a 4 modalités d&#039;emprunt possible dans la zone euro (donc couverte par la BCE et les BCN soumises à l&#039;euro) :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;OPR&#039;&#039; (opérations principales de refinancement) sont celles dont on parle en majorité et représentent les 3/4 des échanges d&#039;open-market ;&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;LTRO&#039;&#039; (à plus long terme) ont une échéance à 3 mois. Ils sont destinés aux établissement de taille moyenne ou petite, qui utilisent peu le marché interbancaire pour couvrir leurs liquidités, et ont besoin d&#039;une procédure simplifiée pour couvrir leur refinancement en échangeant directement avec la Banque centrale ;&lt;br /&gt;
* Les opérations de réglage fin, plus exceptionnelles, qui ont pour objectif de réduire les fluctuations des taux d&#039;intérêt ;&lt;br /&gt;
* Les opérations structurelles, qui ne jouent pas sur les taux d&#039;intérêt, mais plutôt sur la position de liquidité des banques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les outils non-conventionnels ===&lt;br /&gt;
Malgré l&#039;ensemble des outils que nous avons pu évoquer soit brièvement plus haut, soit plus en détail sur la page de la création monétaire dédiée, il arrive que la machine se grippe. Les Banques centrales peuvent alors utiliser d&#039;autres mécanismes, considérés comme exceptionnels, sensés résoudre les problèmes que les outils conventionnels n&#039;ont pas réussi à résorber, les outils dits &#039;&#039;non-conventionnels&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Des outils non-conventionnels : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/html/unconventional.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. Nous allons parler de l&#039;&#039;&#039;assouplissement quantitatif (quantitative easing)&#039;&#039;, ou de la &#039;&#039;forward guidance&#039;&#039; entre autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Assouplissement quantitatif&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;assouplissement quantitatif : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_quantitatif&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
L&#039;assouplissement quantitatif consiste pour une Banque centrale à racheter de manière conséquente des titres de dette publique (particulièrement des obligations publiques pour citer l&#039;exemple le plus simple et courant) aux acteurs financiers (typiquement, les banques commerciales). Le but théorique est d&#039;augmenter la quantité de monnaie banque centrale détenue par les banques, et donc de réduire les taux d&#039;intérêts à moyen/long terme, incitant les banques à prêter d&#039;avantage aux acteurs économiques. {{Note|Notons un premier point.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les Banques centrales &#039;&#039;indépendantes&#039;&#039; n&#039;achètent pas directement d&#039;actifs auprès des États eux-mêmes, qui est une pratique interdite puisqu&#039;elles respectent le principe d&#039;indépendance vis-à-vis des États (&#039;&#039;&#039;ce qui n&#039;a pas toujours été le cas&#039;&#039;&#039;, l&#039;indépendance effective des Banques centrales étant en place dans de nombreux pays qui suivent ce modèle depuis les années 90 grosso modo). Nous dédierons une page sur l&#039;indépendance des Banques centrales, qui mérite qu&#039;on s&#039;y attarde. Les États n&#039;ayant pas le droit d&#039;emprunter directement aux Banques centrales, ce sont les banques commerciales qui jouent ce rôle, et la Banque centrale rachète donc les titres de dettes concernés auprès desdites banques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Notons également que cette pratique se distingue des opérations d&#039;open-market habituelles par le volume concerné, la durée dans le temps (on est sur une échelle d&#039;années ici), et la nature spécifique des actifs rachetés par la Banque centrale.}}&lt;br /&gt;
Cette politique a été mise en place en 2001 par la Banque centrale du Japon par exemple, pour faire face à la crise de la décennie 90, ou par la Fed, la BCE et la Banque d&#039;Angleterre vers 2007-2008 (période du début de la crise des subprimes) et stoppé dans les années 2021-2023 du fait d&#039;une forte inflation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Forward guidance&amp;lt;ref&amp;gt;La forward guidance de la BCE : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me/html/what-is-forward_guidance.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
Le concept de forward guidance consiste en ce qu&#039;une Banque centrale fournisse des éléments pour indiquer l&#039;orientation de sa politique monétaire future. Elle a donc pour but d&#039;apporter de la prévisibilité dans ce qu&#039;elle souhaite faire à l&#039;avenir, afin de réduire l&#039;incertitude, et encourager les marchés à aller dans la direction qu&#039;elle souhaite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa politique monétaire étant connue, il lui faut alors respecter l&#039;engagement promis, afin d&#039;engager la confiance de l&#039;ensemble des acteurs concernés. Elle repose aussi sur l&#039;évaluation faite par le &amp;quot;Conseil des gouverneurs&amp;quot;, gage de confiance supplémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Assouplissement qualitatif&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;assouplissement qualitatif : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_qualitatif&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
On en parle moins en ce moment, mais il existe un autre mécanisme non-conventionnel d&#039;assouplissement, l&#039;assouplissement qualitatif. Il s&#039;agit pour une Banque centrale d&#039;acheter des titres de dette publique ou des créances de faible qualité, soit en monnaie, soit via des actifs de qualité. Le but est d&#039;assainir le marché, et éviter que trop d&#039;actifs toxiques viennent perturber l&#039;économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== TLTRO ====&lt;br /&gt;
Les TLTRO sont des &#039;&#039;opérations ciblées de refinancement à plus long terme (Targeted longer-term refinancing operations)&#039;&#039; qui permettent aux banques commerciales de bénéficier de prêts de la part de la Banque Centrale Européenne (pour le cas de la BCE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces opérations se distinguent des opérations d&#039;open-market sur au moins trois volets principaux :&lt;br /&gt;
* Il s&#039;agit d&#039;opérations &amp;quot;ciblées&amp;quot;. Elles visent spécifiquement à augmenter le volume de prêts bancaires accordés par les banques commerciales aux ménages et entreprises ;&lt;br /&gt;
* Ces opérations sont &amp;quot;conditionnelles&amp;quot;. Les banques commerciales doivent s&#039;engager à faire circuler la liquidité nouvellement acquise : le montant maximal proposé est plafonné par le niveau correspondant de prêts que la banque s&#039;engage à octroyer aux ménages et entreprises avant l&#039;opération. Plus la banque consent de prêts aux entreprises et ménages, plus la banque peut emprunter via des TLTRO ;&lt;br /&gt;
* Les TLTRO sont des prêts à échéance de 4 ans, ce qui est bien plus long que les opérations d&#039;open-market qui ont en général une échéance d&#039;une semaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les politiques monétaires non-conventionnelles de la BCE entre 2010 et 2022&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques non-conventionnelles de la BCE (2010-2022) : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/theories-economiques/creation-monetaire/le-rachat-de-titres-de-la-dette-publique-par-la-bce-peut-il-etre-assimile-a-de-la-creation-monetaire/&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Pour illustrer encore un peu plus loin les outils non-conventionnels utilisés par les Banques centrale, nous prendrons l&#039;exemple concret de la BCE et de sa politique monétaire des dernières années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Securities Markets Program (SMP) ===&lt;br /&gt;
Le but de ce programme, mis en place en mai 2010, consistait à racheter des titres de dettes publiques directement sur le marché secondaire (c&#039;est à dire auprès des banques commerciales qui les détenait, le plus souvent). C&#039;est ainsi que la BCE a racheté des obligations souveraines de l&#039;Espagne, de la Grèce, de l&#039;Irlande, de l&#039;Italie et du Portugal, pour un montant d&#039;environ 220 milliards d&#039;euros. Notons que pour ce rachat la BCE a &#039;&#039;stérilisé&#039;&#039; ses opérations en retirant le même montant de liquidités des comptes Banque centrale des établissements concernés. De fait, aucune création monétaire n&#039;a été faite, et la &#039;&#039;base monétaire&#039;&#039; n&#039;a donc pas bougé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Outright Monetary Transaction (OMT) ===&lt;br /&gt;
Le programme SMP a cédé sa place en 2012 à l&#039;OMT, mais qui n&#039;a donné lieu, in fine, à aucun rachat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Asset Purchase Program (APP), le programme de Quantitative Easing européen ===&lt;br /&gt;
Nous en avons abordé le concept plus haut, la BCE a aussi utilisé l&#039;&#039;&#039;&#039;assouplissement quantitatif&#039;&#039;&#039; pour influer sur l&#039;économie réelle. Cette politique se base sur plusieurs concepts, dits de canaux de transmission de la politique monétaire :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du crédit ====&lt;br /&gt;
La BCE fait gonfler la quantité de liquidités dont les banques commerciales disposent sur leur compte Banque centrale, en leur rachetant leurs obligations. De fait, elles encouragent les banques à prêter plus aisément sur le marché de l&#039;économie réelle, comme on l&#039;a vu plus haut en abordant le concept d&#039;assouplissement quantitatif (le quantitative easing en anglais, ou QE pour les intimes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du prix des actifs ====&lt;br /&gt;
Du fait de ces achats massifs, le prix des obligations augmente de facto (la demande augmente, donc l&#039;offre s&#039;adapte). Cela a aussi pour effet de réduire le rendement des obligations (elles sont plus chères, mais rapportent le même montant). Les nouvelles obligations sont alors moins intéressantes (leur taux d&#039;intérêt diminue en effet, puisqu&#039;elles rapportent un montant équivalent alors qu&#039;elles coûtent plus cher à l&#039;achat, nous venons de le dire). Cela a pour effet escompté d&#039;encourager l&#039;investissement et la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal de la confiance ====&lt;br /&gt;
Puisque la politique de la BCE concernant ses achats est claire et connue, elle peut avoir tendance à rassurer les agents économiques et les aider à prévoir leurs investissements ou consommations futures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du signal ====&lt;br /&gt;
De même, les investisseurs se voient offrir la même prévisibilité et cela les aide dans leurs anticipations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du taux de change ====&lt;br /&gt;
Les effets sur l&#039;international d&#039;un tel programme sont plus difficiles à prévoir, mais l&#039;on considère que de manière générale, ces effets sont positifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les chiffres ====&lt;br /&gt;
En 2015, le programme d&#039;assouplissement quantitatif de la BCE affichait un objectif de rachat d&#039;obligations à hauteur de 1100 milliards d&#039;euros. Ce programme, l&#039;APP, a duré jusque fin 2018, et a finalement chiffré à hauteur d&#039;environ 2600 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) ===&lt;br /&gt;
Enfin, la Covid-19 a provoqué une nouvelle opération de QE, avec un montant en 2020 atteignant 1850 milliards. Fin 2022, qui a marqué la fin de l&#039;utilisation de cet outil, l&#039;enveloppe globale chiffrait à plus de 5000 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mais la création monétaire dans tout ça ? ===&lt;br /&gt;
Notons que la masse monétaire (la monnaie de l&#039;économie réelle, l&#039;agrégat M1, M2, M3) n&#039;a pas spécialement augmenté, malgré l&#039;augmentation conséquente de la base monétaire (la monnaie Banque centrale, M0). On en parlera sûrement plus longuement dans d&#039;autres pages, mais notons cela dans un coin pour référence future.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quel résultat ? ==&lt;br /&gt;
Voici la courbe de l&#039;inflation en France entre 2000 et 2025. Notons, par honnêteté intellectuelle, qu&#039;il s&#039;agit de l&#039;inflation de la France uniquement, pas de l&#039;ensemble de la zone couverte par la BCE. Nous préférons réserver une page dédiée à la critique de la politique monétaire de la BCE, et laissons simplement les wikinautes découvrir les données de l&#039;INSEE&amp;lt;ref&amp;gt;INSEE - L&#039;essentiel de l&#039;inflation : https://www.insee.fr/fr/statistiques/4268033&amp;lt;/ref&amp;gt; :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour découvrir la courbe d&#039;inflation selon Eurostat de l&#039;ensemble de la zone euro, voire de l&#039;UE, c&#039;est [https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-euro-indicators/w/2-17092026-ap?item=chart&amp;amp;id=1 ici]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les missions complémentaires éventuelles des Banques centrales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Assurer la stabilité financière ===&lt;br /&gt;
La Banque centrale a un également un rôle de surveillance des banques et des infrastructures de marché et emploie des politiques dites &#039;&#039;&#039;macroprudentielles&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La stabilité financière, kesako ? : https://www.ecb.europa.eu/ecb/orga/tasks/stability/html/index.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, en complément des missions précédentes, le but est de répondre aux questions : y a-t-il des vulnérabilités dans le système ? Le système actuel est-il capable de résister aux crises qui pourraient survenir, et quelle est sa résilience face aux changements possibles ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Surveiller les systèmes de paiement&amp;lt;ref&amp;gt;La mission de surveillance des systèmes de paiement de la BdF : https://www.banque-france.fr/fr/strategie-monetaire/surveillance-moyens-paiement-scripturaux-cadre-institutionnel&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on prend l&#039;exemple de la Banque de France (la Banque centrale de France, elle-même adossée à la Banque centrale européenne), elle a aussi un rôle de surveillance des moyens de paiement. Les missions ici sont doubles : il s&#039;agit d&#039;une part de lutter contre la fraude, et d&#039;autre part de renforcer les moyens de sécurité mis en place pour que les paiements s&#039;effectuent dans un cadre de sécurité suffisant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les organismes français associés à cette mission, imbriquant le Ministère public comme la Banque de France sont : le Conseil National des Moyens de Paiement (CNMP, qui coordonne la stratégie nationale sur les moyens de paiement) et l&#039;Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement (OSMP, qui lutte contre la fraude et les vulnérabilités des moyens de paiement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tenir les comptes de l’État ===&lt;br /&gt;
Et oui, le Compte du Trésor est à la Banque de France. C&#039;est suffisamment marquant pour être souligné, quand on pense qu&#039;en parallèle, l&#039;indépendance de la Banque centrale contraint et empêche l’État d&#039;emprunter auprès de sa Banque centrale directement...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rendre des services financiers à d&#039;autres institutions financières ===&lt;br /&gt;
L&#039;exemple le plus simple ici est d&#039;évoquer les relations entre Banques centrales, qui pourraient fournir ou s&#039;échanger des devises dans telle ou telle monnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protéger les ménages contre le surendettement&amp;lt;ref&amp;gt;Le surendettement et ce que propose la BdF : https://www.ardie.fr/surendettement-banque-france/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Les piliers de la lutte contre le surendettement : https://www.tresor.economie.gouv.fr/banque-assurance-finance/prevention-et-traitement-du-surendettement&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
C&#039;est également le rôle de la Banque de France de proposer des solutions adaptées pour protéger les ménages qui seraient en situation de surendettement&amp;lt;ref&amp;gt;Le surendettement en France en 2025 : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/typologie-du-surendettement-des-menages-2025&amp;lt;/ref&amp;gt; (c&#039;est à dire lorsque leurs dettes sont impossibles à rembourser via leurs ressources). Cette situation peut se produire lors d&#039;une séparation, ou une perte d&#039;emploi brusque par exemple, et est étudiée au cas par cas par une commission spécifique, et doit évidemment répondre à des critères de bonne foi. Une solution possible est le rééchelonnement des créances, ou dans les cas les plus critiques, à un effacement de la dette pour tout ou partie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;éducation financière&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;éducation financière au sein de l&#039;OCDE : https://www.banque-france.fr/fr/la-strategie-nationale-deducation-economique-budgetaire-et-financiere-educfi&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
L&#039;économie n&#039;est pas qu&#039;une affaire de spécialiste, et l&#039;un des rôles des Banques centrales (c&#039;est en tout cas l&#039;engagement de 70 pays dont ceux de l&#039;OCDE) est de promouvoir l&#039;éducation de tous sur les grands principes économiques. Elle a forcément un parti pris, mais fournit néanmoins des clés pour comprendre les mécanismes économiques en vigueur aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines références de cette page reposent justement sur des liens issus de cette sensibilisation. Différents formats de formation existent par ailleurs&amp;lt;ref&amp;gt;Référence livre : l&#039;ABC de l&#039;économie : https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/abc-economie-guide-d-education-economique-monetaire-et-financiere&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Indépendance des Banques centrales&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Nous n&#039;avons pas évoqué l&#039;indépendance des Banques centrales, qui mérite une page dédiée. C&#039;est un concept important qui a fait débat, et qui continue de le faire aujourd&#039;hui. On l&#039;a survolé également sur la page de la [[Création_monétaire|création monétaire]]. Nous le remettons brièvement ici : depuis les années 1990, certaines économies modernes posent le principe que les banques centrales adoptent une politique monétaire indépendante de ce que souhaitent les gouvernements auxquels elles sont adossées. L&#039;illustration principale de ce concept est que les États ne peuvent plus emprunter directement à leurs Banques centrales. Ce qui n&#039;a clairement pas toujours été le cas, et est d&#039;ailleurs remis en cause par nombre d&#039;économistes&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous mettons ici une citation tout de même :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Forder [2005] rappelle d’ailleurs, d’une part, que l’idée de banque centrale indépendante [...] ne faisait pas consensus parmi les économistes.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png&amp;diff=1242</id>
		<title>Fichier:BdF-Inflation-2020-2025.png</title>
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		<updated>2026-09-30T15:07:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Acteurs_%C3%A9conomiques_:_Les_banques_centrales&amp;diff=1241</id>
		<title>Acteurs économiques : Les banques centrales</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Acteurs_%C3%A9conomiques_:_Les_banques_centrales&amp;diff=1241"/>
		<updated>2026-09-30T15:06:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Quel résultat ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Cette page est un complément à d&#039;autres pages. Nous invitons les wikinautes à d&#039;abord lire la page sur la création monétaire : [[Création_monétaire|Création monétaire]]. Elle devrait permettre d&#039;aborder des questionnements plus complexes, comme l&#039;indépendance des Banques centrales, qui fera sûrement l&#039;objet d&#039;une page dédiée. En tout cas, celle-ci est destinée à se concentrer particulièrement sur le rôle des Banques centrales&amp;lt;ref&amp;gt;Petite introduction des Banques centrales par la BdF : https://www.youtube.com/watch?v=XH9n7-Vsahk&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est parti pour un petit tour d&#039;horizon...}}&lt;br /&gt;
== La stabilité des prix ==&lt;br /&gt;
La mission principale et première des Banques centrales est d&#039;assurer la stabilité des prix&amp;lt;ref name=&amp;quot;stability&amp;quot;&amp;gt;La stabilité des prix et ses enjeux : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me-more/html/stableprices.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cela implique deux concepts dont il faut continuellement surveiller la balance : d&#039;un côté, les prix ne doivent pas enregistrer de hausse (inflation) importante, mais aussi toute période continue de baisse des prix (déflation) doit être évitée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi, en théorie, une inflation trop forte n&#039;est pas bonne ? ===&lt;br /&gt;
L&#039;inflation, c&#039;est une hausse de prix généralisée&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;inflation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Inflation&amp;lt;/ref&amp;gt; et une baisse du pouvoir d&#039;achat. En effet, la monnaie dont nous disposons ne permet pas d&#039;acheter autant de biens et de services qu&#039;avant, puisque leurs prix ont augmenté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le coût de la vie croît, il est possible que les ménages demandent des augmentations de salaire. Les employeurs pourraient alors avoir, en réaction, la volonté d&#039;augmenter les prix pour satisfaire les revendications salariales de ses employés (tout en conservant leurs marges). Si beaucoup d&#039;acteurs économiques agissent de la même façon, les hausses de prix continueront et la spirale ne s&#039;arrêtera pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette spirale rend difficile pour les agents économiques que sont les ménages et les entreprises de &#039;&#039;planifier&#039;&#039; leurs économies comme leurs investissements. Il se peut aussi que la confiance en la monnaie se détériore du fait de sa dépréciation (s&#039;il me faut 20 &amp;quot;flouz&amp;quot; au lieu de 15 &amp;quot;flouz&amp;quot; pour acheter des biens, c&#039;est que le &amp;quot;flouz&amp;quot; se dévalue).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais en poussant le raisonnement et ces hypothèses, c&#039;est en particulier le risque d&#039;hyperinflation que les Banques centrales cherchent à tout prix à éviter (cas d&#039;inflation ultra-rapide conduisant à l&#039;effondrement de la valeur de la monnaie associée). Les exemples historiques de cas d&#039;hyperinflation sont par exemple l&#039;Allemagne après 1918 sous la république de Weimar, ou l&#039;Argentine dans la fin des années 80&amp;lt;ref&amp;gt;Cas d&#039;hyperinflation historiques : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation#Les_cas_d&#039;hyperinflation_dans_l&#039;Histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate que cette théorie part d&#039;hypothèses, et correspond donc à une vision précise de l&#039;économie, mais c&#039;est en tout cas celle qui sous-tend la politique monétaire des Banques centrales en 2026.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi, en théorie, une déflation trop longue n&#039;est pas bonne ? ===&lt;br /&gt;
La déflation, c&#039;est l&#039;inverse. Lorsque l&#039;on est consommateur, cela semble être une aubaine. Néanmoins, là encore, le phénomène est à étudier dans la notion de prévisibilité. Si les consommateurs pensent que le prix des biens ou des services qui les intéressent vont baisser demain, ils pourraient être tentés de patienter avant de consommer. Si les agents économiques raisonnent tous de la même manière, alors ce sont les entreprises qui vont en pâtir, puisque leurs ventes risquent de stagner ou diminuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la consommation chute, du fait de cet attentisme, les entreprises peuvent se voir contraintes de geler ou réduire leur production, et donc geler ou réduire les salaires, voire de réduire leurs effectifs. Cela pourrait donc engendrer une hausse du chômage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ralentissement de l&#039;économie pourrait donc provoquer une réduction généralisée des dépenses et de l&#039;investissement, dans le privé comme dans le service public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déflation la plus connue est probablement la grande crise de 1929 qui éclata à la bourse de New York le 24 octobre&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Dépression, une déflation made in USA : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre comme le précédent, on comprend donc que la théorie, en posant certaines hypothèses, repose également sur une notion de temporalité : c&#039;est ce qui est fait aujourd&#039;hui qui a des conséquences sur demain, notamment du fait de l&#039;observation, précise ou non, erronée ou non, par l&#039;ensemble des acteurs économiques de ce qui se produit aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi un taux de 2% d&#039;augmentation des prix fixé par la BCE ? ===&lt;br /&gt;
Une inflation mesurée, et une déflation limitée dans le temps. In fine, quel est l&#039;objectif de la BCE ? Il est défini précisément, de manière quantitative, par un taux d&#039;inflation appelé &#039;&#039;indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH)&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;IPCH : https://www.ecb.europa.eu/stats/macroeconomic_and_sectoral/hicp/html/index.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et qui vaut 2% à moyen terme. C&#039;est à dire qu&#039;à moyen terme, les prix doivent augmenter à hauteur de 2%, donc que l&#039;on doit avoir une légère inflation pour que la BCE considère que sa politique de stabilité des prix est un succès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le taux de 2% :&lt;br /&gt;
* Permet d&#039;afficher un objectif clair et prévisible, donc d&#039;améliorer la prévisibilité de l&#039;économie ;&lt;br /&gt;
* Permet de disposer d&#039;une petite marge de sécurité en cas de déflation (et donc d&#039;éviter de faire trop appel à des outils non-conventionnels de la part de la Banque centrale) ;&lt;br /&gt;
* De supporter l&#039;écart d&#039;inflation entre les différents pays de la zone Euro (les observations s&#039;effectuant sur du temps moyen ou long, cela permet en théorie de lisser les écarts éventuels entre les pays, certains pouvant avoir une inflation plus forte que d&#039;autres, par exemple)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mais pourquoi défendre cette stabilité ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie consiste à imaginer que la stabilité des prix &amp;quot;concourt à assurer la croissance de l’économie mais aussi à protéger les emplois et à préserver le pouvoir d’achat&amp;quot;, c&#039;est en tout cas ce que l&#039;on peut lire sur le site de la BCE&amp;lt;ref name=&amp;quot;stability&amp;quot; /&amp;gt;. Et l&#039;on a pu voir dans les points précédents ce que la théorie reprochait à une inflation trop forte ou à une déflation trop longue dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle repose surtout sur la notion de prévisibilité, et sur la relation de confiance qu&#039;ont l&#039;ensemble des acteurs économiques (mais aussi financiers) sur l&#039;économie et les prix d&#039;aujourd&#039;hui ... et de demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si c&#039;est la politique actuelle, elle a sans cesse évolué (et évoluera encore sans l&#039;ombre d&#039;un doute). Les théories s&#039;affrontent, comme souvent en économie, et l&#039;on peut trouver des données empiriques pour contredire comme appuyer ces théories, suivant les hypothèses que l&#039;on accepte de poser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la Fed : Soutenir l&#039;emploi ==&lt;br /&gt;
Parce qu&#039;il semble important de le noter, la Banque centrale des USA, la fameuse &amp;quot;&#039;&#039;Federal Reserve&#039;&#039;&amp;quot;, ou Fed, a également un objectif complémentaire qui est le soutien à l&#039;emploi&amp;lt;ref&amp;gt;Les rôles de la Fed : https://www.meilleurescpi.com/conseils/federal-reserve-system-role-et-fonctionnement-de-la-fed/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dit plus clairement, elle cherche même à maximiser l&#039;emploi et défend le &amp;quot;plein emploi&amp;quot;. Notons que ce n&#039;est pas l&#039;objectif affiché de la BCE, par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la SEBC : Soutenir les missions de politique générale de l&#039;UE&amp;lt;ref&amp;gt;Les missions de la SEBC : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:12008E127&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Rien de mieux que de citer l&#039;article ad-hoc pour parler de cette mission de la SEBC (qui regroupe la BCE, et les BCN de l&#039;UE, même celles en-dehors de l&#039;eurosystème, comme la Banque centrale de Suède pour n&#039;en citer qu&#039;une) :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L&#039;objectif principal du Système européen de banques centrales [...] est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l&#039;objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l&#039;Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l&#039;Union, tels que définis à l&#039;article 3 du traité sur l&#039;Union européenne. Le SEBC agit conformément au principe d&#039;une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l&#039;article 119.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la BCE : La lutte contre le changement climatique&amp;lt;ref&amp;gt;La BCE et le changement climatique&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Nous laisserons les wikinautes juges de la politique de la BCE sur ce sujet. L&#039;objectif est en tout cas apparent dans les mission de la BCE, la lutte contre le changement climatique fait bien partie des missions régaliennes de l&#039;organisme. Elle suit ainsi les travaux sur 3 volets :&lt;br /&gt;
* L&#039;orientation de la transition écologique ;&lt;br /&gt;
* L&#039;évaluation et la prise en compte de l’incidence physique accrue du changement climatique ;&lt;br /&gt;
* La poursuite des travaux sur les risques liés à la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n&#039;avons pas su trouver en quelques recherches rapides de proposition concrètes qui révolutionnent réellement les mécanismes mis en place jusqu&#039;alors, pour adresser pleinement le point de l&#039;écologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avec quels outils ? ==&lt;br /&gt;
Nous l&#039;avons évoqué dans la page relative à la [[Création_monétaire|création de monnaie]], la Banque centrale a à sa disposition un certain nombre d&#039;outils pour piloter ses missions. Nous l&#039;avons dit notamment, sa politique est &#039;&#039;indirecte&#039;&#039;. Elle cherche à influer sur le comportement des banques commerciales, en lui fixant des limites diverses et par des politiques monétaires incitatives, mais respectent néanmoins en parallèle le principe de liberté qui caractérise le modèle économique moderne. In fine, c&#039;est une vision qui croit à la loi de Say&amp;lt;ref&amp;gt;Loi de Say : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Say&amp;lt;/ref&amp;gt; qui impliquerait que dès lors qu&#039;on fait varier la quantité de monnaie en circulation, alors on contrôle de facto les prix et l&#039;inflation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les outils conventionnels ===&lt;br /&gt;
Parmi les outils à sa disposition, la Banque centrale peut utiliser des mécanismes usuels, dits &amp;quot;conventionnels&amp;quot;. Ainsi, elle fixe les taux directeurs (qui jouent sur les prêts et emprunts que les banques peuvent se faire entre elles sur le marché interbancaire), qui ont donc une conséquence indirecte sur les crédits proposés par les banques sur le marché et l&#039;économie réels.&lt;br /&gt;
Elle peut également fixer un taux de réserves obligatoires sur les &amp;quot;comptes Banque centrale&amp;quot; obligatoires pour les banques commerciales, qui imposent donc une limite haute à ce qu&#039;une banque commerciale aura le droit de prêter.&lt;br /&gt;
Enfin, cette contrainte de comptes sur le marché interbancaire lui permet de contrôler si les règles des différents acteurs bancaires sont bien respectées. Résumons à nouveau rapidement pour les wikinautes qui n&#039;auront pas encore lu la page sur la [[Création_monétaire|création monétaire]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de réserves obligatoires ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit de la quantité de monnaie banque centrale que les banques commerciales ont pour obligation de laisser, en rapport des prêts qu&#039;elles accordent. Ce taux est fixé à 1% par la BCE, depuis 2012. C&#039;est outil est bien peu utilisé en Europe. En revanche, la Banque Populaire de Chine (sa Banque centrale, donc) l&#039;utilise de manière plus dynamique, en fonction de ce qu&#039;elle observe dans l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Le taux de réserves obligatoires (RRR) en Chine : https://fr.tradingeconomics.com/china/cash-reserve-ratio&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de prêt marginal/taux de facilité de prêt marginal/taux d&#039;escompte ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit du taux des prêts consentis par la Banque centrale aux banques qui le souhaitent, et représentent le taux plafond auquel les banques peuvent emprunter à leur banque centrale. Ils ont une échéance très courte (souvent 24 heures). Ils n&#039;ont, a priori, pas de limite quant à la somme empruntée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de rémunération des dépôts/taux de facilité de dépôt ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit des taux auxquels la Banque centrale rémunère les dépôts des banques sur leurs comptes Banque centrale. Il s&#039;agit du taux plancher journalier, et ils ont également une échéance très courte (souvent 24 heures).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux opérations (d&#039;open-market)/opérations de refinancement ====&lt;br /&gt;
Instrument principal des Banques centrales modernes, les opérations de refinancement ont une échéance un peu plus longue que les taux directeurs précités, et représentent LE taux directeur de la Banque centrale s&#039;il ne fallait ne parler que d&#039;un seul taux. C&#039;est de lui dont on parle quand on dit qu&#039;une banque se refinance auprès de sa banque centrale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a 4 modalités d&#039;emprunt possible dans la zone euro (donc couverte par la BCE et les BCN soumises à l&#039;euro) :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;OPR&#039;&#039; (opérations principales de refinancement) sont celles dont on parle en majorité et représentent les 3/4 des échanges d&#039;open-market ;&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;LTRO&#039;&#039; (à plus long terme) ont une échéance à 3 mois. Ils sont destinés aux établissement de taille moyenne ou petite, qui utilisent peu le marché interbancaire pour couvrir leurs liquidités, et ont besoin d&#039;une procédure simplifiée pour couvrir leur refinancement en échangeant directement avec la Banque centrale ;&lt;br /&gt;
* Les opérations de réglage fin, plus exceptionnelles, qui ont pour objectif de réduire les fluctuations des taux d&#039;intérêt ;&lt;br /&gt;
* Les opérations structurelles, qui ne jouent pas sur les taux d&#039;intérêt, mais plutôt sur la position de liquidité des banques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les outils non-conventionnels ===&lt;br /&gt;
Malgré l&#039;ensemble des outils que nous avons pu évoquer soit brièvement plus haut, soit plus en détail sur la page de la création monétaire dédiée, il arrive que la machine se grippe. Les Banques centrales peuvent alors utiliser d&#039;autres mécanismes, considérés comme exceptionnels, sensés résoudre les problèmes que les outils conventionnels n&#039;ont pas réussi à résorber, les outils dits &#039;&#039;non-conventionnels&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Des outils non-conventionnels : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/html/unconventional.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. Nous allons parler de l&#039;&#039;&#039;assouplissement quantitatif (quantitative easing)&#039;&#039;, ou de la &#039;&#039;forward guidance&#039;&#039; entre autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Assouplissement quantitatif&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;assouplissement quantitatif : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_quantitatif&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
L&#039;assouplissement quantitatif consiste pour une Banque centrale à racheter de manière conséquente des titres de dette publique (particulièrement des obligations publiques pour citer l&#039;exemple le plus simple et courant) aux acteurs financiers (typiquement, les banques commerciales). Le but théorique est d&#039;augmenter la quantité de monnaie banque centrale détenue par les banques, et donc de réduire les taux d&#039;intérêts à moyen/long terme, incitant les banques à prêter d&#039;avantage aux acteurs économiques. {{Note|Notons un premier point.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les Banques centrales &#039;&#039;indépendantes&#039;&#039; n&#039;achètent pas directement d&#039;actifs auprès des États eux-mêmes, qui est une pratique interdite puisqu&#039;elles respectent le principe d&#039;indépendance vis-à-vis des États (&#039;&#039;&#039;ce qui n&#039;a pas toujours été le cas&#039;&#039;&#039;, l&#039;indépendance effective des Banques centrales étant en place dans de nombreux pays qui suivent ce modèle depuis les années 90 grosso modo). Nous dédierons une page sur l&#039;indépendance des Banques centrales, qui mérite qu&#039;on s&#039;y attarde. Les États n&#039;ayant pas le droit d&#039;emprunter directement aux Banques centrales, ce sont les banques commerciales qui jouent ce rôle, et la Banque centrale rachète donc les titres de dettes concernés auprès desdites banques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Notons également que cette pratique se distingue des opérations d&#039;open-market habituelles par le volume concerné, la durée dans le temps (on est sur une échelle d&#039;années ici), et la nature spécifique des actifs rachetés par la Banque centrale.}}&lt;br /&gt;
Cette politique a été mise en place en 2001 par la Banque centrale du Japon par exemple, pour faire face à la crise de la décennie 90, ou par la Fed, la BCE et la Banque d&#039;Angleterre vers 2007-2008 (période du début de la crise des subprimes) et stoppé dans les années 2021-2023 du fait d&#039;une forte inflation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Forward guidance&amp;lt;ref&amp;gt;La forward guidance de la BCE : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me/html/what-is-forward_guidance.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
Le concept de forward guidance consiste en ce qu&#039;une Banque centrale fournisse des éléments pour indiquer l&#039;orientation de sa politique monétaire future. Elle a donc pour but d&#039;apporter de la prévisibilité dans ce qu&#039;elle souhaite faire à l&#039;avenir, afin de réduire l&#039;incertitude, et encourager les marchés à aller dans la direction qu&#039;elle souhaite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa politique monétaire étant connue, il lui faut alors respecter l&#039;engagement promis, afin d&#039;engager la confiance de l&#039;ensemble des acteurs concernés. Elle repose aussi sur l&#039;évaluation faite par le &amp;quot;Conseil des gouverneurs&amp;quot;, gage de confiance supplémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Assouplissement qualitatif&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;assouplissement qualitatif : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_qualitatif&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
On en parle moins en ce moment, mais il existe un autre mécanisme non-conventionnel d&#039;assouplissement, l&#039;assouplissement qualitatif. Il s&#039;agit pour une Banque centrale d&#039;acheter des titres de dette publique ou des créances de faible qualité, soit en monnaie, soit via des actifs de qualité. Le but est d&#039;assainir le marché, et éviter que trop d&#039;actifs toxiques viennent perturber l&#039;économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== TLTRO ====&lt;br /&gt;
Les TLTRO sont des &#039;&#039;opérations ciblées de refinancement à plus long terme (Targeted longer-term refinancing operations)&#039;&#039; qui permettent aux banques commerciales de bénéficier de prêts de la part de la Banque Centrale Européenne (pour le cas de la BCE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces opérations se distinguent des opérations d&#039;open-market sur au moins trois volets principaux :&lt;br /&gt;
* Il s&#039;agit d&#039;opérations &amp;quot;ciblées&amp;quot;. Elles visent spécifiquement à augmenter le volume de prêts bancaires accordés par les banques commerciales aux ménages et entreprises ;&lt;br /&gt;
* Ces opérations sont &amp;quot;conditionnelles&amp;quot;. Les banques commerciales doivent s&#039;engager à faire circuler la liquidité nouvellement acquise : le montant maximal proposé est plafonné par le niveau correspondant de prêts que la banque s&#039;engage à octroyer aux ménages et entreprises avant l&#039;opération. Plus la banque consent de prêts aux entreprises et ménages, plus la banque peut emprunter via des TLTRO ;&lt;br /&gt;
* Les TLTRO sont des prêts à échéance de 4 ans, ce qui est bien plus long que les opérations d&#039;open-market qui ont en général une échéance d&#039;une semaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les politiques monétaires non-conventionnelles de la BCE entre 2010 et 2022&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques non-conventionnelles de la BCE (2010-2022) : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/theories-economiques/creation-monetaire/le-rachat-de-titres-de-la-dette-publique-par-la-bce-peut-il-etre-assimile-a-de-la-creation-monetaire/&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Pour illustrer encore un peu plus loin les outils non-conventionnels utilisés par les Banques centrale, nous prendrons l&#039;exemple concret de la BCE et de sa politique monétaire des dernières années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Securities Markets Program (SMP) ===&lt;br /&gt;
Le but de ce programme, mis en place en mai 2010, consistait à racheter des titres de dettes publiques directement sur le marché secondaire (c&#039;est à dire auprès des banques commerciales qui les détenait, le plus souvent). C&#039;est ainsi que la BCE a racheté des obligations souveraines de l&#039;Espagne, de la Grèce, de l&#039;Irlande, de l&#039;Italie et du Portugal, pour un montant d&#039;environ 220 milliards d&#039;euros. Notons que pour ce rachat la BCE a &#039;&#039;stérilisé&#039;&#039; ses opérations en retirant le même montant de liquidités des comptes Banque centrale des établissements concernés. De fait, aucune création monétaire n&#039;a été faite, et la &#039;&#039;base monétaire&#039;&#039; n&#039;a donc pas bougé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Outright Monetary Transaction (OMT) ===&lt;br /&gt;
Le programme SMP a cédé sa place en 2012 à l&#039;OMT, mais qui n&#039;a donné lieu, in fine, à aucun rachat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Asset Purchase Program (APP), le programme de Quantitative Easing européen ===&lt;br /&gt;
Nous en avons abordé le concept plus haut, la BCE a aussi utilisé l&#039;&#039;&#039;&#039;assouplissement quantitatif&#039;&#039;&#039; pour influer sur l&#039;économie réelle. Cette politique se base sur plusieurs concepts, dits de canaux de transmission de la politique monétaire :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du crédit ====&lt;br /&gt;
La BCE fait gonfler la quantité de liquidités dont les banques commerciales disposent sur leur compte Banque centrale, en leur rachetant leurs obligations. De fait, elles encouragent les banques à prêter plus aisément sur le marché de l&#039;économie réelle, comme on l&#039;a vu plus haut en abordant le concept d&#039;assouplissement quantitatif (le quantitative easing en anglais, ou QE pour les intimes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du prix des actifs ====&lt;br /&gt;
Du fait de ces achats massifs, le prix des obligations augmente de facto (la demande augmente, donc l&#039;offre s&#039;adapte). Cela a aussi pour effet de réduire le rendement des obligations (elles sont plus chères, mais rapportent le même montant). Les nouvelles obligations sont alors moins intéressantes (leur taux d&#039;intérêt diminue en effet, puisqu&#039;elles rapportent un montant équivalent alors qu&#039;elles coûtent plus cher à l&#039;achat, nous venons de le dire). Cela a pour effet escompté d&#039;encourager l&#039;investissement et la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal de la confiance ====&lt;br /&gt;
Puisque la politique de la BCE concernant ses achats est claire et connue, elle peut avoir tendance à rassurer les agents économiques et les aider à prévoir leurs investissements ou consommations futures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du signal ====&lt;br /&gt;
De même, les investisseurs se voient offrir la même prévisibilité et cela les aide dans leurs anticipations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du taux de change ====&lt;br /&gt;
Les effets sur l&#039;international d&#039;un tel programme sont plus difficiles à prévoir, mais l&#039;on considère que de manière générale, ces effets sont positifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les chiffres ====&lt;br /&gt;
En 2015, le programme d&#039;assouplissement quantitatif de la BCE affichait un objectif de rachat d&#039;obligations à hauteur de 1100 milliards d&#039;euros. Ce programme, l&#039;APP, a duré jusque fin 2018, et a finalement chiffré à hauteur d&#039;environ 2600 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) ===&lt;br /&gt;
Enfin, la Covid-19 a provoqué une nouvelle opération de QE, avec un montant en 2020 atteignant 1850 milliards. Fin 2022, qui a marqué la fin de l&#039;utilisation de cet outil, l&#039;enveloppe globale chiffrait à plus de 5000 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mais la création monétaire dans tout ça ? ===&lt;br /&gt;
Notons que la masse monétaire (la monnaie de l&#039;économie réelle, l&#039;agrégat M1, M2, M3) n&#039;a pas spécialement augmenté, malgré l&#039;augmentation conséquente de la base monétaire (la monnaie Banque centrale, M0). On en parlera sûrement plus longuement dans d&#039;autres pages, mais notons cela dans un coin pour référence future.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quel résultat ? ==&lt;br /&gt;
Voici la courbe de l&#039;inflation en France entre 2000 et 2025. Notons, par honnêteté intellectuelle, qu&#039;il s&#039;agit de l&#039;inflation de la France uniquement, pas de l&#039;ensemble de la zone couverte par la BCE. Nous préférons réserver une page dédiée à la critique de la politique monétaire de la BCE, et laissons simplement les wikinautes découvrir les données de l&#039;INSEE&amp;lt;ref&amp;gt;INSEE - L&#039;essentiel de l&#039;inflation : https://www.insee.fr/fr/statistiques/4268033&amp;lt;/ref&amp;gt; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour découvrir la courbe d&#039;inflation selon Eurostat de l&#039;ensemble de la zone euro, voire de l&#039;UE, c&#039;est [https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-euro-indicators/w/2-17092026-ap?item=chart&amp;amp;id=1 ici]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les missions complémentaires éventuelles des Banques centrales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Assurer la stabilité financière ===&lt;br /&gt;
La Banque centrale a un également un rôle de surveillance des banques et des infrastructures de marché et emploie des politiques dites &#039;&#039;&#039;macroprudentielles&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La stabilité financière, kesako ? : https://www.ecb.europa.eu/ecb/orga/tasks/stability/html/index.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, en complément des missions précédentes, le but est de répondre aux questions : y a-t-il des vulnérabilités dans le système ? Le système actuel est-il capable de résister aux crises qui pourraient survenir, et quelle est sa résilience face aux changements possibles ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Surveiller les systèmes de paiement&amp;lt;ref&amp;gt;La mission de surveillance des systèmes de paiement de la BdF : https://www.banque-france.fr/fr/strategie-monetaire/surveillance-moyens-paiement-scripturaux-cadre-institutionnel&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on prend l&#039;exemple de la Banque de France (la Banque centrale de France, elle-même adossée à la Banque centrale européenne), elle a aussi un rôle de surveillance des moyens de paiement. Les missions ici sont doubles : il s&#039;agit d&#039;une part de lutter contre la fraude, et d&#039;autre part de renforcer les moyens de sécurité mis en place pour que les paiements s&#039;effectuent dans un cadre de sécurité suffisant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les organismes français associés à cette mission, imbriquant le Ministère public comme la Banque de France sont : le Conseil National des Moyens de Paiement (CNMP, qui coordonne la stratégie nationale sur les moyens de paiement) et l&#039;Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement (OSMP, qui lutte contre la fraude et les vulnérabilités des moyens de paiement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tenir les comptes de l’État ===&lt;br /&gt;
Et oui, le Compte du Trésor est à la Banque de France. C&#039;est suffisamment marquant pour être souligné, quand on pense qu&#039;en parallèle, l&#039;indépendance de la Banque centrale contraint et empêche l’État d&#039;emprunter auprès de sa Banque centrale directement...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rendre des services financiers à d&#039;autres institutions financières ===&lt;br /&gt;
L&#039;exemple le plus simple ici est d&#039;évoquer les relations entre Banques centrales, qui pourraient fournir ou s&#039;échanger des devises dans telle ou telle monnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protéger les ménages contre le surendettement&amp;lt;ref&amp;gt;Le surendettement et ce que propose la BdF : https://www.ardie.fr/surendettement-banque-france/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Les piliers de la lutte contre le surendettement : https://www.tresor.economie.gouv.fr/banque-assurance-finance/prevention-et-traitement-du-surendettement&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
C&#039;est également le rôle de la Banque de France de proposer des solutions adaptées pour protéger les ménages qui seraient en situation de surendettement&amp;lt;ref&amp;gt;Le surendettement en France en 2025 : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/typologie-du-surendettement-des-menages-2025&amp;lt;/ref&amp;gt; (c&#039;est à dire lorsque leurs dettes sont impossibles à rembourser via leurs ressources). Cette situation peut se produire lors d&#039;une séparation, ou une perte d&#039;emploi brusque par exemple, et est étudiée au cas par cas par une commission spécifique, et doit évidemment répondre à des critères de bonne foi. Une solution possible est le rééchelonnement des créances, ou dans les cas les plus critiques, à un effacement de la dette pour tout ou partie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;éducation financière&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;éducation financière au sein de l&#039;OCDE : https://www.banque-france.fr/fr/la-strategie-nationale-deducation-economique-budgetaire-et-financiere-educfi&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
L&#039;économie n&#039;est pas qu&#039;une affaire de spécialiste, et l&#039;un des rôles des Banques centrales (c&#039;est en tout cas l&#039;engagement de 70 pays dont ceux de l&#039;OCDE) est de promouvoir l&#039;éducation de tous sur les grands principes économiques. Elle a forcément un parti pris, mais fournit néanmoins des clés pour comprendre les mécanismes économiques en vigueur aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines références de cette page reposent justement sur des liens issus de cette sensibilisation. Différents formats de formation existent par ailleurs&amp;lt;ref&amp;gt;Référence livre : l&#039;ABC de l&#039;économie : https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/abc-economie-guide-d-education-economique-monetaire-et-financiere&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Indépendance des Banques centrales&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Nous n&#039;avons pas évoqué l&#039;indépendance des Banques centrales, qui mérite une page dédiée. C&#039;est un concept important qui a fait débat, et qui continue de le faire aujourd&#039;hui. On l&#039;a survolé également sur la page de la [[Création_monétaire|création monétaire]]. Nous le remettons brièvement ici : depuis les années 1990, certaines économies modernes posent le principe que les banques centrales adoptent une politique monétaire indépendante de ce que souhaitent les gouvernements auxquels elles sont adossées. L&#039;illustration principale de ce concept est que les États ne peuvent plus emprunter directement à leurs Banques centrales. Ce qui n&#039;a clairement pas toujours été le cas, et est d&#039;ailleurs remis en cause par nombre d&#039;économistes&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous mettons ici une citation tout de même :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Forder [2005] rappelle d’ailleurs, d’une part, que l’idée de banque centrale indépendante [...] ne faisait pas consensus parmi les économistes.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Acteurs_%C3%A9conomiques_:_Les_banques_centrales&amp;diff=1240</id>
		<title>Acteurs économiques : Les banques centrales</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Acteurs_%C3%A9conomiques_:_Les_banques_centrales&amp;diff=1240"/>
		<updated>2026-09-30T15:03:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Quel résultat ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Cette page est un complément à d&#039;autres pages. Nous invitons les wikinautes à d&#039;abord lire la page sur la création monétaire : [[Création_monétaire|Création monétaire]]. Elle devrait permettre d&#039;aborder des questionnements plus complexes, comme l&#039;indépendance des Banques centrales, qui fera sûrement l&#039;objet d&#039;une page dédiée. En tout cas, celle-ci est destinée à se concentrer particulièrement sur le rôle des Banques centrales&amp;lt;ref&amp;gt;Petite introduction des Banques centrales par la BdF : https://www.youtube.com/watch?v=XH9n7-Vsahk&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est parti pour un petit tour d&#039;horizon...}}&lt;br /&gt;
== La stabilité des prix ==&lt;br /&gt;
La mission principale et première des Banques centrales est d&#039;assurer la stabilité des prix&amp;lt;ref name=&amp;quot;stability&amp;quot;&amp;gt;La stabilité des prix et ses enjeux : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me-more/html/stableprices.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cela implique deux concepts dont il faut continuellement surveiller la balance : d&#039;un côté, les prix ne doivent pas enregistrer de hausse (inflation) importante, mais aussi toute période continue de baisse des prix (déflation) doit être évitée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi, en théorie, une inflation trop forte n&#039;est pas bonne ? ===&lt;br /&gt;
L&#039;inflation, c&#039;est une hausse de prix généralisée&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;inflation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Inflation&amp;lt;/ref&amp;gt; et une baisse du pouvoir d&#039;achat. En effet, la monnaie dont nous disposons ne permet pas d&#039;acheter autant de biens et de services qu&#039;avant, puisque leurs prix ont augmenté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le coût de la vie croît, il est possible que les ménages demandent des augmentations de salaire. Les employeurs pourraient alors avoir, en réaction, la volonté d&#039;augmenter les prix pour satisfaire les revendications salariales de ses employés (tout en conservant leurs marges). Si beaucoup d&#039;acteurs économiques agissent de la même façon, les hausses de prix continueront et la spirale ne s&#039;arrêtera pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette spirale rend difficile pour les agents économiques que sont les ménages et les entreprises de &#039;&#039;planifier&#039;&#039; leurs économies comme leurs investissements. Il se peut aussi que la confiance en la monnaie se détériore du fait de sa dépréciation (s&#039;il me faut 20 &amp;quot;flouz&amp;quot; au lieu de 15 &amp;quot;flouz&amp;quot; pour acheter des biens, c&#039;est que le &amp;quot;flouz&amp;quot; se dévalue).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais en poussant le raisonnement et ces hypothèses, c&#039;est en particulier le risque d&#039;hyperinflation que les Banques centrales cherchent à tout prix à éviter (cas d&#039;inflation ultra-rapide conduisant à l&#039;effondrement de la valeur de la monnaie associée). Les exemples historiques de cas d&#039;hyperinflation sont par exemple l&#039;Allemagne après 1918 sous la république de Weimar, ou l&#039;Argentine dans la fin des années 80&amp;lt;ref&amp;gt;Cas d&#039;hyperinflation historiques : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation#Les_cas_d&#039;hyperinflation_dans_l&#039;Histoire&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate que cette théorie part d&#039;hypothèses, et correspond donc à une vision précise de l&#039;économie, mais c&#039;est en tout cas celle qui sous-tend la politique monétaire des Banques centrales en 2026.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi, en théorie, une déflation trop longue n&#039;est pas bonne ? ===&lt;br /&gt;
La déflation, c&#039;est l&#039;inverse. Lorsque l&#039;on est consommateur, cela semble être une aubaine. Néanmoins, là encore, le phénomène est à étudier dans la notion de prévisibilité. Si les consommateurs pensent que le prix des biens ou des services qui les intéressent vont baisser demain, ils pourraient être tentés de patienter avant de consommer. Si les agents économiques raisonnent tous de la même manière, alors ce sont les entreprises qui vont en pâtir, puisque leurs ventes risquent de stagner ou diminuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la consommation chute, du fait de cet attentisme, les entreprises peuvent se voir contraintes de geler ou réduire leur production, et donc geler ou réduire les salaires, voire de réduire leurs effectifs. Cela pourrait donc engendrer une hausse du chômage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ralentissement de l&#039;économie pourrait donc provoquer une réduction généralisée des dépenses et de l&#039;investissement, dans le privé comme dans le service public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déflation la plus connue est probablement la grande crise de 1929 qui éclata à la bourse de New York le 24 octobre&amp;lt;ref&amp;gt;La Grande Dépression, une déflation made in USA : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre comme le précédent, on comprend donc que la théorie, en posant certaines hypothèses, repose également sur une notion de temporalité : c&#039;est ce qui est fait aujourd&#039;hui qui a des conséquences sur demain, notamment du fait de l&#039;observation, précise ou non, erronée ou non, par l&#039;ensemble des acteurs économiques de ce qui se produit aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pourquoi un taux de 2% d&#039;augmentation des prix fixé par la BCE ? ===&lt;br /&gt;
Une inflation mesurée, et une déflation limitée dans le temps. In fine, quel est l&#039;objectif de la BCE ? Il est défini précisément, de manière quantitative, par un taux d&#039;inflation appelé &#039;&#039;indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH)&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;IPCH : https://www.ecb.europa.eu/stats/macroeconomic_and_sectoral/hicp/html/index.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt; et qui vaut 2% à moyen terme. C&#039;est à dire qu&#039;à moyen terme, les prix doivent augmenter à hauteur de 2%, donc que l&#039;on doit avoir une légère inflation pour que la BCE considère que sa politique de stabilité des prix est un succès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le taux de 2% :&lt;br /&gt;
* Permet d&#039;afficher un objectif clair et prévisible, donc d&#039;améliorer la prévisibilité de l&#039;économie ;&lt;br /&gt;
* Permet de disposer d&#039;une petite marge de sécurité en cas de déflation (et donc d&#039;éviter de faire trop appel à des outils non-conventionnels de la part de la Banque centrale) ;&lt;br /&gt;
* De supporter l&#039;écart d&#039;inflation entre les différents pays de la zone Euro (les observations s&#039;effectuant sur du temps moyen ou long, cela permet en théorie de lisser les écarts éventuels entre les pays, certains pouvant avoir une inflation plus forte que d&#039;autres, par exemple)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mais pourquoi défendre cette stabilité ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie consiste à imaginer que la stabilité des prix &amp;quot;concourt à assurer la croissance de l’économie mais aussi à protéger les emplois et à préserver le pouvoir d’achat&amp;quot;, c&#039;est en tout cas ce que l&#039;on peut lire sur le site de la BCE&amp;lt;ref name=&amp;quot;stability&amp;quot; /&amp;gt;. Et l&#039;on a pu voir dans les points précédents ce que la théorie reprochait à une inflation trop forte ou à une déflation trop longue dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle repose surtout sur la notion de prévisibilité, et sur la relation de confiance qu&#039;ont l&#039;ensemble des acteurs économiques (mais aussi financiers) sur l&#039;économie et les prix d&#039;aujourd&#039;hui ... et de demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si c&#039;est la politique actuelle, elle a sans cesse évolué (et évoluera encore sans l&#039;ombre d&#039;un doute). Les théories s&#039;affrontent, comme souvent en économie, et l&#039;on peut trouver des données empiriques pour contredire comme appuyer ces théories, suivant les hypothèses que l&#039;on accepte de poser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la Fed : Soutenir l&#039;emploi ==&lt;br /&gt;
Parce qu&#039;il semble important de le noter, la Banque centrale des USA, la fameuse &amp;quot;&#039;&#039;Federal Reserve&#039;&#039;&amp;quot;, ou Fed, a également un objectif complémentaire qui est le soutien à l&#039;emploi&amp;lt;ref&amp;gt;Les rôles de la Fed : https://www.meilleurescpi.com/conseils/federal-reserve-system-role-et-fonctionnement-de-la-fed/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dit plus clairement, elle cherche même à maximiser l&#039;emploi et défend le &amp;quot;plein emploi&amp;quot;. Notons que ce n&#039;est pas l&#039;objectif affiché de la BCE, par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la SEBC : Soutenir les missions de politique générale de l&#039;UE&amp;lt;ref&amp;gt;Les missions de la SEBC : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:12008E127&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Rien de mieux que de citer l&#039;article ad-hoc pour parler de cette mission de la SEBC (qui regroupe la BCE, et les BCN de l&#039;UE, même celles en-dehors de l&#039;eurosystème, comme la Banque centrale de Suède pour n&#039;en citer qu&#039;une) :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L&#039;objectif principal du Système européen de banques centrales [...] est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l&#039;objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l&#039;Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l&#039;Union, tels que définis à l&#039;article 3 du traité sur l&#039;Union européenne. Le SEBC agit conformément au principe d&#039;une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l&#039;article 119.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour la BCE : La lutte contre le changement climatique&amp;lt;ref&amp;gt;La BCE et le changement climatique&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Nous laisserons les wikinautes juges de la politique de la BCE sur ce sujet. L&#039;objectif est en tout cas apparent dans les mission de la BCE, la lutte contre le changement climatique fait bien partie des missions régaliennes de l&#039;organisme. Elle suit ainsi les travaux sur 3 volets :&lt;br /&gt;
* L&#039;orientation de la transition écologique ;&lt;br /&gt;
* L&#039;évaluation et la prise en compte de l’incidence physique accrue du changement climatique ;&lt;br /&gt;
* La poursuite des travaux sur les risques liés à la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n&#039;avons pas su trouver en quelques recherches rapides de proposition concrètes qui révolutionnent réellement les mécanismes mis en place jusqu&#039;alors, pour adresser pleinement le point de l&#039;écologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avec quels outils ? ==&lt;br /&gt;
Nous l&#039;avons évoqué dans la page relative à la [[Création_monétaire|création de monnaie]], la Banque centrale a à sa disposition un certain nombre d&#039;outils pour piloter ses missions. Nous l&#039;avons dit notamment, sa politique est &#039;&#039;indirecte&#039;&#039;. Elle cherche à influer sur le comportement des banques commerciales, en lui fixant des limites diverses et par des politiques monétaires incitatives, mais respectent néanmoins en parallèle le principe de liberté qui caractérise le modèle économique moderne. In fine, c&#039;est une vision qui croit à la loi de Say&amp;lt;ref&amp;gt;Loi de Say : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Say&amp;lt;/ref&amp;gt; qui impliquerait que dès lors qu&#039;on fait varier la quantité de monnaie en circulation, alors on contrôle de facto les prix et l&#039;inflation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les outils conventionnels ===&lt;br /&gt;
Parmi les outils à sa disposition, la Banque centrale peut utiliser des mécanismes usuels, dits &amp;quot;conventionnels&amp;quot;. Ainsi, elle fixe les taux directeurs (qui jouent sur les prêts et emprunts que les banques peuvent se faire entre elles sur le marché interbancaire), qui ont donc une conséquence indirecte sur les crédits proposés par les banques sur le marché et l&#039;économie réels.&lt;br /&gt;
Elle peut également fixer un taux de réserves obligatoires sur les &amp;quot;comptes Banque centrale&amp;quot; obligatoires pour les banques commerciales, qui imposent donc une limite haute à ce qu&#039;une banque commerciale aura le droit de prêter.&lt;br /&gt;
Enfin, cette contrainte de comptes sur le marché interbancaire lui permet de contrôler si les règles des différents acteurs bancaires sont bien respectées. Résumons à nouveau rapidement pour les wikinautes qui n&#039;auront pas encore lu la page sur la [[Création_monétaire|création monétaire]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de réserves obligatoires ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit de la quantité de monnaie banque centrale que les banques commerciales ont pour obligation de laisser, en rapport des prêts qu&#039;elles accordent. Ce taux est fixé à 1% par la BCE, depuis 2012. C&#039;est outil est bien peu utilisé en Europe. En revanche, la Banque Populaire de Chine (sa Banque centrale, donc) l&#039;utilise de manière plus dynamique, en fonction de ce qu&#039;elle observe dans l&#039;économie&amp;lt;ref&amp;gt;Le taux de réserves obligatoires (RRR) en Chine : https://fr.tradingeconomics.com/china/cash-reserve-ratio&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de prêt marginal/taux de facilité de prêt marginal/taux d&#039;escompte ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit du taux des prêts consentis par la Banque centrale aux banques qui le souhaitent, et représentent le taux plafond auquel les banques peuvent emprunter à leur banque centrale. Ils ont une échéance très courte (souvent 24 heures). Ils n&#039;ont, a priori, pas de limite quant à la somme empruntée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux de rémunération des dépôts/taux de facilité de dépôt ====&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit des taux auxquels la Banque centrale rémunère les dépôts des banques sur leurs comptes Banque centrale. Il s&#039;agit du taux plancher journalier, et ils ont également une échéance très courte (souvent 24 heures).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les taux opérations (d&#039;open-market)/opérations de refinancement ====&lt;br /&gt;
Instrument principal des Banques centrales modernes, les opérations de refinancement ont une échéance un peu plus longue que les taux directeurs précités, et représentent LE taux directeur de la Banque centrale s&#039;il ne fallait ne parler que d&#039;un seul taux. C&#039;est de lui dont on parle quand on dit qu&#039;une banque se refinance auprès de sa banque centrale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a 4 modalités d&#039;emprunt possible dans la zone euro (donc couverte par la BCE et les BCN soumises à l&#039;euro) :&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;OPR&#039;&#039; (opérations principales de refinancement) sont celles dont on parle en majorité et représentent les 3/4 des échanges d&#039;open-market ;&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;LTRO&#039;&#039; (à plus long terme) ont une échéance à 3 mois. Ils sont destinés aux établissement de taille moyenne ou petite, qui utilisent peu le marché interbancaire pour couvrir leurs liquidités, et ont besoin d&#039;une procédure simplifiée pour couvrir leur refinancement en échangeant directement avec la Banque centrale ;&lt;br /&gt;
* Les opérations de réglage fin, plus exceptionnelles, qui ont pour objectif de réduire les fluctuations des taux d&#039;intérêt ;&lt;br /&gt;
* Les opérations structurelles, qui ne jouent pas sur les taux d&#039;intérêt, mais plutôt sur la position de liquidité des banques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les outils non-conventionnels ===&lt;br /&gt;
Malgré l&#039;ensemble des outils que nous avons pu évoquer soit brièvement plus haut, soit plus en détail sur la page de la création monétaire dédiée, il arrive que la machine se grippe. Les Banques centrales peuvent alors utiliser d&#039;autres mécanismes, considérés comme exceptionnels, sensés résoudre les problèmes que les outils conventionnels n&#039;ont pas réussi à résorber, les outils dits &#039;&#039;non-conventionnels&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;Des outils non-conventionnels : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/html/unconventional.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. Nous allons parler de l&#039;&#039;&#039;assouplissement quantitatif (quantitative easing)&#039;&#039;, ou de la &#039;&#039;forward guidance&#039;&#039; entre autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Assouplissement quantitatif&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;assouplissement quantitatif : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_quantitatif&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
L&#039;assouplissement quantitatif consiste pour une Banque centrale à racheter de manière conséquente des titres de dette publique (particulièrement des obligations publiques pour citer l&#039;exemple le plus simple et courant) aux acteurs financiers (typiquement, les banques commerciales). Le but théorique est d&#039;augmenter la quantité de monnaie banque centrale détenue par les banques, et donc de réduire les taux d&#039;intérêts à moyen/long terme, incitant les banques à prêter d&#039;avantage aux acteurs économiques. {{Note|Notons un premier point.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les Banques centrales &#039;&#039;indépendantes&#039;&#039; n&#039;achètent pas directement d&#039;actifs auprès des États eux-mêmes, qui est une pratique interdite puisqu&#039;elles respectent le principe d&#039;indépendance vis-à-vis des États (&#039;&#039;&#039;ce qui n&#039;a pas toujours été le cas&#039;&#039;&#039;, l&#039;indépendance effective des Banques centrales étant en place dans de nombreux pays qui suivent ce modèle depuis les années 90 grosso modo). Nous dédierons une page sur l&#039;indépendance des Banques centrales, qui mérite qu&#039;on s&#039;y attarde. Les États n&#039;ayant pas le droit d&#039;emprunter directement aux Banques centrales, ce sont les banques commerciales qui jouent ce rôle, et la Banque centrale rachète donc les titres de dettes concernés auprès desdites banques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Notons également que cette pratique se distingue des opérations d&#039;open-market habituelles par le volume concerné, la durée dans le temps (on est sur une échelle d&#039;années ici), et la nature spécifique des actifs rachetés par la Banque centrale.}}&lt;br /&gt;
Cette politique a été mise en place en 2001 par la Banque centrale du Japon par exemple, pour faire face à la crise de la décennie 90, ou par la Fed, la BCE et la Banque d&#039;Angleterre vers 2007-2008 (période du début de la crise des subprimes) et stoppé dans les années 2021-2023 du fait d&#039;une forte inflation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Forward guidance&amp;lt;ref&amp;gt;La forward guidance de la BCE : https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me/html/what-is-forward_guidance.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
Le concept de forward guidance consiste en ce qu&#039;une Banque centrale fournisse des éléments pour indiquer l&#039;orientation de sa politique monétaire future. Elle a donc pour but d&#039;apporter de la prévisibilité dans ce qu&#039;elle souhaite faire à l&#039;avenir, afin de réduire l&#039;incertitude, et encourager les marchés à aller dans la direction qu&#039;elle souhaite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa politique monétaire étant connue, il lui faut alors respecter l&#039;engagement promis, afin d&#039;engager la confiance de l&#039;ensemble des acteurs concernés. Elle repose aussi sur l&#039;évaluation faite par le &amp;quot;Conseil des gouverneurs&amp;quot;, gage de confiance supplémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Assouplissement qualitatif&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;assouplissement qualitatif : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_qualitatif&amp;lt;/ref&amp;gt; ====&lt;br /&gt;
On en parle moins en ce moment, mais il existe un autre mécanisme non-conventionnel d&#039;assouplissement, l&#039;assouplissement qualitatif. Il s&#039;agit pour une Banque centrale d&#039;acheter des titres de dette publique ou des créances de faible qualité, soit en monnaie, soit via des actifs de qualité. Le but est d&#039;assainir le marché, et éviter que trop d&#039;actifs toxiques viennent perturber l&#039;économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== TLTRO ====&lt;br /&gt;
Les TLTRO sont des &#039;&#039;opérations ciblées de refinancement à plus long terme (Targeted longer-term refinancing operations)&#039;&#039; qui permettent aux banques commerciales de bénéficier de prêts de la part de la Banque Centrale Européenne (pour le cas de la BCE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces opérations se distinguent des opérations d&#039;open-market sur au moins trois volets principaux :&lt;br /&gt;
* Il s&#039;agit d&#039;opérations &amp;quot;ciblées&amp;quot;. Elles visent spécifiquement à augmenter le volume de prêts bancaires accordés par les banques commerciales aux ménages et entreprises ;&lt;br /&gt;
* Ces opérations sont &amp;quot;conditionnelles&amp;quot;. Les banques commerciales doivent s&#039;engager à faire circuler la liquidité nouvellement acquise : le montant maximal proposé est plafonné par le niveau correspondant de prêts que la banque s&#039;engage à octroyer aux ménages et entreprises avant l&#039;opération. Plus la banque consent de prêts aux entreprises et ménages, plus la banque peut emprunter via des TLTRO ;&lt;br /&gt;
* Les TLTRO sont des prêts à échéance de 4 ans, ce qui est bien plus long que les opérations d&#039;open-market qui ont en général une échéance d&#039;une semaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les politiques monétaires non-conventionnelles de la BCE entre 2010 et 2022&amp;lt;ref&amp;gt;Politiques non-conventionnelles de la BCE (2010-2022) : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/theories-economiques/creation-monetaire/le-rachat-de-titres-de-la-dette-publique-par-la-bce-peut-il-etre-assimile-a-de-la-creation-monetaire/&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Pour illustrer encore un peu plus loin les outils non-conventionnels utilisés par les Banques centrale, nous prendrons l&#039;exemple concret de la BCE et de sa politique monétaire des dernières années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Securities Markets Program (SMP) ===&lt;br /&gt;
Le but de ce programme, mis en place en mai 2010, consistait à racheter des titres de dettes publiques directement sur le marché secondaire (c&#039;est à dire auprès des banques commerciales qui les détenait, le plus souvent). C&#039;est ainsi que la BCE a racheté des obligations souveraines de l&#039;Espagne, de la Grèce, de l&#039;Irlande, de l&#039;Italie et du Portugal, pour un montant d&#039;environ 220 milliards d&#039;euros. Notons que pour ce rachat la BCE a &#039;&#039;stérilisé&#039;&#039; ses opérations en retirant le même montant de liquidités des comptes Banque centrale des établissements concernés. De fait, aucune création monétaire n&#039;a été faite, et la &#039;&#039;base monétaire&#039;&#039; n&#039;a donc pas bougé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Outright Monetary Transaction (OMT) ===&lt;br /&gt;
Le programme SMP a cédé sa place en 2012 à l&#039;OMT, mais qui n&#039;a donné lieu, in fine, à aucun rachat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Asset Purchase Program (APP), le programme de Quantitative Easing européen ===&lt;br /&gt;
Nous en avons abordé le concept plus haut, la BCE a aussi utilisé l&#039;&#039;&#039;&#039;assouplissement quantitatif&#039;&#039;&#039; pour influer sur l&#039;économie réelle. Cette politique se base sur plusieurs concepts, dits de canaux de transmission de la politique monétaire :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du crédit ====&lt;br /&gt;
La BCE fait gonfler la quantité de liquidités dont les banques commerciales disposent sur leur compte Banque centrale, en leur rachetant leurs obligations. De fait, elles encouragent les banques à prêter plus aisément sur le marché de l&#039;économie réelle, comme on l&#039;a vu plus haut en abordant le concept d&#039;assouplissement quantitatif (le quantitative easing en anglais, ou QE pour les intimes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du prix des actifs ====&lt;br /&gt;
Du fait de ces achats massifs, le prix des obligations augmente de facto (la demande augmente, donc l&#039;offre s&#039;adapte). Cela a aussi pour effet de réduire le rendement des obligations (elles sont plus chères, mais rapportent le même montant). Les nouvelles obligations sont alors moins intéressantes (leur taux d&#039;intérêt diminue en effet, puisqu&#039;elles rapportent un montant équivalent alors qu&#039;elles coûtent plus cher à l&#039;achat, nous venons de le dire). Cela a pour effet escompté d&#039;encourager l&#039;investissement et la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal de la confiance ====&lt;br /&gt;
Puisque la politique de la BCE concernant ses achats est claire et connue, elle peut avoir tendance à rassurer les agents économiques et les aider à prévoir leurs investissements ou consommations futures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du signal ====&lt;br /&gt;
De même, les investisseurs se voient offrir la même prévisibilité et cela les aide dans leurs anticipations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le canal du taux de change ====&lt;br /&gt;
Les effets sur l&#039;international d&#039;un tel programme sont plus difficiles à prévoir, mais l&#039;on considère que de manière générale, ces effets sont positifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les chiffres ====&lt;br /&gt;
En 2015, le programme d&#039;assouplissement quantitatif de la BCE affichait un objectif de rachat d&#039;obligations à hauteur de 1100 milliards d&#039;euros. Ce programme, l&#039;APP, a duré jusque fin 2018, et a finalement chiffré à hauteur d&#039;environ 2600 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) ===&lt;br /&gt;
Enfin, la Covid-19 a provoqué une nouvelle opération de QE, avec un montant en 2020 atteignant 1850 milliards. Fin 2022, qui a marqué la fin de l&#039;utilisation de cet outil, l&#039;enveloppe globale chiffrait à plus de 5000 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mais la création monétaire dans tout ça ? ===&lt;br /&gt;
Notons que la masse monétaire (la monnaie de l&#039;économie réelle, l&#039;agrégat M1, M2, M3) n&#039;a pas spécialement augmenté, malgré l&#039;augmentation conséquente de la base monétaire (la monnaie Banque centrale, M0). On en parlera sûrement plus longuement dans d&#039;autres pages, mais notons cela dans un coin pour référence future.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quel résultat ? ==&lt;br /&gt;
Voici la courbe de l&#039;inflation en France entre 2000 et 2025. Notons, par honnêteté intellectuelle, qu&#039;il s&#039;agit de l&#039;inflation de la France uniquement, pas de l&#039;ensemble de la zone couverte par la BCE. Nous préférons réserver une page dédiée à la critique de la politique monétaire de la BCE, et laissons simplement les wikinautes découvrir les données de l&#039;INSEE&amp;lt;ref&amp;gt;INSEE - L&#039;essentiel de l&#039;inflation : https://www.insee.fr/fr/statistiques/4268033&amp;lt;/ref&amp;gt; :&lt;br /&gt;
[[Fichier:BCE-Inflation-2020-2025.png|cadre|centré|alt=La courbe de l&#039;inflation selon l&#039;INSEE montre des variations chaque année dans sa valeur|Courbe de l&#039;inflation en France - source : INSEE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour découvrir la courbe d&#039;inflation selon Eurostat de l&#039;ensemble de la zone euro, voire de l&#039;UE, c&#039;est [https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-euro-indicators/w/2-17092026-ap?item=chart&amp;amp;id=1 ici]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les missions complémentaires éventuelles des Banques centrales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Assurer la stabilité financière ===&lt;br /&gt;
La Banque centrale a un également un rôle de surveillance des banques et des infrastructures de marché et emploie des politiques dites &#039;&#039;&#039;macroprudentielles&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La stabilité financière, kesako ? : https://www.ecb.europa.eu/ecb/orga/tasks/stability/html/index.fr.html&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, en complément des missions précédentes, le but est de répondre aux questions : y a-t-il des vulnérabilités dans le système ? Le système actuel est-il capable de résister aux crises qui pourraient survenir, et quelle est sa résilience face aux changements possibles ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Surveiller les systèmes de paiement&amp;lt;ref&amp;gt;La mission de surveillance des systèmes de paiement de la BdF : https://www.banque-france.fr/fr/strategie-monetaire/surveillance-moyens-paiement-scripturaux-cadre-institutionnel&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
Si l&#039;on prend l&#039;exemple de la Banque de France (la Banque centrale de France, elle-même adossée à la Banque centrale européenne), elle a aussi un rôle de surveillance des moyens de paiement. Les missions ici sont doubles : il s&#039;agit d&#039;une part de lutter contre la fraude, et d&#039;autre part de renforcer les moyens de sécurité mis en place pour que les paiements s&#039;effectuent dans un cadre de sécurité suffisant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les organismes français associés à cette mission, imbriquant le Ministère public comme la Banque de France sont : le Conseil National des Moyens de Paiement (CNMP, qui coordonne la stratégie nationale sur les moyens de paiement) et l&#039;Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement (OSMP, qui lutte contre la fraude et les vulnérabilités des moyens de paiement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tenir les comptes de l’État ===&lt;br /&gt;
Et oui, le Compte du Trésor est à la Banque de France. C&#039;est suffisamment marquant pour être souligné, quand on pense qu&#039;en parallèle, l&#039;indépendance de la Banque centrale contraint et empêche l’État d&#039;emprunter auprès de sa Banque centrale directement...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rendre des services financiers à d&#039;autres institutions financières ===&lt;br /&gt;
L&#039;exemple le plus simple ici est d&#039;évoquer les relations entre Banques centrales, qui pourraient fournir ou s&#039;échanger des devises dans telle ou telle monnaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protéger les ménages contre le surendettement&amp;lt;ref&amp;gt;Le surendettement et ce que propose la BdF : https://www.ardie.fr/surendettement-banque-france/&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Les piliers de la lutte contre le surendettement : https://www.tresor.economie.gouv.fr/banque-assurance-finance/prevention-et-traitement-du-surendettement&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
C&#039;est également le rôle de la Banque de France de proposer des solutions adaptées pour protéger les ménages qui seraient en situation de surendettement&amp;lt;ref&amp;gt;Le surendettement en France en 2025 : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/typologie-du-surendettement-des-menages-2025&amp;lt;/ref&amp;gt; (c&#039;est à dire lorsque leurs dettes sont impossibles à rembourser via leurs ressources). Cette situation peut se produire lors d&#039;une séparation, ou une perte d&#039;emploi brusque par exemple, et est étudiée au cas par cas par une commission spécifique, et doit évidemment répondre à des critères de bonne foi. Une solution possible est le rééchelonnement des créances, ou dans les cas les plus critiques, à un effacement de la dette pour tout ou partie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;éducation financière&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;éducation financière au sein de l&#039;OCDE : https://www.banque-france.fr/fr/la-strategie-nationale-deducation-economique-budgetaire-et-financiere-educfi&amp;lt;/ref&amp;gt; ===&lt;br /&gt;
L&#039;économie n&#039;est pas qu&#039;une affaire de spécialiste, et l&#039;un des rôles des Banques centrales (c&#039;est en tout cas l&#039;engagement de 70 pays dont ceux de l&#039;OCDE) est de promouvoir l&#039;éducation de tous sur les grands principes économiques. Elle a forcément un parti pris, mais fournit néanmoins des clés pour comprendre les mécanismes économiques en vigueur aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines références de cette page reposent justement sur des liens issus de cette sensibilisation. Différents formats de formation existent par ailleurs&amp;lt;ref&amp;gt;Référence livre : l&#039;ABC de l&#039;économie : https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/abc-economie-guide-d-education-economique-monetaire-et-financiere&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Indépendance des Banques centrales&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Nous n&#039;avons pas évoqué l&#039;indépendance des Banques centrales, qui mérite une page dédiée. C&#039;est un concept important qui a fait débat, et qui continue de le faire aujourd&#039;hui. On l&#039;a survolé également sur la page de la [[Création_monétaire|création monétaire]]. Nous le remettons brièvement ici : depuis les années 1990, certaines économies modernes posent le principe que les banques centrales adoptent une politique monétaire indépendante de ce que souhaitent les gouvernements auxquels elles sont adossées. L&#039;illustration principale de ce concept est que les États ne peuvent plus emprunter directement à leurs Banques centrales. Ce qui n&#039;a clairement pas toujours été le cas, et est d&#039;ailleurs remis en cause par nombre d&#039;économistes&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous mettons ici une citation tout de même :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Forder [2005] rappelle d’ailleurs, d’une part, que l’idée de banque centrale indépendante [...] ne faisait pas consensus parmi les économistes.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1239</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1239"/>
		<updated>2026-09-30T13:57:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?La fragile notion d&amp;#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a-t-il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1238</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1238"/>
		<updated>2026-09-30T13:56:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Mais pourquoi cette indépendance ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
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		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1237</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
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		<updated>2026-09-30T13:35:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* La montée du pouvoir de la finance */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://www.sciencespo.fr/fr/actualites/finance-et-democratie-une-longue-histoire/&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1236</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1236"/>
		<updated>2026-09-30T13:32:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* La montée du pouvoir de la finance */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;&#039;financiarisation de l&#039;économie&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;La financiarisation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
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		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
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		<updated>2026-09-30T13:32:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* La montée du pouvoir de la finance */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
Démocratie et finance sont depuis longtemps en conflit, conflit qui trouve ses fondements dans les origines du capitalisme lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Démocratie et finance s&#039;affrontent depuis des siècles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Financiarisation&amp;lt;/ref&amp;gt;. De fait, lorsque la finance prend plus de pouvoir, on peut le caractériser par le prisme politique ou sociologique tout autant que par le prisme économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En tout cas, dans les années 1970 et 1980, les marchés financiers prennent une part plus importante dans l&#039;économie. Ce phénomène est appelé la &#039;&#039;financiarisation&#039;&#039;, et est également une explication potentielle du succès de la vision prônant l&#039;indépendance des Banques centrales. En effet, l&#039;amélioration de la prévisibilité théorique des marchés fait les beaux jours de la finance et des spéculateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1234</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1234"/>
		<updated>2026-09-30T13:22:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* L’inflation des années 1970 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970/1980 ===&lt;br /&gt;
Le contexte historique permettrait d&#039;expliquer effectivement l&#039;aspiration au changement. La théorie économique en vigueur est plutôt inspirée d&#039;un modèle keynésien (nous ne rentrerons pas dans les détails sur cette page). Or, plusieurs courants économiques viennent écorner la théorie dominante du moment (l&#039;école monétariste ou la nouvelle économie classique (NEC), par exemple)&amp;lt;ref&amp;gt;Critiques du keynesianisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme#Critiques_et_limites&amp;lt;/ref&amp;gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, le monde connaît des changements de profondeur. Vers 1971, c&#039;est la fin des accords de Bretton Woods&amp;lt;ref&amp;gt;Les accords de Bretton Woods : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods&amp;lt;/ref&amp;gt; (le dollar ne sera désormais plus convertible en or). En 1973, c&#039;est le premier choc pétrolier. En 1979, un second choc... Et avec eux l&#039;inflation mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Récession de 1973-1975 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_de_1973-1975&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Récession des années 80 : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cession_du_d%C3%A9but_des_ann%C3%A9es_1980&amp;lt;/ref&amp;gt;. Et les politiques budgétaires/monétaires de l&#039;époque semblent incapables d&#039;endiguer le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est donc dans ce contexte que d&#039;autres écoles de pensée économique ont pu avoir le vent en poupe, et avec elles, l&#039;indépendance des Banques centrales a gagné ses galons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1233</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
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		<updated>2026-09-30T12:57:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est quasi-nulle, de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1232</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1232"/>
		<updated>2026-09-30T12:56:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* Kydland &amp;amp; Prescott (1977) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’&#039;&#039;&#039;incohérence temporelle&#039;&#039;&#039; des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1231</id>
		<title>Indépendance des Banques centrales - Questionnements</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Ind%C3%A9pendance_des_Banques_centrales_-_Questionnements&amp;diff=1231"/>
		<updated>2026-09-30T12:55:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : Page créée avec « {{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la création monétaire puis sur les Banques centrales, pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}} == Comme point de départ, résumons == Jusqu&amp;#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Note | Nous encourageons les wikinautes à lire auparavant, dans cet ordre, les pages sur la [[Création_monétaire|création monétaire]] puis sur les [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Banques centrales]], pour mieux appréhender le propos ici. Une fois ces pages lues, les wikinautes sont invités à revenir ici.}}&lt;br /&gt;
== Comme point de départ, résumons ==&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;ici (une fois lues les pages sur la création monétaire et les Banques centrales), nous avons donc posé que les banques commerciales sont les organes économiques qui créent de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien. Il leur suffit pour ce faire d’écrire une ligne comptable, et le compte de l’agent économique associé se retrouve crédité de la somme concernée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière indirecte, les Banques centrales influent sur ces crédits bancaires, notamment en contrôlant le corridor des taux directeurs sur le réseau interbancaire, où s’échange en particulier de la monnaie Banque centrale, la base monétaire M0, ou en imposant des réserves limitant la quantité totale de crédits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des Banques centrales sont définies, et peuvent varier suivant les pays, mais leur but principal commun est la stabilité des prix, en tablant sur une inflation de l’ordre de 2%. Lorsque les mécanismes conventionnels précédemment mentionnés ne fonctionnent pas, elles peuvent utiliser des outils non-conventionnels (assouplissement quantitatif ou qualitatif, forward guidance, refinancements ciblés à long terme, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’indépendance des Banques centrales, de quoi parle-t-on ?&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;indépendance des Banques centrales selon wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_des_banques_centrales&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
Ceci nous mène à un point volontairement survolé dans les pages précédentes, sur lequel il est temps de se concentrer maintenant : l’indépendance des Banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Késako ? ===&lt;br /&gt;
L’indépendance des Banques centrales c’est plus précisément l’indépendance de leur politique monétaire (les choix qu’elles font en matière de méthodes pour arriver à remplir leurs missions) vis-à-vis de l’État et du Trésor Public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indépendance, théoriquement pensée des les années 1920, n’a réellement été concrétisée (à quelques rares exceptions près) qu’à partir des années 90 (en Nouvelle-Zélande en 1989, suivies de la Banque d’Angleterre, la BCE (commission Jacques Delors), du Japon, ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des degrés divers ===&lt;br /&gt;
Même si pendant longtemps, la réflexion a porté de manière binaire sur l’indépendance ou non des Banques centrales, les travaux des dernières décennies s’intéressent plutôt aux divers degrés d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, une Banque centrale peut être légalement indépendante, dans ses statuts, mais dans les faits dépendre du ministère public auquel elle est rattachée. A l’inverse, une Banque centrale peut être légalement dépendante, mais dans les faits avoir une très grande autonomie, ce qui peut rendre difficile l’analyse et l’étude de l’indépendance des Banques centrales. In fine, c’est l’indépendance ‘‘de jure’’ et ‘‘de facto’’ qu’il nous faut distinguer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, on peut voir l&#039;indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du monde &#039;&#039;politique&#039;&#039; (pas d&#039;interférence de la part du pouvoir politique sur la politique monétaire menée par la Banque centrale), mais également son indépendance du point de vue &#039;&#039;économique&#039;&#039; (pas de financement direct des États de la part de la Banque centrale, et libre choix par la Banque centrale des outils pour mener à bien leur politique monétaire)&amp;lt;ref&amp;gt;Les dimensions politiques &amp;amp; économiques de l&#039;indépendance des Banques centrales : https://creg.ac-versailles.fr/l-independance-des-banques-centrales-renforce-t-elle-l-efficacite-des&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? ===&lt;br /&gt;
La Banque Centrale, ayant à cœur de mener à bien ses missions, tentera d’utiliser ses outils pour ce faire, sans se soucier, en théorie, de la dimension politique de ses actions. Ainsi, pour donner un exemple plus concret, il est possible que ses actions permettant théoriquement de limiter l’inflation, en augmentant ses taux directeurs, aient un impact sur la consommation, et puisse être considérée comme impopulaire. Son indépendance permet notamment de passer outre cette pression populaire éventuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mais pourquoi cette indépendance ? ==&lt;br /&gt;
Si ce concept est si récent, s’il est difficile de l’analyser, et si le débat est si clivant, comment se fait-il qu’il se soit imposé en peu de temps (une simple décennie) ? Sur quoi repose-t-il réellement, et que s’est-il passé historiquement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les progrès de la science économique ===&lt;br /&gt;
==== Kydland &amp;amp; Prescott (1977) ====&lt;br /&gt;
En 1977, un article de Kydland &amp;amp; Prescott (&#039;&#039;Rules rather than discretion : The inconsistency of optimal plans&#039;&#039;&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;incohérence temporelle et l&#039;importance des règles sur le discrétionnaire - Kydland &amp;amp; Prescott (1977) : https://www.sfu.ca/~kkasa/prescott_77.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;) introduit la notion d’incohérence temporelle des politiques publiques. Les deux économistes cherchent à démontrer que les politiques publiques (discrétionnaires) arrivent avec tant de retard que leur effet est en général incohérent par rapport à l’objectif visé initialement. Une décision, qui peut sembler optimale à court terme, peut en effet ne pas l’être à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ajoutent qu’il faut par conséquent restreindre l’action publique avec des règles, notamment pour introduire de la prévisibilité et donc de la confiance dans le monde économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils concluent dans ces travaux (et ceux qui ont suivi) qu’il n’y a pas meilleur gage de respect des règles définies que l’indépendance de l’organisme qui les maintient, notamment parce que l’État serait mû par des politiques court-termistes motivées par des calculs électoraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article, et les discussions qui ont ensuite animé la sphère économique pendant plusieurs années, ont été le point de départ des réflexions monétaires qui ont suivi, et ont renforcé l’idée de l’indépendance des banques centrales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons, avant de continuer, un instant pour noter plusieurs points : &lt;br /&gt;
* Selon l’hypothèse de base des travaux des intéressés, l’inflation serait un phénomène particulièrement dû à des choix politiques ;&lt;br /&gt;
* Du fait de l’existence d’une incohérence temporelle, la seule solution serait de créer des règles dont la seule garante ne pourrait être qu’une entité indépendante du pouvoir politique ;&lt;br /&gt;
* La lutte contre l’inflation justifierait de prendre des décisions qui pourraient être impopulaires, du moins du point de vue politique ;&lt;br /&gt;
* Le modèle économique utilisé comme base des travaux de Kydland &amp;amp; Prescott suppose une économie fermée, dans lequel les chocs économiques externes n’auraient qu’un impact limité (dans la période des chocs pétroliers récents et la fin des accords de Bretton Woods, l’hypothèse pourrait déjà à ce stade prêter à sourire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alesina &amp;amp; Summers (1988/1993) ====&lt;br /&gt;
Alesina en 1988, puis Summers en 1993, soulignent une relation forte et négative entre indépendance de la banque centrale et taux d&#039;inflation. Ainsi, pour 16 pays développés, une relation négative est découverte selon eux entre l’indépendance de la banque centrale et la moyenne de la variance de l’inflation (facteur de corrélation de 0.82). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons qu’en 1992, l’indice de Cukierman (qui calcule l’indépendance des Banques centrales différemment de l’indice GMT utilisé par Alesina &amp;amp; Summers) montre un facteur de corrélation moindre (on baisse à 0.59). Si l’on s’intéresse aux 23 pays de l’OCDE plutôt qu’aux 16 choisis par Alesina &amp;amp; Summers, on tombe à 0.18. Et si l’on prend les 67 pays pour lesquels des données étaient disponibles selon une critique de Robert Barro de 1997, la corrélation est de l’ordre de 0.02&amp;lt;ref&amp;gt;La très fragile corrélation inverse entre indépendance des Banques centrales &amp;amp; inflation : https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.melchior.fr%2FIndependance-de-la-Banque-cent.3743.0.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et en avant, Guingamp ====&lt;br /&gt;
On l’a soulevé par nos questionnements sur les travaux de Kydland &amp;amp; Prescott, les hypothèses de base de réflexion des économistes qui ont défendu l’indépendance des Banques centrales peuvent être débattues. Les résultats empiriques ne démontrent pas non plus la théorie&amp;lt;ref&amp;gt;Critique de l&#039;indépendance des Banques centrales - Yves Steiner (2003) : https://www.unil.ch/files/live/sites/ssp/files/iep/cahiers_iep/14steiner.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’en reste pas moins vrai que c’est pourtant cette théorie qui a justifié les changements de l’époque, et la vague d’indépendance plus prononcée d&#039;un grand nombre de Banques centrales (Nouvelle-Zélande, Chili, BCE, la plupart des BCN en Europe, Japon, …etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’inflation des années 1970 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La montée du pouvoir de la finance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pourquoi y a t il débat aujourd’hui ?&amp;lt;ref&amp;gt;La fragile notion d&#039;indépendance des banques centrales : https://sciencespo.hal.science/hal-03403636/file/2018-3-rfe-les-banques-centrales-peuvent-elles-encore-etre-independantes-cblot.pdf.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt; ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que les missions des Banques centrales sont remplies ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce que c’est démocratique une Banque centrale indépendante ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pour aller plus loin ==&lt;br /&gt;
N&#039;hésitez pas à consulter la page : [[Création_monétaire|Création monétaire]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Aussi : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques_centrales|Les banques centrales]]&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une autre page d&#039;intérêt : [[Acteurs_économiques_:_Les_banques|Les banques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Argument]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Définition]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://ouiqui.fr/index.php?title=Travail_salari%C3%A9_et_capital&amp;diff=1230</id>
		<title>Travail salarié et capital</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://ouiqui.fr/index.php?title=Travail_salari%C3%A9_et_capital&amp;diff=1230"/>
		<updated>2026-09-30T07:50:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Wiki adm : /* La concurrence entre ouvriers */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Œuvre écrite en &#039;&#039;&#039;1849&#039;&#039;&#039; par &#039;&#039;&#039;Karl Marx&#039;&#039;&#039;, sa vocation première était de rendre plus compréhensible le contenu de la pensée socialiste et marxiste. Elle n&#039;avait pas pour but d&#039;être publiée en livre, chaque partie paraissant au format d&#039;article. La version que nous avons eue l&#039;occasion de lire a été par ailleurs légèrement modifiée par Friedrich Engels en 1891, après la mort de son auteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons choisi de diviser cette page en fonction des parties du livre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
L&#039;introduction du livre est double. Une introduction de l&#039;éditeur exprime, en termes élogieux, le contenu du livre (nous avons d&#039;ailleurs acheté une édition qui contient également [[Salaire, prix et profit]]&amp;lt;ref&amp;gt;Travail salarié et capital, suivi de Salaire, prix et profit : https://www.decitre.fr/livres/travail-salarie-et-capital-9782912639417.html&amp;lt;/ref&amp;gt;). Elle est suivie d&#039;une introduction de Friedrich Engels, qui explique en avoir modifié quelques parties (qui sont par ailleurs annotées dans le livre, on a donc le loisir de voir l&#039;ancienne et la nouvelle version des éléments de l’œuvre). Les modifications sont plutôt mineures en apparence (mais importantes pour une meilleure compréhension) et sont destinées à préciser l&#039;intention de l&#039;auteur, selon Engels en tout cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons notamment retenu que le &#039;&#039;travail&#039;&#039; a plutôt été remplacé par la &#039;&#039;force de travail&#039;&#039; lorsqu&#039;elle désigne la capacité de l&#039;ouvrier et ce qu&#039;il peut vendre aux capitalistes en échange de salaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== 1 : Qu&#039;est-ce que le salaire ? ==&lt;br /&gt;
Cette première partie définit le salaire comme le prix de la marchandise que représente la force de travail des ouvriers. Notons bien que le salaire est donc considéré comme une marchandise, au même titre qu&#039;une matière première, un outil, ou un aliment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== 2 : Comment détermine-t-on la valeur d&#039;une marchandise ? ==&lt;br /&gt;
La seconde partie rappelle que le salaire est une marchandise. Dès lors, le salaire représente le prix des moyens de production.&lt;br /&gt;
Cette partie note que les prix fluctuent continuellement, au dessus ou en dessous de leur coût de production. Également, elle souligne que lorsqu&#039;on paye une marchandise plus cher, c&#039;est mathématiquement une déflation de l&#039;ensemble des autres produits qui n&#039;ont pas vu leur prix augmenter en proportion (salaires compris)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== 3 : Quels sont les rapports entre le capital et le travail salarié ? ==&lt;br /&gt;
L&#039;ensemble de cette partie consiste à décrire plus précisément les rapports entre le capital et le travail salarié. En particulier, il se concentre sur la dépendance du capital au travail salarié, c&#039;est même ainsi qu&#039;il se définit. Sans le travail ouvrier, le capital s&#039;effondre. In fine, le capital dépendant du travail salarié, capital et travail salarié sont les deux faces d&#039;une même pièce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== 4 : Critique du capital par le prisme du pouvoir d&#039;achat et des rapports sociaux ==&lt;br /&gt;
Ce chapitre est plus technique mais mérite une lecture attentive. Il commence par illustrer que l&#039;augmentation du capital provoque nécessairement une augmentation des besoins et des jouissances sociales. Or, à mesure que les salaires ouvriers peuvent augmenter, le capital productif augmente également, ce qui constitue une sorte de boucle infinie. In fine, le luxe reste un perpétuel but inatteignable, à mesure que la satisfaction sociale perçue suite à un achat change également. Même si la maison de l&#039;ouvrier s&#039;agrandit, elle passera toujours pour une chaumière si le palais à ses côtés grandit aussi. L&#039;auteur illustre donc cette fuite en avant perpétuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;auteur en cite trois exemples, qui lui permettront de définir un peu mieux ce qu&#039;est le salaire :&lt;br /&gt;
* La découverte de l&#039;Amérique et de mines d&#039;or et d&#039;argent en ont réduit la valeur, à l&#039;époque, en diminuant leur rareté. L&#039;argent (au sens de la monnaie) a donc vu sa valeur réduite, et par conséquent le salaire ouvrier également ;&lt;br /&gt;
* En 1847, la baisse des récoltes a fait augmenter les prix des produits de première nécessité. L&#039;&#039;&#039;&#039;inflation&#039;&#039;&#039; a donc provoqué mathématiquement une baisse du salaire ouvrier ;&lt;br /&gt;
* En supposant que la valeur du salaire en argent n&#039;ait cette fois pas changé, mais que les produits qu&#039;il permet d&#039;acheter aient vu leur prix diminuer : l&#039;ouvrier peut alors s&#039;acheter plus de biens et de marchandises de toutes sortes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le &#039;&#039;&#039;salaire nominal&#039;&#039;&#039; c&#039;est à dire la valeur en argent du salaire ne correspond pas au &#039;&#039;&#039;salaire réel&#039;&#039;&#039;, c&#039;est à dire ce qu&#039;il permet d&#039;acheter en termes de marchandises. Et ces deux définitions n&#039;empêchent pas de considérer le point rappelé en introduction, qui sont les rapports contenus dans le salaire, et qui déterminent le &#039;&#039;&#039;salaire proportionnel&#039;&#039;&#039; (ou &#039;&#039;&#039;relatif&#039;&#039;&#039;). Si par exemple le salaire de l&#039;ouvrier diminue de 30%, mais la valeur des marchandises de 60%, alors l&#039;ouvrier peut s&#039;acheter plus de choses, mais le capitaliste a augmenté son profit, et les rapports d&#039;inégalité entre l&#039;ouvrier et le capitaliste se sont accrus.{{Note|&#039;&#039;NOTA : notons qu&#039;ici, nous n’étions en première lecture pas forcément convaincu. Si les marchandises voient leurs valeurs réduites de 60%, alors c&#039;est que leurs prix sont réduits (et donc le profit du capitaliste qui les vend également). Mais la réponse se trouve un peu plus loin : le capitaliste qui réduit le salaire de l&#039;ouvrier n&#039;est peut-être pas le même que celui qui voit la valeur de ses marchandises réduire de 60%. Un profit, quelque part, a bondi.&#039;&#039;}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue du capitaliste, le prix de la marchandise qu&#039;il vend se divise en trois parties :&lt;br /&gt;
* Premièrement, le prix des matières premières qu&#039;il a avancées et l&#039;usure de ses instruments/machines/moyens de production qu&#039;il a déjà achetés ;&lt;br /&gt;
** Cette première part a une valeur déterminée qui existait auparavant&lt;br /&gt;
* Deuxièmement, le remplacement du salaire qu&#039;il a avancé (à l&#039;ouvrier) ;&lt;br /&gt;
** Cette deuxième part ...&lt;br /&gt;
* Troisièmement, son profit ;&lt;br /&gt;
** ... Ainsi que la troisième part sont tirées de la nouvelle valeur créée par l&#039;ouvrier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, le salaire de l&#039;ouvrier n&#039;est pas la part dans la marchandise qu&#039;il a produite (cela sous-entendrait que cette part est fixe). Il faut plutôt lui choisir une autre définition : c&#039;est &#039;&#039;&#039;la part de marchandises déjà existantes avec laquelle le capitaliste achète, pour son profit, une quantité déterminée de force de travail productive&#039;&#039;&#039;. Et les rapports entre salaire et profit sont en &#039;&#039;&#039;rapport inverse&#039;&#039;&#039; : l&#039;un baisse quand l&#039;autre s’accroît.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;échelle macroscopique, ces rapports sont clairement identifiables, et soulignent des intérêts diamétralement opposés entre le capital et le travail salarié. Même en cas d&#039;accroissement du capital, et d&#039;accroissement du salaire (nominal), si le profit augmente, c&#039;est que le salaire relatif, lui, diminue : et l&#039;asservissement du travail salarié au capital augmente d&#039;autant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== 5 : Le cercle vicieux provoqué par le capitalisme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chapitre présente quelques exemples parlants et fait office de conclusion au propos. Il est très instructif et mérite la lecture à lui seul (et autant de relectures qu&#039;il nous plaira).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une première partie, l&#039;auteur fait la démonstration du fonctionnement concurrentiel du capitalisme :&lt;br /&gt;
=== Toujours plus... ===&lt;br /&gt;
* La recherche du profit et de la réduction des coûts de production (nouveaux) par rapport aux anciens coûts de production ;&lt;br /&gt;
* provoque la concurrence entre capitalistes ;&lt;br /&gt;
* entraîne par conséquent la baisse du prix des marchandises en-dessous de leurs coûts anciens de production mais aussi de leurs nouveaux coûts ;&lt;br /&gt;
* qui nécessite donc d&#039;améliorer encore d&#039;autant la production (en divisant le travail en parts toujours plus petites, rendant l&#039;ouvrier toujours plus dépendant du capital).&lt;br /&gt;
* et déclenche la nécessité d&#039;écouler toujours plus de marchandises.&lt;br /&gt;
* Citons notamment :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;La division du travail entraîne nécessairement une division du travail encore plus grande, l&#039;emploi des machines, un plus grand emploi des machines, le travail à une grande échelle, le travail à une échelle plus grande&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Et :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Représentons-nous maintenant cette agitation fiévreuse &#039;&#039;simultanément sur le marché mondial tout entier&#039;&#039;, et nous comprendrons comment la croissance, l’accumulation et la concentration du capital ont pour conséquence une division du travail ininterrompue, de plus en plus précipitée et exécutée à une échelle toujours plus gigantesque, l&#039;emploi de nouvelles machines et le perfectionnement des anciennes.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La concurrence entre ouvriers ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La division continue du travail a un certain nombre de conséquences :&lt;br /&gt;
* Un ouvrier produit maintenant ce que faisaient 5, 10 ou 20 ouvriers avant lui, ce qui provoque &#039;&#039;de facto&#039;&#039; une &#039;&#039;&#039;concurrence entre ouvriers eux-mêmes&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* La division du travail a tendance aussi à le &#039;&#039;simplifier&#039;&#039;. L&#039;habileté d&#039;un ouvrier passe au second plan et le travail ouvrier &#039;&#039;&#039;perd donc de sa valeur&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* L&#039;intérêt du travail diminue, à mesure qu&#039;il apporte moins de satisfaction et plus de &#039;&#039;&#039;dégoût&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
In fine, l&#039;ouvrier cherche à travailler plus, soit en réalisant plus d&#039;heures, soit en étant plus productif. Cette fuite en avant, poussée par la peur de la misère, ne peut avoir qu&#039;une conséquence : une éternelle concurrence vis-à-vis des autres ouvriers.&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
En dernière analyse, &#039;&#039;il se fait concurrence à lui-même, à lui-même en tant que membre de la classe ouvrière&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, le &#039;&#039;&#039;machinisme&#039;&#039;&#039; produit les mêmes effets à une échelle bien plus grande, remplaçant les adultes par les enfants, les ouvriers compétents par des ouvriers malhabiles. L&#039;auteur définit la &#039;&#039;&#039;guerre industrielle&#039;&#039;&#039;...&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt; &lt;br /&gt;
qui a &#039;&#039;ceci de particulier que les batailles y sont moins gagnées par le recrutement que par le congédiement de l&#039;armée ouvrière. Les généraux, les capitalistes, rivalisent entre eux à qui pourra licencier le plus de soldats d&#039;industrie&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, l&#039;argument capitaliste est d&#039;affirmer que de nouvelles branches d&#039;occupation apparaissent, ce qui compenserait la masse des ouvriers rendus superflus et remerciés. On se gardera bien d&#039;affirmer que ce sont les mêmes, ce qui serait un trop gros mensonge. Mais au-delà du fait que cela n&#039;arrange pas les affaires des ouvriers jetés sur le pavé, cela ne fait qu&#039;ouvrir à une nouvelle branche de nouveaux jeunes ouvriers susceptibles d&#039;intégrer le même cercle présenté plus haut. Ouverture nécessaire, puisque le capital ne peut exister que s&#039;il a la classe des salariés face à lui pour se définir en tant que capital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le livre s&#039;achève sur ces quelques points et résumés, et sur ces mots :&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ainsi, nous voyons que lorsque &#039;&#039;le capital s’accroît rapidement, la concurrence entre les ouvriers s&#039;accroît de manière infiniment plus rapide, c&#039;est à dire que les moyens d&#039;occupation, les moyens de subsistance pour la classe ouvrière diminuent proportionnellement d&#039;autant plus et que, néanmoins, l&#039;accroissement rapide du capital est la condition la plus favorable pour le travail salarié.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(A suivre)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Économie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Lecture]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Politique]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Wiki adm</name></author>
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